L’anglais en débat au Québec
Des centaines de documents et d’articles de journaux parcourus par Virginie Hébert
Pour bien comprendre le débat linguistique qui met en scène l’anglais et le français au Québec, un débat qui perdure, cet ouvrage est un « must »! Pardon, je voulais dire une lecture incontournable!
L’auteure, Virginie Hébert, a parcouru des centaines de documents et d’articles de journaux pour expliquer cette question délicate.
Après la conquête de 1759, les Québécois (qui s’appelaient les Canadiens à l’époque) semblaient accepter leur sort à contre-cœur dans l’Empire britannique : ils auraient à devenir anglophones.
Cependant, le Rapport Durham, paru en 1839 et qui visait à les assimiler à la réalité anglophone, braque les Québécois, qui s’entêtent à défendre leur langue et leur culture.
Depuis tout ce temps, la question linguistique fait partie des polémiques de tous les domaines : en politique, dans le commerce, dans la culture et le sport, et en particulier en éducation.
Deux tendances s’affrontent : certains, notamment les gens d’affaires, souhaitent qu’on fasse plus de place à l’apprentissage de l’anglais à l’école, parce que c’est la langue internationale, la langue des affaires, la langue de l’avenir. Ce sont les « globalisants ».
D’autres, considérés comme « nationalistes », sont préoccupés par la domination de l’anglomanie, qui s’infiltre partout et qui fait déraper le français dans un chemin secondaire.
Entre les deux tendances, un « dialogue de sourds » s’est installé. Un débat insoluble ? Peut-être. Madame Hébert raconte les événements clés de cette histoire : la crise scolaire de Saint-Léonard (1967), les lois 63, 22 et 101, l’accès aux écoles anglaises, etc.
En 1993, un sondage demandait aux citoyens dans quelle école ils enverraient leurs enfants s’ils avaient le choix. 55 % des allophones et 20 % des francophones les enverraient à l’école anglaise. Comme l’a mentionné un journaliste, l’apprentissage de l’anglais à l’école est vu comme une obligation, un outil essentiel, par l’ouverture sur le monde qu’il propose, mais en même temps, comme une menace pour l’avenir du français et pour la cohérence sociale.
La réalité de l’identité québécoise
À propos de l’anglais, un rédacteur du journal La Presse se demandait : « Comment une langue peut-elle être à la fois décrite comme une menace permanente et un outil essentiel ? » Christian Dufour a répondu : « Désolé! Mais c’est cela la réalité de l’identité québécoise. C’est cela le défi. »
Probablement que le directeur général d’Air Canada, Michael Rousseau et la Gouverneure générale du Canada, Mary Simon ne le savaient même pas!

L’anglais en débat au Québec, par Virginie Hébert, PUL, 2021, 204 pages.
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