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Économie

Port de Matane : quelqu’un a 220 millions?

Refaire entièrement le port actuel et ajouter un deuxième poste à quai
Les élus se sont exprimés sur l’urgence d’agir par rapport au port de Matane. (Photo courtoisie Dominique Fortier- La Voix Gaspésienne)

Les acteurs socioéconomiques et politiques étaient réunis pour réclamer le feu vert du gouvernement du Québec pour réaliser les travaux au port de Matane.

Par Dominique Fortier- La Voix Gaspesienne- Initiative de journalisme local

Le projet consiste à refaire entièrement le port actuel et d’ajouter un deuxième poste à quai qui serait opérationnel pendant la durée des travaux du premier. Le tout est évalué à 220 millions de dollars.

Les élus locaux, le député péquiste Pascal Bérubé et le député bloquiste au fédéral, Alexis Deschênes, ainsi que plusieurs industriels et hommes d’affaires comme François Rioux étaient présents pour cette conférence de presse. On retrouvait aussi des représentants de la SADC et de la Caisse Desjardins de La Matanie.

Bien que le projet ait déjà fait l’objet d’une annonce du gouvernement de la CAQ en 2022 à la hauteur de 81 millions de dollars, beaucoup d’eau a coulé sous le port depuis ce temps.

L’explosion des coûts fait en sorte que le gouvernement de Christine Fréchette est un peu plus frileux à l’idée d’allonger de nouvelles sommes pour réaliser l’ensemble du projet.

Alors que la présente session parlementaire tire à sa fin, les acteurs concernés par le sort du port de Matane étaient réunis pour envoyer un ultime cri du cœur. « Nous ne pensions pas que nous serions encore ici plusieurs années après la création de la coalition urgence port de Matane », a lancé le directeur de Développement économique Matanie, Jean Langelier.

Ce dernier a souligné à grands traits que le port de Matane représente la zone industrialo-portuaire la plus importante dans l’Est-du-Québec.

« Environ 80 entreprises utilisent ces infrastructures pour le transport de pâtes et papier, de matériaux en vrac, de composantes d’éoliennes, de béton, etc. C’est aussi le lien privilégié pour la Côte-Nord, le Grand Nord et les marchés internationaux. »

Jean Langelier ajoute que le port de Matane, par sa proximité avec le réseau ferroviaire, en fait un carrefour névralgique pour le transport si l’on inclut aussi la voie terrestre.

« C’est aussi un attrait important pour des investissements futurs, que ce soit dans le secteur éolien ou pour notre éventuel écoparc. Or, la pérennité de ces activités est menacée. »

Arrêt complet pour trois ans

On estime que le port arrivera à sa fin de vie utile en 2033. Si le deuxième poste à quai n’est pas construit, les activités pourraient être mises sur pause pendant trois ans, affectant plusieurs entreprises déjà présentes comme Duravit, les Habitations Mont-Carleton, Sappi et bien d’autres.

« Le potentiel de développement des entreprises qui se sont récemment établies à Matane est limité en raison de la situation actuelle du port », précise Jean Langelier.

On ajoute que 1540 emplois sont soutenus par les activités au port de Matane et que 221 millions de dollars seraient générés en produit intérieur brut, en plus de 30 millions de recettes fiscales, selon une étude de la firme KPMG.

Le maire de Matane, Eddy Métivier, est d’avis qu’il y a urgence d’agir. « Avec les nombreuses étapes à franchir, 2033, c’est demain. Malgré nos nombreuses démarches auprès de Québec, nous n’avons toujours pas le feu vert. »

Ce dernier souhaite que Québec et Ottawa puissent collaborer afin de trouver les sommes nécessaires pour que le projet voit enfin le jour.

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