Quand l’inflation baisse, mais que le portefeuille ne respire toujours pas
Conseils financiers du Groupe Gagnon Arsenault
Depuis plusieurs mois, une bonne nouvelle revient régulièrement dans l’actualité : l’inflation ralentit. En décembre 2025, l’inflation au Canada s’est établie à 2,4 %, en légère hausse par rapport à novembre (2,2 %), mais demeure tout près de la cible de 2 %.
Les mesures d’inflation fondamentales, comme l’IPC médian et l’IPC tronqué, gravitent elles aussi autour de 2,5 %, signe d’un apaisement graduel après les fortes poussées inflationnistes de 2022 et de 2023.
Pourtant, dans le quotidien, bien peu de ménages ressentent ce ralentissement.
L’épicerie demeure coûteuse, les taux hypothécaires restent relativement élevés et l’épargne peine à se reconstituer, grugée par une pression budgétaire persistante.
Alors, pourquoi un tel décalage entre les statistiques et la réalité financière des familles canadiennes?
1. Une inflation plus basse ne veut pas dire des prix plus bas
Il s’agit d’un point qui crée souvent de la confusion. Quand on dit que l’inflation ralentit, cela ne signifie pas que les prix diminuent, mais simplement qu’ils augmentent moins vite qu’avant.
Après trois années de hausses rapides, même une inflation revenue à un rythme « normal » continue d’alourdir la facture des ménages mois après mois.
Et certains secteurs restent particulièrement coûteux. Par exemple, les prix des repas au restaurant ont encore grimpé de façon marquée en décembre, avec une hausse d’environ 8,5 % par rapport à l’année précédente.
D’autres catégories, comme les loisirs, demeurent aussi sous pression en raison d’ajustements encore en cours dans plusieurs industries.
Bref, même si l’inflation revient près de la cible de 2 %, cela ne ramène pas les prix à ceux de 2019. Le niveau général demeure beaucoup plus élevé, ce qui explique pourquoi les ménages ne ressentent pas encore de véritable répit.
2. Les taux d’intérêt élevés continuent de mordre
Même avec une inflation qui se normalise, les ménages canadiens continuent de subir les effets retardés des hausses de taux passées.
Le taux directeur est resté à 2,25 % lors de la décision du 28 janvier 2026, prolongeant la pause amorcée en décembre 2025.
Toutefois, malgré un cycle de baisses en 2024 et en 2025, de nombreux ménages renouvellent encore des prêts hypothécaires à des taux nettement plus élevés qu’avant la pandémie.
Conséquences :
- Paiements hypothécaires considérablement plus élevés;
- Marges de crédit et cartes de crédit plus coûteuses;
- Capacité d’épargne comprimée.
Même si les économistes s’attendent à ce que le taux directeur demeure stable pendant une bonne partie de 2026, l’évolution des taux obligataires pourrait maintenir les taux hypothécaires à un niveau relativement élevé, ce qui laisse croire que le soulagement n’arrivera pas immédiatement.
3. Les salaires n’ont pas suivi la cadence
Même si le marché du travail demeure relativement solide, les salaires ont mis du temps à rattraper l’inflation des dernières années.
En 2025, le salaire horaire moyen a progressé d’environ 3,4 %, une hausse appréciable, mais encore insuffisante pour compenser pleinement la flambée des prix observée depuis 2021.
Autrement dit, même si les revenus augmentent, cette progression reste trop modeste pour alléger réellement la pression financière que ressentent les ménages au quotidien.
Ce décalage persistant entre la croissance des salaires et le coût de la vie alimente donc un sentiment d’appauvrissement, malgré un marché du travail qui semble encore vigoureux en surface.
Pour 2026, les économistes prévoient une croissance salariale qui devrait demeurer modérée, dans la continuité de l’an dernier.
La hausse du chômage en décembre et le ralentissement des heures travaillées indiquent que les entreprises avanceront prudemment, laissant présager des gains réels encore limités pour les travailleurs.
4. Le poids psychologique des dernières années
La finance n’est jamais qu’une question de chiffres. Ce sont surtout les émotions, les inquiétudes et les sacrifices quotidiens qui façonnent la dimension humaine des finances des gens.
Les ménages qui ont dû réduire leur épargne, puiser dans leurs réserves ou s’endetter pour maintenir leur niveau de vie, et ils en ressentent encore les effets aujourd’hui. Ce type de pression laisse une empreinte durable.
Même lorsque les indicateurs montrent une amélioration, la confiance revient beaucoup plus lentement.
L’habitude de faire attention, la peur de manquer et l’impression de marcher sur un fil demeurent présentes longtemps après la tempête.
Les indicateurs économiques peuvent laisser croire à une amélioration, mais le ressenti des ménages raconte une tout autre histoire. Pour qu’un véritable soulagement se fasse sentir, il faudra du temps : une stabilisation durable des taux d’intérêt, une croissance des salaires qui dépasse l’inflation et une réduction progressive des coûts essentiels, comme le logement, l’alimentation et l’énergie.
En attendant, beaucoup de familles demeurent prudentes. Elles réduisent les achats non essentiels, priorisent le remboursement des dettes et resserrent leur budget. Oui, l’inflation ralentit. Oui, les nouvelles sont meilleures qu’il y a un an. Mais pour une grande partie de la population, le quotidien reste tendu et le portefeuille peine encore à suivre.
Le véritable défi de 2026 sera donc de transformer ces bonnes nouvelles statistiques en améliorations concrètes dans la vie des Canadiens et Canadiennes. Ce n’est qu’en retrouvant un meilleur équilibre entre revenus, dettes et coût de la vie que le sentiment d’appauvrissement pourra enfin commencer à s’estomper.
Cordialement,
Benoit Arsenault, B. COM., CIM
Gestionnaire de portefeuille
Gestionnaire principal de patrimoine

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