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Chasse et pêche

Coupon de transport dans un Ziploc : la chasse recule!

Recommandation du ministère de la Faune
Des chasseurs en forêt (Photo courtoisie FédéCP)

Si l’achat en ligne des permis sur la plateforme « Mon Dossier Chasse Pêche » est bien passé chez les amateurs, ils devront faire preuve de résilience avec les coupons de transport des grands gibiers prélevés, et éviter de les endommager en les plaçant dans un sac en plastique de type « Ziploc », comme l’a recommandé le ministère à un franchisé mécontent.

Le ministère responsable de la Faune propose aussi au chasseur d’imprimer le coupon de transport ou inscrire le numéro sur un support physique de son choix; ruban adhésif robuste, étiquette de plastique, etc, lequel coupon devra être attaché au gibier.

« Peu importe l’option retenue, il sera obligatoire et essentiel que le numéro demeure lisible, intact et fixé à l’animal jusqu’au moment du dépeçage. Pour la commercialisation des fourrures, le numéro doit aussi apparaître jusqu’au moment de l’exportation ».

Fini donc l’achat du permis orignal, cerf et dindon sauvage, auquel était attaché le coupon de transport.

Payer autant pour moins

« Le ministère renvoie ses responsabilités aux chasseurs, au lieu de leur fournir des services. Pourtant, ils contribuent financièrement à des projets de conservation à l’achat de leur permis. Et les chasseurs devront utiliser le système numérique et s’imposer de nouvelles modalités et des façons de faire. Malgré ces responsabilités sur le dos des chasseurs, le ministère ne diminue pas le prix des permis de chasse. Ils vont va payer autant, pour avoir moins », commente le chroniqueur du Journal de Québec, Julien Cabana, repris en entrevue à « Rendez-Vous Nature ».

Ce virage numérique ne vient pas sans complications pour les chasseurs de certaines régions qui n’ont pas le signal Internet, oui c’est encore le cas.

Et les autres qui ne sont pas familiers avec un ordinateur et l’achat en ligne. Mais Québec a pensé à ça. Mécontent, un franchisé spécialisé en chasse et pêche, a appris, en téléphonant au ministère, qu’à partir du 1er août, les amateurs pourront acheter leur permis dans son magasin, sur la nouvelle « Plateforme des marchands », qui leur exclusive.

« Le marchand pourra acheter le permis du client, utiliser sa carte de crédit, après avoir obtenu son identité et son mot de passe pour accéder à son « Dossier Chasse Pêche », Ou même le créer. Tout ça aux frais du marchand qui fournit son temps, son équipement; ordinateur, imprimante, encre et papier. Le ministère m’a dit de charger ces frais au client. Incroyable! »

Le « boutte du boutte »

« Le « boutte du boutte », c’est quand la fonctionnaire m’a dit que le chasseur pourrait protéger son coupon de transport en le mettant dans un « Ziploc ». Au lieu d’avancer en chasse et pêche au Québec, on recule », déplore le franchisé.

Auparavant, en vendant un permis, le marchand touchait 25% de commission. Non seulement il perd cette ristourne, mais en achetant son permis en ligne, de la maison, le chasseur n’a plus à se rendre à la boutique où il en profitait pour acheter d’autres articles reliés à son sport. Autres pertes de revenus pour le marchand.

À noter que le permis peut être conservé sur un téléphone mobile ou imprimé, mais doit pouvoir être présenté à un agent de protection de la faune sur demande. Et aucune signature n’est désormais requise.

« Des chasseurs prévoyants peuvent acheter leur permis d’ici le mois d’août, avec le « vrai » coupon de transport attaché au permis, comme c’était depuis des années. Le ministère refuse d’investir pour rajeunir son système déjà existant et préfère refiler ses responsabilités aux chasseurs », estime Julien Cabana.

Comme un mal intentionné qui pourrait faire plusieurs copies papier d’un coupon de transport et l’opposer sur un gibier plus gros, plus panaché, ciblé après le précédent, plus petit.

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