Actualités > Déversement dans la rivière Rimouski : 33 M$ dans le PQI
Actualités

Déversement dans la rivière Rimouski : 33 M$ dans le PQI

Programme quinquennal d’immobilisations 2027‑2031 prévoit 33 M$ pour le projet
La teinte orangée de la rivière Rimouski, où se jette le ruisseau de La Cavée. (Photo courtoisie)

La Ville de Rimouski consacre une part importante de son Programme quinquennal d’immobilisations (PQI) 2027‑2031 à la problématique du lieu d’enfouissement sanitaire (LES), dont des écoulements se dirigent vers le ruisseau Lac‑Cavé et la rivière Rimouski.

Le conseil municipal a adopté, ce lundi 6 juillet, un PQI totalisant 254 M$, dont 33 M$ réservés à ce dossier environnemental jugé « majeur ».

Le site, ouvert en 1981 et qui a fermé ces porte en 2005, avait été conçu selon les normes de l’époque affirme Guy Caron.

« Ce sont des décisions qui ont été prises dans le passé, c’est clair. À l’époque, c’était différentes raisons, sûrement économiques. Les connaissances en matière d’ingénierie n’étaient pas celles qu’on a aujourd’hui », dit-il en rappelant que ces décisions ont, aujourd’hui, des conséquences. 

L’ingénieur municipal à la Ville, Rémi Fiola, précise que « les sites par atténuation naturelle ont été largement utilisés. Le but étant que, s’il y avait des sorties d’eau, elles étaient à une distance suffisante pour qu’il y ait une épuration naturelle. »

Dans le cas de Rimouski, cette atténuation n’a pas fonctionné comme prévu. « Il y a différentes circonstances qui font que l’atténuation naturelle n’a pas tout à fait ce qu’elle aurait dû faire », a-t-il conclu en conférence de presse. 

Le Maire de Rimouski, Guy Caron, répond à une question en matière de protection de l’environnement (Photo Le Soir Rosalie Lepage)

Des écoulements qui contreviennent à la Loi

Le directeur général, Marco Desbiens, a rappelé la sévérité de la Loi sur les pêches. « Environnement Canada peut émettre des amendes pécuniaires substantielles. […] On parle d’un régime d’accusation criminelle passible de trois ans d’emprisonnement », souligne-t-il. 

Les analyses récentes ont forcé la Ville à revoir l’ampleur des travaux nécessaires. « Ce sont vraiment des écoulements qui, ultimement, se retrouvent dans le cours d’eau du ruisseau Lac‑Cavé. […] La loi prévoit qu’on ne peut pas avoir des écoulements de ce type-là dans l’habitat du poisson. Donc, on doit remédier à ça », a expliqué M. Desbiens.

Des projets reportés dans le PQI

Pour absorber le coût du LES, plusieurs projets prévus au PQI doivent être reportés. Le maire a confirmé que la transformation de la place des Anciens‑Combattants, un chantier d’environ 18 millions de dollars, est mise en attente. Le réaménagement du presbytère, évalué entre quatre et cinq millions, est également repoussé, tout comme l’agrandissement de l’Hôtel‑de‑Ville. « On doit faire face à la situation et ça nous force à prioriser », a résumé M. Caron.

Le maire admet que la situation est difficile. « C’est clair que je suis déçu. […] On espérait que ça pourrait être réglé avec les mesures qu’on a mises de l’avant », a-t-il confié. Il souhaite toutefois que Québec reconnaisse la réalité particulière des municipalités. « Une municipalité n’est pas la même chose qu’une corporation privée. […] Nous, comme ville, on ne peut pas faire faillite, on ne peut pas déménager. La situation est vraiment différente », a-t-il insisté.

Le programme quinquennal d’immobilisations (PQI) planifie les prochains investissements dans les cinq prochaines années dont 48,2M$ en 2027, 59,5 M$ en 2028, 58,7 M$ en 2029, 45,1 M$ en 2030 et 42,2 M$ en 2031. Pour un total de 254 M$ prévus sans aucun dépassement prévu, précise le maire de Rimouski.

Facebook Twitter Reddit