Hydro-Québec : opposition au tracé de la ligne à haute tension
Transporter l’énergie produite par les éoliennes
Le regroupement Vent commun s’est mobilisé lors des deux journées portes ouvertes organisées par Hydro-Québec qui se sont tenues le 31 mars et le 1er avril, d’abord à Saint-Honoré-de-Témiscouata pour se déplacer vers La Pocatière.
Par Marie-Josée Roy- Initiative de journalisme local- Info dimanche
Deux municipalités qui sont directement concernées par le projet de la société d’État visant à construire une ligne à haute tension, afin de transporter l’énergie produite par les éoliennes.
Quelques membres du collectif Vent commun se trouvaient à l’entrée de la salle municipale de Saint-Honoré-de-Témiscouata où avait lieu la première consultation, à la fois pour se faire entendre par la société d’État, mais également pour échanger sur les enjeux du projet avec les visiteurs intéressés.
« Dans le fond, on est là pour protester contre la ligne à très haute tension qu’Hydro-Québec veut construire. Hydro-Québec est là pour présenter le projet, mais le tracé est déjà décidé. Ce qu’on voit en ce moment comme déboisement et comme destruction avec les parcs existants, ça va aller qu’en s’amplifiant », a déclaré Cassandre Henry, co-porte-parole de Vent commun.
Selon elle, la population n’a pas été suffisamment informée des enjeux rattachés à une telle installation.
« Notre objectif avec Vent commun, c’est de dire qu’il faut arrêter ça», a protesté Cassandre Henry. En attendant une révision du processus décisionnel entourant l’expansion de la filière éolienne, le collectif milite pour la mise en place d’un moratoire. Le groupe croit également qu’un BAPE générique sur les développements reliés à la transition énergétique devrait prendre place.
Diminuer la dépendance au pétrole
Toujours selon Vent commun, le virage énergétique planifié par Hydro-Québec et le gouvernement québécois serait non viable et ne ferait que contribuer à la privatisation de la production d’électricité, tout en retardant ce qu’il considère comme une « vraie » transition énergétique.
Pour Cassandre Henry, la solution est simple: « il faut diminuer notre dépendance au pétrole», tout en insistant pour que la société d’État révise son plan. «Ce projet de ligne à très haute tension, c’est juste le début. Ils veulent doubler la production électrique du Québec d’ici 2035. Il faut imaginer ce que ça représente, c’est complètement fou», s’inquiète la militante.

Toutefois, pour Ariane Doucet-Michaud, porte-parole pour Hydro-Québec, les raisons de ces séances d’informations sont claires. «On vient consulter sur les tracés. La discussion sur la transition énergétique, elle peut avoir lieu également, mais on est vraiment là pour donner des explications sur le projet de ligne.»
Droits de chasse
Lors de la rencontre à Saint-Honoré, Vanessa Gauthier tenait à en apprendre plus sur les visées de la société d’État, surtout en ce qui concerne les droits de chasse sur les terres concernées.
Elle dit toutefois ne pas s’inquiéter de voir s’ériger une ligne électrique de cette dimension dans sa municipalité. « Je vois ça comme un développement nécessaire, mettons. Il faut quand même penser qu’on n’est pas tout seul dans le monde. Le Québec grossit.»
De son côté, Jacques Lavoie tenait à visualiser le tracé pour connaître son emplacement exact. « Je prenais de l’information pour savoir s’ils ont pris le temps de regarder tout ce qu’il était possible de faire pour éviter de passer sur les terres publiques […] mais ils m’ont dit que c’était pas couler dans le ciment, qu’il y avait quand même des options et qu’ils pouvaient changer le tracé, dépendamment de ce que les gens auraient trouvé comme inconvénient. »
Selon lui, en passant sur des territoires non organisés, la ligne à haute tension sera moins dommageable que si le tracé s’incrustait sur des terrains privés. « Ça dérange moins les gens, les fermiers et ceux qui ont des érablières, même si on m’a dit qu’il y a des érablières qui sont du côté des terres publiques aussi. »
Toutefois, monsieur Lavoie reste confiant que les commentaires et les préoccupations de la population seront pris en compte par les développeurs.
Gaétan Lavoie, pour sa part, possède des lots à Saint-Elzéar, une municipalité visée par le trajet. Après avoir été approché par l’entreprise de production d’énergie renouvelable Boralex qui a démontré un intérêt à prendre des options sur ses terrains, monsieur Lavoie voulait savoir de quoi il en retournait.
« Quand vous allez à la pêche, vous faites quoi? Vous apportez votre hameçon. Je ne veux pas être le poisson au bout de la ligne. Je suis retraité et je ne voudrais pas que le gouvernement me coupe mon fonds de pension. »
Au terme de cette série de consultations menées par Hydro-Québec, le tracé de l’axe Appalaches–Bas-Saint-Laurent se précisera davantage pour une mise en service prévue pour 2034.
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