30 000 emplois perdus : Blanchette Vézina fustige Legault
Droits de douane américains de 45 % sur le bois d’œuvre québécois
Comme ex-ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina trouve déplorable la récente sortie du premier ministre du Québec, François Legault, concernant la possibilité que 30 000 emplois de l’industrie forestière soient perdus en raison de droits de douane américains de 45 % sur le bois d’œuvre québécois.
La députée indépendante de Rimouski estime que ce nombre n’est qu’une projection dans l’éventualité où rien n’est fait. Des démarches peuvent être entreprises pour tenter de remédier à la situation.
« La crise ne date pas d’hier, mais il y a des choses qui peuvent être faites pour réduire ces pertes d’emplois, ce que ne semble pas considérer le gouvernement en ce moment. Annoncer cette possibilité à Montréal, alors qu’il n’y a pas de plan de match et que le gouvernement ne semble pas vouloir financer une stratégie industrielle pour amoindrir ces impacts, je trouve que c’est terriblement déplorable pour les régions du Québec », estime-t-elle.
Programme de requalification
Maïté Blanchette Vézina ne se dit pas non plus rassurée par la proposition de François Legault de mettre sur pied des programmes de requalification.
« Penser qu’on puisse requalifier des travailleurs dans les régions, en claquant des doigts, sans que cela vide nos villes et nos villages, je ne comprends pas le premier ministre et je trouve le tout particulièrement inquiétant pour les régions et les 200 communautés forestières du Québec. »
Elle avoue cependant ne pas être surprise de la tournure des événements.

« Ça coïncide avec ce que je disais. J’étais à l’intérieur du parti, je tentais de faire bouger les choses et je voyais qu’il n’y avait pas d’écoute. J’étais aux premières loges pour apporter des solutions, mais ces solutions n’étaient pas entendues. Le premier ministre avait déjà baissé les bras. Je le voyais et aujourd’hui, ce qu’il dit confirme ce que je disais, c’est-à-dire qu’il n’a aucune vision de développement pour les régions du Québec. Encore pire, il les abandonne », déplore l’ex-ministre.
Pression sur la CAQ
Après avoir parlé à certains partenaires, Maïté Blanchette Vézina indique que plusieurs s’organisent afin de faire pression sur la CAQ.
« Ils tentent de rencontrer le premier ministre et lui faire part de ce qui peut être fait, parce qu’il existe des solutions. Se tourner vers d’autres marchés, augmenter le marché intérieur, s’assurer que le gouvernement fasse preuve d’exemplarité de l’état, soit d’acheter québécois en premier lors de construction d’infrastructures, d’avoir certains quotas pour l’obligation d’utiliser du bois ou à tout le moins favoriser le bois du Québec lors d’appels d’offres. Il y a des choses qui peuvent être travaillées. »

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