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Abolition du PEQ : maux de tête pour les entreprises

Les travailleurs étrangers avaient permis de contrer la pénurie de main-d'œuvre
Structures GB et Trailex – Les remorques de Rimouski ont recruté plusieurs soudeurs à l’étranger. (Photo courtoisie)

L’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) donne des maux de tête aux entreprises manufacturières du Bas-Saint-Laurent. Le recours aux travailleurs étrangers avait permis de solutionner en partie la pénurie de main-d’œuvre spécialisée. Elles se retrouvent maintenant dans une situation difficile qui pourrait entraîner des pertes de contrats.

Des entreprises comme Structures GB et Trailex – Les remorques de Rimouski risquent notamment de voir partir plusieurs soudeurs recrutés à l’étranger.

La Coalition Avenir Québec a brusquement mis fin au Programme de l’expérience québécoise en novembre. Le PEQ permettait à des travailleurs étrangers d’obtenir la résidence permanente, à condition notamment de s’intégrer, de travailler et de maîtriser le français.

Il est difficile de savoir précisément combien d’immigrants ont été admis dans le cadre de ce programme avant son abolition. Par courriel, le ministère de l’Immigration indique que 73 personnes se sont installées dans le Bas-Saint-Laurent pour travailler et 24 pour étudier en 2023. L’année suivante, 165 travailleurs étrangers et 35 étudiants ont choisi la région. Aucune donnée n’est encore disponible pour 2025.

Les chiffres du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), qui a remplacé le PEQ, donnent toutefois un aperçu de l’ampleur de la situation. En date du 31 janvier, « 604 ressortissants étrangers détiennent une déclaration d’intérêt active pour le PSTQ et résident dans le Bas-Saint-Laurent. De ce nombre, 263 répondent aux critères d’invitation et présentent les profils les plus susceptibles de satisfaire aux conditions de sélection. »

Depuis la mise en place du programme en juillet, seulement 137 travailleurs étrangers installés dans la région ont reçu une invitation.

Insuffisant pour rassurer

Chez Structures GB, à Rimouski, huit soudeurs recrutés par le biais du Programme des travailleurs étrangers temporaires sont à l’emploi. Quatre d’entre eux sont en poste depuis deux ans et demi, les autres sont arrivés en mai dernier. Leur cheminement vers la résidence permanente s’est arrêté avec la fin du PEQ.

Le directeur des ressources humaines, Guillaume Plourde, explique que les employés les plus anciens tenteront leur chance dans le nouveau programme. « On ne peut rien leur garantir. On peut seulement essayer. On fait les démarches pour renouveler leur permis de travail pour un an, mais pour le moment, c’est tout ce qu’on peut faire. »

Ces huit travailleurs représentent 10 % des effectifs de l’usine, soit le maximum permis par Ottawa. Les perdre serait lourd de conséquences « On œuvre dans un domaine où il faut être qualifié. Les soudeurs, je ne peux pas prendre n’importe qui. Il n’y a plus beaucoup de jeunes qui vont à l’école dans ce domaine-là. Un bon soudeur, c’est une denrée rare », soutient monsieur Plourde.

L’entreprise espère, comme plusieurs autres, un assouplissement de la position gouvernementale, notamment par l’ajout d’une clause de droits acquis pour ces travailleurs. « C’est sûr que ça nous inquiète. Ça aura des impacts sur la productivité et ça nous amène à réfléchir aux contrats qu’on sera capables d’aller chercher », indique Guillaume Plourde.

Tous dans le même bâteau

Chez Trailex – Les remorques de Rimouski, plusieurs travailleurs étrangers devront également quitter afin de respecter le plafond de 10 % imposé par Ottawa. L’entreprise comptait sur le PEQ pour permettre à ses soudeurs d’obtenir la résidence permanente. Actuellement, huit immigrants y sont à l’emploi.

« C’est plus difficile pour eux d’obtenir leur certificat de sélection du Québec. Malheureusement, certains devront quitter. On va travailler fort pour en trouver d’autres, mais avec notre nouvelle usine, il nous en manquait déjà. Il n’y en a pas. Il y a actuellement plus de postes offerts que de nouveaux diplômés. Toutes les entreprises sont dans la même situation », s’inquiète le directeur des ressources humaines, Martin Roy.

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