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Psychosociologie à l’UQAR : une diplômée témoigne

« C’est aberrant ce que j’ai vécu pendant trois ans »
L’atrium et la cafétéria de l’Université du Québec à Rimouski (Photo Le Soir.ca- Olivier Therriault)

Une diplômée du programme de baccalauréat en psychosociologie des relations humaines de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), Josée Boucher, témoigne de son vécu, elle qui a suivi cette formation de 2000 à 2003.

Elle confirme les faits rapportés en début de semaine dans les médias et ayant mené au déclenchement d’une enquête externe.

« Lorsque l’article est sorti, je me suis réjoui que ça sorte enfin. Je confirme tout ce qui a été écrit dans les articles du Soir.ca et de La Presse. C’est aberrant ce que j’ai vécu pendant trois ans. Je suis une personne rationnelle. Avant, j’ai fait un DEC en laboratoire médical et un certificat en administration. Je voulais me réorienter vers les relations humaines », raconte-t-elle.

Madame Boucher s’inscrit donc à la formation en psychosociologie. Elle est la plus âgée du groupe à 40 ans. Elle déchante rapidement.

« Au début, nous sommes allés au Village des Sources. Les étudiants passaient un après l’autre pour raconter leurs difficultés. C’étaient des maganés de la vie. Ce que je trouvais aberrant, c’est que la majorité des étudiants étaient au début de la vingtaine et que plusieurs n’avaient pas fait de cégep, certains n’avaient pas de secondaire 5, mais ils étaient admissibles à l’université parce qu’ils avaient 21 ans. Le problème, c’est que pour être admis sans être passé par le cégep, il faut avoir une expérience pertinente à la formation. Il y en a un qui était itinérant à Montréal, donc qualifié, selon les responsables, pour intervenir en itinérance », mentionne l’ex-étudiante.

Négociation des plans de cours

Josée Boucher se rappelle que, dans certains cours, les étudiants négociaient le plan de cours afin de l’alléger.

« Tout le monde vomissait ses douleurs et ses fragilités. Je n’en revenais pas. Le mot jugement dans ce bac, c’est comme une tare. Si tu réfléchis trop et que tu argumentes avec des faits solides, ils disent que ce n’est que de la théorie à rejeter puisque tu es ton outil de travail, que ton vécu te sert de formation d’intervenant ».

L’Université du Québec à RImouski (Photo Le Soir.ca- Olivier Therriault)

Dans certains cours, on faisait de la méditation. « Des étudiants ont expérimenté les tentes de sudation, le jeûne et les cris tribaux », poursuit Josée Boucher.

Programme unique au Québec

Ce baccalauréat créé il y a 25 ans et unique au Québec forme des professionnels de l’intervention et de l’accompagnement auprès d’individus et de groupes.

Le programme combine études des relations humaines, communication et développement organisationnel, avec des débouchés dans les services sociaux, communautaires ou en coordination de projets.

Plusieurs anciens étudiants indiquent que des cours les amenaient à explorer leur vie personnelle, y compris des expériences difficiles ou traumatisantes.

Certains témoignages rapportés par La Presse mentionnent également la participation à des activités rituelles ou symboliques, issues de traditions autochtones ou inspirées du chamanisme.

L’UQAR rappelle qu’une révision du programme avait été amorcée en 2014 et finalisée en 2017. La nouvelle enquête externe vise à examiner les préoccupations récemment rapportées. L’établissement n’a pas précisé la nature exacte de ces informations, mais affirme qu’elles ne proviennent pas d’étudiants.

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