La Matapédia et La Mitis : l’enfouissement n’avance pas
Projet souhaité à Saint-Moïse
Le projet de lieu d’enfouissement des déchets pour les MRC de La Mitis et de La Matapédia, à Saint-Moïse, est de nouveau sur la glace. La Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles a demandé la suspension du projet afin de se donner plus de temps pour préparer l’étape des audiences publiques.
Les démarches auprès du ministère de l’Environnement pourraient être relancées dans les prochains mois, mais l’échéancier demeure imprécis. Entre-temps, les déchets continuent d’être acheminés à grands frais vers Cacouna.
Le projet, situé dans le premier rang de Saint-Moïse, comprend un lieu d’enfouissement, une plateforme de compostage et un écocentre. Il a été déposé au ministère de l’Environnement, il y a six ans. Depuis, le dossier progresse lentement en raison des nombreuses exigences ministérielles. La Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles des MRC de La Matapédia et de La Mitis a non seulement dû répondre à une longue liste de questions, mais aussi revoir l’aménagement du site.
« Il n’a pas encore été réactivé parce qu’on est toujours en analyse de certaines informations et données. Présentement, le projet est sur pause », précise le directeur de la Régie, Vincent Dufour.
Pour l’instant, le processus d’évaluation environnementale n’est pas complété. Les audiences du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), prévues à l’automne dernier, ont été reportées. La Régie avait besoin de plus de temps pour planifier cette étape cruciale.
« C’est simplement que les audiences arrivaient trop vite. Il fallait se donner du temps, à travers tous nos autres projets. Quand on se présente au BAPE, il faut être bien préparé et avoir tout en main », indique monsieur Dufour.
Malgré les délais, il est essentiel de bien gérer le dossier.
« Il y a des préoccupations exprimées par le milieu qui méritent d’être prises en considération. Tous les projets comme le nôtre, qui concernent les lieux d’enfouissement, sont complexes », croit la préfète de la MRC de La Matapédia, Chantal Lavoie.
Initialement, l’ouverture du lieu d’enfouissement était prévue pour 2024. Elle a ensuite été repoussée à 2026 et devra l’être de nouveau. Évidemment, plus le projet prend du retard, plus les coûts augmentent. Les plus récents sont estimés à 28 M$.
Coût environnemental
Entre-temps, la Régie continue d’acheminer les déchets vers le site d’enfouissement de Cacouna et les matières compostables vers le centre de biométhanisation de Rivière-du-Loup. L’entente actuelle, qui se termine à la fin de 2026, devra être renouvelée.
« Même si, aujourd’hui, on décidait d’aller de l’avant, avec les délais et la construction, on en a encore pour un bon moment à transporter les matières à Rivière-du-Loup », explique Vincent Dufour.
Les déchets sont transbordés à Mont-Joli, des camions de collecte vers des semi-remorques, afin d’optimiser le chargement et de réduire d’environ le tiers les besoins en transport. Malgré cela, une dizaine de semi-remorques effectuent chaque semaine l’aller-retour vers Cacouna. Sur une année, ces camions parcourent plus de 80 000 kilomètres, soit deux fois le tour de la Terre, entraînant des émissions importantes de gaz à effet de serre.

Le traitement des déchets coûte aux deux MRC près de 4 M$ par année, dont environ 1 M$ pour le traitement des matières organiques à l’usine de biométhanisation.
Réduire à la source
Depuis le 1er janvier, la Régie a instauré une tarification incitative pour les bacs à déchets supplémentaires dans l’ensemble des MRC de La Matapédia et de La Mitis. Elle espère réduire de 15 % le volume des déchets en trois ans.
« On a mis davantage d’efforts sur la réduction à la source, parce que c’est vraiment le nerf de la guerre. On reçoit beaucoup d’appels de citoyens qui nous disent qu’ils ne veulent pas payer pour un deuxième bac et qu’ils vont faire des efforts pour réduire leurs déchets. Ça peut sembler contre-intuitif, mais c’est exactement ce qu’on souhaite », souligne monsieur Dufour.

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