Jo-Annie Paquet : une carrière de femme forte inattendue
Elle évolue maintenant chez les professionnelles
La femme forte rimouskoise, Jo-Annie Paquet, poursuit sur sa lancée depuis qu’elle a commencé à pratiquer la discipline en septembre 2025. Championne provinciale dans sa catégorie, elle prend maintenant part à des compétitions professionnelles.
Originaire de Matane, Jo-Annie a un parcours atypique dans son sport. Elle a pratiqué l’équitation pendant une dizaine d’années avant de s’adonner au CrossFit. C’est de cette façon qu’elle a découvert ses aptitudes en force.
« Je me suis battue contre ça pendant un bout de temps parce que ça vient avec le fait que le corps change. On ne fait pas ce sport en voulant avoir un corps énormément musclé, mais ce sont les conséquences de ce qu’on aime faire qui apportent ce corps. Il y a encore du jugement par rapport à ça », dit-elle.
En préparation pour un marathon en septembre dernier, Jo-Annie s’est rendue au Championnat provincial de Strongman Corp Québec qui se tenait à Granby et est repartie avec la première position.
« Ça m’a valu une participation au Arnold Masters Strongman World Championship à Columbus, en Ohio, en mars. C’est une compétition internationale et j’ai aussi gagné dans la catégorie 82 kg chez les 40 ans et plus (master). C’était une compétition amateur. Il y a des gens qui rêvent pendant des années d’y aller et je n’ai même pas eu le temps d’espérer y aller. Les filles contre qui je compétitionnais étaient mes idoles », exprime la femme de 43 ans.
Avec les pros
Après cette victoire, l’athlète est devenue professionnelle. « Nous sommes 30 au Canada à avoir notre carte. Je dois faire au moins une compétition professionnelle par année. Il n’y a pas de catégories d’âge ni de poids. Ce sont les meilleures au monde. Tout s’est passé tellement vite que c’est encore difficile pour moi de réaliser. »

Jo-Annie a par la suite pris part à une première compétition professionnelle à Fredericton où elle a terminé troisième. Elle s’est donc qualifiée pour le Championnat canadien professionnel de femmes fortes qui aura lieu, en septembre, à Québec ainsi que pour le Championnat nord-américain de Victoriaville qui se tenait les 25 et 26 juillet.
« C’était les meilleures femmes aux États-Unis et au Canada. J’étais la plus petite, la plus vieille et la moins expérimentée. Les charges étaient lourdes et il y avait des épreuves que je n’avais jamais faites. Le manque d’expérience ne m’a pas aidé, mais j’ai quand même terminé 11e sur 13 », indique-t-elle.
Sport à découvrir
Pour illustrer son sport, Jo-Annie cite en exemple Louis Cyr, Hugo Girard et Jean-François Caron.
« C’est de la force brute. Il faut lever et déplacer des charges lourdes. Les épreuves varient d’une compétition à l’autre. On peut lever une automobile ou tourner un pneu de 500 livres. C’est un entraînement de 2 h 30 cinq à six jours par semaine et la nutrition est calculée. Nous sommes de vrais athlètes. J’aime l’adrénaline que ça apporte et l’estime de soi. Je peux dire que je suis capable de faire un soulevé de terre de 460 livres. »

Avec des amis, elle a démarré l’organisme La Force de l’Est qui offre des démonstrations pour faire connaître le sport. Un membre, Keven Malenfant, propose un service d’entraînement. Les hommes forts et femmes fortes de la région peuvent également s’entraîner au Santé 2000 Le Club.
Depuis qu’elle a commencé son parcours de femme forte, Jo-Annie Paquet est particulièrement fière de conserver une discipline.
« La compétition est un cadeau. Ce sont tous les efforts que tu as donnés avant qui vont rapporter. C’est aussi une fierté de pouvoir faire vivre ça à mes amis et ma famille », conclut-elle.

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