Hébergement de longue durée : l’APTS sonne l’alarme
Des actions concrètes pour améliorer l’accès et les conditions
L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) du Bas-Saint-Laurent interpelle le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent afin que des actions concrètes soient mises en place pour améliorer l’accès et les conditions en hébergement de longue durée dans la région.
Dans le cadre d’une tournée régionale, des membres de l’équipe syndicale rencontrent actuellement les techniciennes, techniciens, professionnelles et professionnels qui œuvrent auprès de personnes vulnérables, malades ou ayant des besoins en matière d’hébergement.
Le constat est sans équivoque : les unités d’hébergement de la région peinent à répondre à la demande.
Cette pression accrue place à la fois le personnel, les usagers, ainsi que leurs proches dans des situations inacceptables.
La fermeture de certaines unités au cours des dernières années a par ailleurs contribué à multiplier les déplacements de personnes hébergées ou à les maintenir dans des milieux inadaptés, notamment en centre hospitalier dans certaines portions du territoire.
Des situations préoccupantes
Un reportage diffusé cette semaine a mis en lumière le cas d’une usagère de Rimouski, victime d’un AVC, contrainte d’être hébergée à Matane faute de place dans son secteur.
Pour l’APTS, cette situation, bien que choquante, n’est malheureusement pas isolée.
De Kamouraska à la Matapédia, en passant par Rimouski, la réalité observée est la même.
Des installations désuètes et saturées, une pénurie de personnel persistante, des équipes à bout de souffle et une qualité des soins et de services fragilisée.
« Ces situations sont le résultat d’années de coupures et de sous-financement. Aujourd’hui, il n’y a tout simplement plus de marge de manœuvre dans notre réseau d’hébergement de longue durée. On ne peut plus demander au personnel de faire toujours plus avec moins », affirme Guillaume Legault, représentant national de l’APTS.
« Dans un contexte de vieillissement de la population, l’inaction risque d’aggraver considérablement la situation au cours des prochaines années », d’ajouter le représentant syndical.
Détresse croissante
La tournée terrain met également en lumière un enjeu préoccupant : l’imposition de milieux de vie. Pour les personnes en perte d’autonomie, être déplacées loin de leurs proches et de leurs repères constitue une épreuve majeure.
Les intervenantes sociales et les intervenantes pivots se retrouvent elles aussi en grande détresse, contraintes d’imposer des décisions allant à l’encontre de leurs valeurs professionnelles.
Cette réalité affecte profondément le personnel, au point que certains envisagent de quitter le réseau de la santé et des services sociaux.
L’APTS du Bas-Saint-Laurent exhorte le CISSS à reconnaître l’urgence de la situation et à mettre en œuvre des solutions durables pour améliorer l’accès aux milieux d’hébergement, soutenir le personnel et assurer des conditions de vie dignes aux personnes les plus vulnérables de la région.


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