Obstétrique : peu d’espoir d’amélioration
Un manque de 47 soignantes dans le réseau
Les découvertures et les ruptures de service en obstétrique en Gaspésie ne sont pas près de se résorber à court terme.
Par Nelson Sergerie- Le Soir.ca
Durant les Fêtes, Maria et Gaspé ont connu des ratés en raison du manque d’infirmières et la situation se reproduit pratiquement chaque mois du côté de Sainte-Anne-des-Monts.
Depuis près d’un an, le CISSS de la Gaspésie a lancé des comités locaux et régionaux pour tenter de trouver des solutions, explique le directeur des soins infirmiers, Maxime Bernatchez.
« Les solutions ne sont pas simples. Le dénominateur commun est le manque d’infirmières. On réfléchit à l’intégration des sages-femmes ou l’élargissement du champ professionnel des infirmières auxiliaires, mais il n’en demeure pas moins qu’on a besoin d’infirmières en Gaspésie. »
Pas ouvert à toutes
Actuellement, il manque 47 soignantes dans le réseau de la santé en Gaspésie.
Chaque fois qu’il y a une découverture ou une rupture de service en obstétrique, des citoyens suggèrent de prendre des infirmières ailleurs dans l’hôpital pour combler les besoins. Or, là encore, ce n’est pas aussi simple.
« Ce sont des infirmières spécialisées qui nécessitent une formation spécialisée, et parfois une exposition dans un milieu comme Québec pour s’assurer d’avoir les compétences pour prendre en charge les besoins de la maman qui accouche et les soins au nouveau-né. On ne peut pas prendre pour le moment une infirmière de l’urgence ou d’une autre unité de soins et la déplacer en obstétrique sans cette formation spécialisée », explique le gestionnaire.

(Photo Le Soir – Jean-Philippe Thibault)
Le resserrement de l’utilisation de la main-d’œuvre indépendante déjà en vigueur dans plusieurs régions et qui le sera en octobre en Gaspésie n’aide par ailleurs pas à combler les besoins ponctuels.
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« Ces découvertures étaient généralement comblées par de la main-d’œuvre indépendante. Certaines font le choix de réintégrer le réseau dans leur région. Ça met une pression supplémentaire en obstétrique, mais aussi sur les besoins globaux », analyse Maxime Bernatchez.
Aucune solution réelle
Si la réflexion et les efforts se poursuivent, il serait toutefois utopique de penser que la situation sera réglée en 2026.
« On travaille en collaboration avec l’Université Laval et le siège social de Santé Québec autant qu’avec nos partenaires internes et externes, mais on entrevoit encore des défis. Le défi est grand. On a besoin d’infirmières en Gaspésie et on travaille fort pour en intégrer; on espère des jours meilleurs en 2026 », affirme le directeur.

La situation n’est par ailleurs pas unique en Gaspésie. « Il y a une réflexion nationale avec les organismes que je vous ai nommés et pour s’inspirer des pratiques d’autres régions qui ont une meilleure couverture. »

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