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Budget : Blanchette-Joncas dénonce des oublis d’Ottawa

Transferts en santé et remboursement des frais d’accueil des demandeurs d’asile
Maxime Blanchette-Joncas (Photo courtoisie)

Maxime Blanchette-Joncas dénonce un budget fédéral qui laisse en suspens des demandes du Québec sur les transferts en santé et le remboursement des frais d’accueil des demandeurs d’asile.

« Le budget reprend une vingtaine de fois le mot d’ordre “Maîtres chez nous”, emprunté à la Révolution tranquille, pour bâtir le Canada à sa façon. Ottawa veut orienter nos choix énergétiques et trouve de l’argent pour célébrer le 160e anniversaire du Canada. Pendant ce temps, Québec attend toujours le remboursement des frais d’accueil qu’il a assumés et un engagement durable sur le financement des soins. Pour les Québécois et les Bas-Laurentiens, être maîtres chez nous, c’est avoir le pouvoir de décider de nos priorités et les moyens de les financer », estime le député bloquiste de Rimouski-Neigette–Mitis–Matapédia–Les Basques.

Le budget propose d’appuyer le secteur nucléaire et d’assouplir les règles fédérales sur l’électricité propre pour faciliter le recours au gaz naturel à court terme.

« On ne peut pas se dire maîtres chez nous ni parler de souveraineté économique quand le pouvoir de décision sur nos infrastructures stratégiques est entre les mains d’intérêts étrangers. Ottawa a mobilisé son Bureau des grands projets pour faire avancer l’agrandissement du terminal de gaz naturel liquéfié de LNG Canada. La société appartient à cinq groupes étrangers, dont Shell et PetroChina, qui ont pris la décision d’investir », a poursuivi le député.

Services offerts aux demandeurs d’asile

Le budget ne prévoit pas le remboursement des près de 700 M $ que Québec réclame pour les services offerts aux demandeurs d’asile en 2024.

En santé, le plancher de croissance du Transfert canadien en matière de santé passera de 5 % à 3 % en 2028-2029. Le transfert pourra augmenter davantage selon la croissance du PIB nominal. Québec demandait de maintenir le plancher de 5 %, tandis que le Bloc Québécois réclamait une hausse garantie de 6 % par année pendant cinq ans. Ottawa propose par ailleurs de prolonger d’un an les ententes ciblées sur la santé mentale et les soins à domicile.

« Quand les transferts augmentent moins vite que le coût des soins, Québec doit combler l’écart pour maintenir les services. Au Bas-Saint-Laurent, ça touche l’accès à un médecin, les soins à domicile pour nos aînés et les délais d’attente », a ajouté le député.

Ottawa recycle la mégadéduction à la productivité annoncée en septembre et en fait la mesure phare de son budget. Elle permettrait aux entreprises de déduire d’un coup de leur revenu imposable le coût de certains investissements.

Son coût fiscal fédéral est estimé à 36 milliards de dollars sur cinq ans. Si Québec adopte la même mesure, il pourrait perdre environ un milliard de dollars de recettes par année.

« Ottawa prend ses décisions fiscales sans consulter Québec, puis le laisse trouver les moyens de maintenir ses services. C’est l’autonomie financière du Québec qu’il sabote », a affirmé Maxime Blanchette-Joncas.

Quelques gains, mais surtout des reculs

Le député salue le supplément ponctuel pour l’épicerie, qui répond en partie à une demande du Bloc Québécois, ainsi que l’élargissement proposé du crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique aux médias privés admissibles de la radio et de la télévision.

Il accueille aussi favorablement la prolongation proposée de 10 ans de Vers un chez-soi et demande un financement durable des services offerts aux résidents des logements avec soutien.

« Le budget reprend les 600 M $ annoncés en juin pour l’audio et l’audiovisuel, un répit de courte durée pour le milieu culturel puisque la suite du financement reste à préciser. Ottawa tarde toujours à rétablir les obligations du CRTC pour faire contribuer les grandes plateformes américaines au financement des productions d’ici », a souligné le député.

« Au Bas-Saint-Laurent, notre industrie forestière est en première ligne face aux tarifs américains. Les nouveaux investissements fédéraux commenceraient en 2027-2028. Reste à savoir quelles entreprises d’ici pourront y avoir accès et quand. Le budget laisse de côté la subvention salariale supplémentaire que nous réclamions pour aider les entreprises touchées à maintenir leurs activités et à garder leurs travailleurs en poste », a ajouté Maxime Blanchette-Joncas.

« Après plus de 500 pages, Ottawa laisse des demandes du Québec sans réponse en santé et face à la crise tarifaire. Ses choix en énergie soulèvent aussi des questions sur l’environnement et le respect de nos compétences. Appeler ça “Maîtres chez nous”, c’est trahir le sens même de ces mots », a conclu le député.

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