Base navale : Rimouski, Mont-Joli et Matane font équipe
Les trois villes déposeront une candidature commune au ministère de la Défense nationale
Rimouski, Mont-Joli et Matane unissent leurs efforts pour tenter d’attirer une base de la Marine royale canadienne dans le Bas-Saint-Laurent. Les trois villes déposeront une candidature commune au ministère de la Défense nationale lorsque les critères d’implantation seront déterminés par le ministère de la Défense nationale.
Les maires Guy Caron, Martin Soucy et Eddy Métivier ont officialisé leur collaboration, ce lundi 2 novembre, lors d’une conférence de presse tenue à l’aéroport régional de Mont-Joli.
Ils ont signé une déclaration d’intention confirmant leur volonté de travailler ensemble pour obtenir cet éventuel investissement militaire dans la région.
Rimouski, Mont-Joli et Matane miseront sur leurs infrastructures, leur expertise maritime et leurs capacités d’accueil pour convaincre Ottawa.
Des retombées pour toute la région
Guy Caron voit dans ce projet une occasion de développer l’économie régionale, d’attirer de nouveaux résidents et de soutenir la recherche dans le domaine maritime.
« Cette alliance entre nos trois villes permet de joindre nos forces respectives et de parler d’une même voix pour le développement de notre région. Une base navale serait un levier régional majeur pour les retombées économiques, la croissance démographique et le développement de synergies pour la recherche et les technologies marines », estime-t-il.
Martin Soucy mise sur la complémentarité des installations et des ressources disponibles.
« En unissant nos expertises, nos infrastructures et nos capacités d’accueil, nos trois villes présentent une candidature de choix pour l’établissement d’une présence navale permanente dans l’Est-du-Québec. Les bénéfices d’un tel projet contribueraient au dynamisme économique et au développement de toute la région. »

Eddy Métivier rappelle les avantages géographiques de la région et les possibilités d’établissement pour les familles des militaires.
« Notre territoire réunit des atouts distinctifs : un environnement maritime unique, un accès à la mer à l’année ainsi qu’un savoir-faire local et une expertise diversifiée. Il offre aussi un milieu de vie accueillant et stimulant, où les familles de militaires pourront s’établir et s’épanouir », croit-il.
Démarches entreprises depuis plusieurs mois
Cette candidature commune fait suite à plusieurs mois de discussions avec le gouvernement fédéral. Le maire de Mont-Joli, Martin Soucy, a notamment multiplié les rencontres à Ottawa pour faire connaître les possibilités offertes par sa ville.
En mai dernier, il s’est rendu dans la capitale fédérale, en compagnie de la directrice du développement industriel et commercial de Mont-Joli, Myriam Albert, pour participer à un salon canadien consacré aux industries de la défense et de la sécurité.
Les représentants de La Mitis y avaient rencontré le lieutenant québécois du gouvernement fédéral, Joël Lightbound, le ministre des Transports, Steven MacKinnon, le sénateur Éric Forest et différents représentants de l’industrie.
Au cours de l’été, monsieur Lightbound a répondu à l’invitation de monsieur Soucy de se rendre à Mont-Joli pour visiter l’aéroport et le parc industriel, qui s’étend sur 12 millions de pieds carrés, présenté comme le plus vaste à l’est de Lévis.
Rimouski déjà évoquée par la Marine
L’idée d’implanter une nouvelle base navale dans le golfe du Saint-Laurent a été soulevée en février dernier par le commandant de la Marine royale canadienne, le vice-amiral Angus Topshee.
Dans une entrevue accordée au quotidien Le Devoir, le haut gradé avait notamment évoqué Rimouski et Baie-Comeau parmi les endroits possibles pour accueillir une installation militaire.
Selon lui, une base navale située dans une région francophone pourrait faciliter le recrutement de militaires parlant français, alors que la Marine royale canadienne éprouve des difficultés à combler ses effectifs.
Les données présentées à ce moment par Le Devoir indiquaient que seulement 9 % des quelque 8 500 membres de la Force régulière de la Marine étaient francophones, comparativement à 24 % dans l’ensemble des Forces armées canadiennes.
D’autres municipalités, dont Gaspé et Sept-Îles, ont également manifesté leur intérêt pour accueillir une éventuelle base navale.
Le ministère de la Défense nationale n’a toujours pas dévoilé ses critères d’implantation ni confirmé qu’une nouvelle base sera construite. Les trois villes du Bas-Saint-Laurent devront donc attendre avant de déposer officiellement leur candidature.
Les travaux comprenaient notamment l’aménagement des pistes d’atterrissage et de décollage, des hangars, des hôpitaux ainsi que des mess destinés aux officiers et aux soldats.
Le président du comité du patrimoine militaire de La Mitis, François Dornier, souligne l’ampleur des travaux réalisés en aussi peu de temps, alors que les installations devaient être construites à partir de rien, sans plans ni personnel spécialisé nécessaire.
« Ils sont partis de zéro, et aujourd’hui, ça prendrait des dizaines d’années », explique-t-il sur le site Web de la MRC de La Mitis.
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