Retards, qualité en baisse : la météo bouscule les producteurs
Printemps pluvieux et les sols difficiles à assécher
Les producteurs de la MRC de Rimouski‑Neigette ont fait face à un retard important de la première coupe. Le printemps pluvieux et les sols difficiles à assécher retardent la production des agriculteurs.
Les pluies intenses ont été compliquées pour la maturité du foin, entraînant des rendements inégaux et une qualité en baisse.
La majorité des récoltes a débuté seulement autour du 27‑28 juin, ce qui est considéré comme un retard, après les dates habituelles du 8‑10 juin.
La saison agricole a débuté sous des conditions contrastées dans le Bas-Saint-Laurent.
La présidente du Syndicat de l’UPA de Rimouski‑Neigette, Cynthia Coulombe, confirme que les semis, qui consistent à mettre en terre des semences pour démarrer une culture, ont profité d’un début de mai sans pluie, parfait pour un début des semences, permettant une entrée rapide dans les champs.
Les températures fraîches ont toutefois ralenti l’assèchement des sols, retardant la maturité des cultures.
Début juin, une courte période de beau temps a permis à certains producteurs de lancer leur première coupe.
« Le foin était en retard de 7 à 10 jours par rapport à sa maturité habituelle. La qualité était correcte, mais les rendements demeuraient faibles en raison du froid persistant », indique madame Coulombe, aussi propriétaire à la Ferme La Croisée de Saint-Fabien.
Impacts économiques
La situation a changé lorsque les pluies soutenues ont repris. Pendant près de deux semaines, les opérations ont été interrompues par les pluies ainsi que par la combinaison de chaleur et d’humidité.
La suite a favorisé une croissance rapide du foin, menant à des rendements élevés mais à une qualité plus faible. « Quand on a pu retourner au champ fin juin, les rendements étaient exceptionnels, mais le foin était trop mature », explique Cynthia Coulombe.
Au Bas-Saint-Laurent, la première coupe s’est étirée bien au‑delà du calendrier habituel.
Alors que les premières récoltes se font normalement entre le 8 et le 10 juin, plusieurs producteurs n’avaient encore rien fauché à la Saint‑Jean. La majorité a finalement commencé autour du 27‑28 juin.

Cette maturité des foins tardive aura un impact économique. Les fourrages de première coupe étant moins nutritifs, les rations animales coûteront plus cher cet hiver.
« Les producteurs comptent maintenant sur la deuxième et la troisième coupe pour rétablir l’équilibre. Certains ont déjà commencé leur deuxième coupe et espèrent profiter de fenêtres de beau temps pour améliorer la qualité », souligne Cynthia Coulombe.
La charge de travail a aussi été plus lourde pour les producteurs. Les prévisions météo, très contradictoires d’une application à l’autre, ont compliqué la planification.
« On ne savait jamais si on tombait dans la bonne journée sans pluie », souligne madame Coulombe. Plusieurs ont dû faucher malgré des risques d’averses pour éviter de compromettre les coupes suivantes.
Saison contrastée
Pour les cultures de grain, la germination s’est bien déroulée, mais l’excès de pluie a ensuite affecté la croissance.
Plusieurs secteurs ont reçu trop d’eau, ce qui a freiné le développement des plantes. La situation s’est inversée au début de juillet, certains champs commencent à jaunir en raison d’un manque de pluie.
Malgré ces défis, la saison n’est pas compromise. Les prochaines coupes pourraient permettre de rattraper une partie du retard, à condition que les conditions météo se stabilisent.


Par