Itinérance : « Ginette » serait désormais prise en charge
En situation d’itinérance près de la Cité des achats
Les automobilistes qui circulaient sur la montée Industrielle-et-Commerciale de Rimouski, l’automne dernier, avaient été nombreux à remarquer la présence d’une dame en situation d’itinérance près de la Cité des achats. Connue sous le nom de « Ginette », elle passait ses journées sur le trottoir avec ses effets personnels.
Sa présence avait suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et plusieurs questions quant à sa situation.
En octobre, Le Soir était allé à sa rencontre. La dame refusait alors l’aide proposée par différentes ressources et souhaitait demeurer sur place « pour attendre son frère ». Par respect pour sa vie privée, peu de détails avaient été dévoilés à son sujet.
Les autorités et les organismes communautaires connaissaient néanmoins sa situation et des suivis réguliers étaient effectués afin d’assurer son bien-être.
Depuis la publication de cet article, « Ginette » a peu, voire pas du tout, été revue dans le secteur de la montée Industrielle-et-Commerciale. Plusieurs lecteurs s’inquiétaient de son état de santé physique et mentale, ainsi que des conditions difficiles auxquelles elle faisait face, particulièrement à l’approche de l’hiver.
Récemment, Le Soir a toutefois obtenu des informations d’une source près du dossier ayant requis l’anonymat. Selon cette source, « Ginette » irait bien et serait désormais prise en charge. Elle recevrait de l’aide adaptée à sa situation ainsi que des services offerts par différents programmes du Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent.
Réalité grandissante de l’itinérance
La situation de « Ginette » avait également servi de rappel quant à la réalité grandissante de l’itinérance à Rimouski. Encore aujourd’hui, des intervenants du milieu rappellent que l’itinérance ne se limite pas aux cas visibles dans les espaces publics.
« Les personnes itinérantes se sont beaucoup diversifiées. Il n’est plus seulement question de l’itinérant avec son panier d’épicerie rempli, qui porte trois ou quatre vestes en même temps. Il y a désormais des gens de tous les horizons », indiquait alors le directeur de l’organisme de travail de proximité En Tout C.A.S., Luc Jobin.
Depuis son ouverture, en septembre dernier, le centre d’hébergement pour personnes en situation d’itinérance de Rimouski a accueilli plus de 1 500 personnes.
Chaque soir, sans nécessairement atteindre sa pleine capacité, des personnes de tous âges, principalement des hommes de 40 ans et plus, ont séjourné au 95, rue de l’Évêché, pour une nuit ou parfois quelques semaines, entre 17 h et 9 h.

Géré par En Tout C.A.S., le centre peut accueillir 12 personnes à la fois, voire jusqu’à 16 au besoin.
Son équipe est composée d’une douzaine d’employés, dont une coordonnatrice, des intervenants et des veilleurs de nuit.
« Ils peuvent prendre une douche, dormir, accéder à la buanderie et recevoir un souper et un déjeuner offerts par Moisson Rimouski-Neigette. Ils ont aussi accès à un ordinateur pour pouvoir faire des démarches. Les séjours sont d’une durée variable et temporaire pour qu’on puisse s’assurer d’une certaine stabilité », expliquait monsieur Jobin.
Le CISSS du Bas-Saint-Laurent n’avait d’ailleurs pas fermé la porte à l’idée d’ouvrir éventuellement le centre 24 heures sur 24.
Portrait éclaté
« Il y a plus de jeunes, il y a même des gens qui travaillent à temps partiel, des aînés et plus de femmes. Le portrait est éclaté. On constate qu’il y a une dégradation de la qualité de vie de ces gens-là depuis la pandémie. D’avoir un lieu de centralisation devrait donner des résultats. Ça remplit un trou de service qui perdurait », soutenait Luc Jobin.

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