Bilan 2025 : Éric Avon laisse un héritage sportif gravé à jamais
Son décès a provoqué une profonde onde de choc à Rimouski
Le Soir.ca poursuit sa rétrospective des nouvelles marquantes de 2025. Si son décès a provoqué une profonde onde de choc dans la communauté, à la fin de novembre, l’enseignant du Cégep de Rimouski et figure sportive grandement respectée, Éric Avon, nous avait livré, dans les semaines précédant sa mort, un témoignage empreint d’émotion.
Il venait alors de vivre l’un des plus grands honneurs de sa carrière, un moment qu’il racontait avec une fierté sincère, timidement mêlée d’humilité.
Un peu plus de deux mois avant sa disparition, Éric Avon avait appris que son nom serait désormais associé au trophée remis à l’équipe gagnante du circuit de football cadet du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) — Est-du-Québec.
Pour celui qui avait consacré une grande partie de sa vie au développement du sport scolaire et régional, cette reconnaissance représentait un symbole immense, presque irréel. Ses mots, quelques semaines avant sa disparition, résonnent aujourd’hui avec une force particulière.
« Le 12 septembre 2025 va rester gravé dans ma mémoire. C’est la journée qu’Éric Plourde (DG du RSEQ Est-du-Québec) m’a annoncé que le trophée porterait mon nom. Nous avions tous les deux les yeux dans l’eau. C’est tout un honneur et je suis encore très touché », confiait-il à la collègue Annie Levasseur.
Originaire de Longueuil, l’homme de football était débarqué au Bas-Saint-Laurent en 2002, au moment de la création de l’équipe collégiale des Pionniers du Cégep de Rimouski.
Ce projet nouveau, mais ambitieux, l’avait convaincu de prendre un risque et de s’exiler loin de sa région natale.

« Je ne savais même pas que Rimouski était sur la rive sud du Saint-Laurent. Tout m’était inconnu, mais j’avais vu le sérieux de l’organisation. J’ai commencé à entraîner l’équipe en août et j’ai tout de suite adopté Rimouski », racontait Éric Avon, sourire en coin, comme s’il revivait ses premiers pas dans sa ville d’adoption.
Pionniers tatoués sur le cœur
Également entraîneur à l’école Paul-Hubert de Rimouski et au Mistral de Mont-Joli, il a été associé aux Pionniers de 2002 à 2004, de 2006 à 2009, de 2015 à 2021 et de 2024 à 2025.
Sa passion l’avait ramené comme coordonnateur défensif, puis au sein du conseil d’administration de « son » équipe après son aventure au sein des Jeux du Québec à Rimouski en 2023, où il a occupé le poste de directeur général adjoint.
Ancien joueur du Rouge et Or de l’Université Laval, monsieur Avon a aussi lancé le programme benjamin aux écoles Saint-Jean et Langevin, où il avait repéré plusieurs jeunes talents appelés à se démarquer.

Parmi eux, Nathaniel Dumoulin-Duguay allait suivre ses traces à Laval, pour ensuite devenir le premier Rimouskois repêché dans la Ligue canadienne de football, en 2024.
Coach Avon avait partagé cette soirée inoubliable à ses côtés, fier comme un père de voir l’un de ses protégés franchir ce pas monumental. Peu importe la fonction, il demeurait un mentor et un bâtisseur.
« Plus que du football »
Pour Éric Avon, le football n’était pas qu’un sport. C’était un levier de résilience, un moteur d’espoir et un chemin vers l’accomplissement personnel. Son histoire le prouvait à elle seule.
« J’ai été élevé par une mère monoparentale dans un milieu modeste. Je voulais jouer au hockey, mais on ne pouvait pas se le permettre. En deuxième secondaire, je jouais au handball et j’ai été recruté par l’entraîneur de football. J’ai réussi à faire l’équipe et ça m’a surpris. Ma mère a accepté parce que tout était fourni par l’école. Mon but était de terminer mon cinquième secondaire. Je n’avais aucun plan pour la suite. J’ai eu beaucoup de remises en question, mais le football était la base de tout », racontait-il avec une nostalgie lucide, évocatrice d’un parcours pavé d’efforts et de détermination.

Porté disparu le 24 novembre, Éric Avon a été retrouvé sans vie deux jours plus tard dans un secteur boisé du parc Beauséjour, à Rimouski. La nouvelle a rapidement bouleversé la région entière.
Conjoint de Marie-Claude Fournier, il était le père de Frédérike et Émile, qu’il chérissait plus que tout. Ses proches et amis lui ont rendu un dernier hommage lors d’une cérémonie, le 21 décembre dernier, au PEPS du Cégep de Rimouski.
Pour eux, comme pour la communauté sportive et éducative du Bas-Saint-Laurent, son départ représente une perte incalculable. L’enseignant, l’entraîneur, le collègue et l’ami laisse derrière lui un héritage immense, mais aussi un vide déchirant.

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