Chroniques > Chasse et pêche > Québec met le paquet pour assurer la relève faunique espérée
Chasse et pêche

Québec met le paquet pour assurer la relève faunique espérée

Quatre millions de dollars déployés sur quatre ans
Québec donne espoir à un accroissement de la relève faunique d’ici 2030 et à une hausse des retombées économiques actuelles de 4,7 G$ dans les régions. (Photo courtoisie Sépaq)

Il y a enfin de l’espoir pour assurer une relève aux activités de chasse, de pêche et de piégeage, avec la volonté du ministère responsable de la Faune de développer une stratégie pour soutenir et accroître la relève faunique d’ici 2030.

Est-ce l’arrivée prochaine des élections qui guident le gouvernement actuel à rendre ces activités plus accessibles à la relève, surtout chez les 12-64 ans, une strate de la communauté des chasseurs, piégeurs et pêcheurs, qui enregistre une baisse soutenue de ces amateurs depuis quelques années?

C’est d’ailleurs cette lumière rouge qui semble avoir incité la CAQ à bouger, à faire quelque chose, autres que la Fête de la pêche et la fin de semaine de la Relève à la chasse du cerf, qui bien que très louables et utiles, doit assurer le maintien à long terme et soutenue de la croissance des retombées économiques évaluées à 4,7 G$ directement dans les régions.

Et j’ajoute, selon Québec, que cette industrie fournit 28 000 emplois pour 1,3 G$ en salaires et qui contribue au produit intérieur brut (PIB) du Québec à hauteur de 2,4 G$ par an.

Tout en ayant en tête que la chasse et le piégeage demeurent les meilleurs moyen pour maintenir l’équilibre des différentes espèces de grands gibiers et des animaux à fourrure.

Les fait$

Québec investit 4 M$ sur quatre ans pour mettre en œuvre sa stratégie « Relève faunique 2026-2030 », afin de financer des initiatives régionales via un autre programme, « Relève et mise en valeur de la faune », avec la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec.

Ce plan stratégique s’ajoute au « Plan nature 2030 », qui prévoit 900 000 $ au Programme Nature-Études dans les écoles secondaires.

« Ce programme permettra aux jeunes de s’initier à la pêche sportive, d’observer la faune, de participer au suivi d’espèces fauniques en situation précaire et à une foule d’autres activités en lien avec la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité », précise le ministère.

Ça fait longtemps que les chroniqueurs spécialisés réclament de telles mesures favorisant cette relève tant souhaitée.

Ce n’est pas pour rien que dès le dépôt de la stratégie « Relève faunique 2026-2030 », le 8 juin. Le même jour, les trois grandes fédérations des 63 zecs, des pourvoiries ainsi que des chasseurs et pêcheurs ont donné leur appui sans conditions. Faut dire que comme membres de la Table nationale de la faune, ces fédérations ont été consultés pour élaborer cette stratégie de la relève.

Et ce ne sont pas les seules organisations qui ont eu leur mot à dire. Canards illimités Canada, la Fédération des trappeurs gestionnaires du Québec, la Fondation pour la biodiversité et la faune, la Fédération québécoise pour le saumon atlantique, la FédéCP, l’Institut de développement durable des Premières Nations du Québec et du Labrador et la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq).

« Il faut assurer la pérennité de la chasse, de la pêche et du piégeage » affirme la récente ministre de la Faune, Pascale Déry, qui voit dans ce plan stratégique trois sources de développement : faciliter l’accès aux activités fauniques, valoriser la biodiversité, les espèces fauniques et les pratiques responsables et établir un soutien social accessible, continu et inclusif pour tous les adeptes.

Il me semble que j’ai déjà entendu ces beaux mots, dans un ordre différent.

Des réactions

« Cette stratégie reconnaît l’importance de rendre les activités fauniques accessibles à tous les Québécois. Les 63 zecs, qui accueillent déjà 600 000 amateurs d’activités de plein air, favorisent l’initiation et la transmission des savoirs. Cela s’inscrit naturellement dans notre plan de modernisation et de développement des zecs des dernières années », commente la directrice générale du Réseau Zec, Myriam Bergeron. C’est vrai et bon à entendre!

La directrice générale du Réseau Zec et de la Fédération québécoise pour le saumon atlantique, Myriam Bergeron (Photo courtoisie FQSA)

Et d’ajouter le président-directeur général de la Fédération des pourvoiries, Dominic Dugré, les pourvoiries constituent une porte d’entrée privilégiée vers les grands espaces et les activités de chasse et de pêche.

« Gestionnaires de vastes territoires fauniques, les pourvoyeurs jouent un rôle clé dans l’initiation de nouvelles clientèles. La stratégie s’intègre à nos valeurs avec cette structure d’accès aux activités fauniques et au développement de nouveaux adeptes ».

Protection des ressources fauniques

Reste à voir quelle direction prendront toutes ces belles actions orientées vers la pérennité des chasseurs, pêcheurs et piégeurs.

Surtout que l’Assemblée nationale vient de refuser une motion du député Pascal Bérubé pour maintenir, protéger et consolider les bureaux de protection de la faune, aux trois fermetures annoncées et/ou menacées des postes de la Gaspésie dans la zone 1, soit ceux de Chandler, Causapscal et Sainte-Anne-des-Monts, tous situés dans la zone la plus giboyeuse de la province.

Bravo de faciliter une relève aux activités fauniques, encore faut-il protéger le gibier et les territoires que Québec industrialise de plus en plus avec l’exploitation forestière, les parcs éoliens, les lignes de transport de l’électricité verte et le développement de l’acériculture.

À la pêche, comme à la chasse et au piégeage, le succès de la récolte assure la relève et la pérennité souhaitée.

Facebook Twitter Reddit