Musk et l’IA face aux lois du français
L'opinion de Robin Lebel
L’intelligence artificielle s’invite désormais dans notre quotidien, et pas timidement. La preuve : Elon Musk lui-même a demandé à son IA, Grok, de dresser la liste des lois canadiennes à sens unique qui imposent le français.
Que croyait-il obtenir ? Évidemment, l’IA lui a servi une série de mesures visant à protéger la langue française. Rien de surprenant, on obtient souvent la réponse que l’on cherche quand on pose une question orientée.
Sur le même sujet, Musk aurait tout aussi bien pu demander : « Fais-moi la liste de tout ce qui menace le fait français au Canada. » Et l’IA aurait livré l’inverse, avec la même assurance. C’est le propre de ces outils. ils reflètent l’angle qu’on leur impose. Et cela rappelle à quel point le Québec demeure observé, commenté, scruté un peu partout sur la planète.
Mais l’IA n’est pas la seule à pouvoir être biaisée ou instrumentalisée publiquement.
Un citoyen de Rimouski, muffin et café à la main, a récemment fait dérailler le train, au sens figuré, de notre députée Maïté Blanchette Vézina. Il n’a rien fait d’extraordinaire.
Il s’est conten de publier une lettre écrite de la main de notre députée, accompagnée d’une photo. Résultat : une avalanche de commentaires cinglants sur sa page, pendant que lui récoltait tranquillement les clics, sans jamais se mouiller.
Pas rappelé à l’ordre
Était-ce vraiment pour le bien de madame Blanchette Vézina ? Difficile à croire. Quand on veut avoir raison ou se placer en position de récolter, on se met en situation d’y parvenir.
Et dans ce cas-ci, personne n’a rappelé à l’ordre celui qui profitait de la tempête, pas plus qu’on ne questionne Elon Musk lorsqu’il oriente une IA pour servir son propos. Qu’il s’agisse d’un milliardaire ou de monsieur X, le mécanisme est le même : choisir l’angle, récolter l’effet et laisser les autres encaisser.
