Bas-Saint-Laurent : 46 organismes communautaires en grève
Dénoncer leur sous-financement et les conditions de travail
Quelque 46 organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent entament, en ce lundi 23 mars, une grève de services de deux semaines pour dénoncer leur sous-financement et les conditions de travail qu’ils jugent de plus en plus précaires.
Cette mobilisation s’inscrit dans le mouvement provincial « Le communautaire à boutte », qui regroupe des organismes issus de plusieurs régions du Québec.
À l’échelle de la province, ce sont plus de 1600 organisations qui participent à cette action, qualifiée d’historique par les instigateurs.
D’une même voix, les groupes réclament une augmentation significative du financement à la mission.
Ils soutiennent que les ressources actuelles ne permettent plus de répondre adéquatement aux besoins grandissants de la population, tout en assurant des conditions de travail décentes aux employés du secteur.
Le contexte social avec la hausse de l’itinérance, de la détresse psychologique et l’insécurité alimentaire font que les intervenants communautaires se retrouvent en première ligne pour soutenir les personnes vulnérables. Malgré cela, ils affirment devoir composer avec des moyens en constante diminution.
Des conditions de travail fragiles
« À titre d’exemple, au Centre d’action bénévole de La Matapédia, nous avons seulement 20 % de postes stables. La majorité de notre équipe travaille dans des conditions précaires liées à des projets temporaires. Cette instabilité fragilise les conditions de travail, la rétention du personnel et la continuité des services », indique sa directrice Pascale Rioux, dans un communiqué.
Les organismes espèrent que cette grève permettra de faire pression sur le gouvernement afin d’obtenir des engagements concrets pour assurer la pérennité du milieu communautaire.
« Avec seulement deux travailleurs de rue pour couvrir un territoire aussi vaste que La Matanie, l’équipe doit constamment prioriser les interventions et faire des choix difficiles quant aux situations à couvrir. Ça limite grandement notre capacité à rejoindre toutes les personnes qui auraient besoin d’un accompagnement et ça réduit la possibilité de leur offrir les suivis nécessaires », explique la coordonnatrice de la Maison des jeunes de Matane et de Travail de rue – Matanie, Cindy Desrsosiers.
Au cours des deux semaines de grève et de mobilisation, différentes actions sont prévues, dont un rassemblement régional prévu ce vendredi 27 mars, à 13 h, au parc de la Gare à Rimouski.
Le tout culminera avec une grande manifestation devant l’Assemblée nationale, le 2 avril prochain, où les organismes du Bas-Saint-Laurent se joindront aux groupes communautaires de partout au Québec pour faire entendre leurs revendications.


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