Urgence de Rimouski : des infirmières refusent d’entrer au travail
Violente agression qui a fait quatre blessés parmi des membres du personnel
Des infirmières de l’Hôpital régional de Rimouski ont refusé de rentrer au travail à minuit, la nuit dernière (29 janvier), afin de dénoncer le retrait d’un gardien de sécurité supplémentaire affecté à l’urgence depuis la violente agression qui a fait quatre blessés parmi des membres du personnel, le 26 janvier dernier.
À ce moment, un homme de 28 ans, Andrii Halyanoskyy, s’est livré à des voies de fait contre deux infirmières, un préposé aux bénéficiaires et une résidente en médecine.
Arrêté par la Sûreté du Québec, il se soumet actuellement à une évaluation psychiatrique afin de déterminer sa responsabilité criminelle et son aptitude à comparaître pour la suite des procédures judiciaires. Il fait face à des chefs d’accusation de voies de fait contre quatre personnes.
En réponse à cet événement, un agent de sécurité a été attitré à l’urgence pour le quart de nuit suivant par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent. Or, cette directive a été annulée 48 heures après l’agression, ce qui est vigoureusement dénoncé par le personnel soignant.
« Dans beaucoup de milieux de travail, c’est le genre d’événement qui mènerait à une fermeture temporaire, le temps de gérer la crise, de mettre en place des mesures de sécurité et de supporter les individus », écrit une médecin de l’urgence de Rimouski, Marie-Hélène Cormier, dans une publication sur son profil Facebook.
Personnel de jour en renfort
Les infirmières de l’Hôpital régional ont donc contesté cette décision du CISSS, la nuit dernière, en refusant de se présenter au travail. Le personnel infirmier de soir a ainsi prolongé ses heures de travail afin d’éviter une rupture de service.
« Dans une salle d’urgence, sitôt l’individu maîtrisé, le personnel qui n’a pas subi de blessure physique doit s’assurer que les autres usagers vont bien, faire des démarches pour remplacer les collègues blessés, continuer pour que les services soient maintenus jusqu’au quart de travail suivant. Dans une salle d’urgence, le travail se poursuit, pas tout à fait comme à l’habitude, avec le cœur plus lourd, mais avec la même compétence et le même professionnalisme. Parce que c’est ça leur travail. En espérant que, pendant qu’on assure les services essentiels, les gens dont c’est le travail de nous supporter mettrons tout en œuvre pour assurer la sécurité des prochains quarts de travail », mentionne le Dr Cormier.

Selon elle, la violence ordinaire fait partie du quotidien des soignants, qui en viennent à tolérer l’intolérable, « parce que c’est souvent trop d’énergie de devoir réagir ».
« Et que de toute façon, quand le vase déborde et qu’on interpelle les hautes instances de l’hôpital, la médiocrité de la réponse ne fait qu’accroître la frustration et le cynisme. Le manque d’écoute et de considération de CISSS du Bas-St-Laurent face au personnel et aux usagers de l’urgence dans une telle situation est absolument désolante. C’est un manque de respect total face aux équipes touchées. Je suis profondément en colère. Pour mes collègues, pour les patients, pour moi-même », renchérit Marie-Hélène Cormier.
Injonction du CISSS
Selon nos informations, le CISSS du Bas-Saint-Laurent évaluerait actuellement la possibilité de déposer une injonction afin de forcer ses employés à cesser leur moyen de pression.
La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail a été mandatée pour évaluer la situation à l’urgence de Rimouski.

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