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Autoroute 20 : prolonger à partir de Rimouski

Pour éviter de commencer avec le pont de la rivière Trois-Pistoles
Le trafic continue d’augmenter sur la route 132. (Photo Le Soir.ca-Annie Levasseur)

La proposition de prolonger l’autoroute 20 entre Rimouski et Notre-Dame-des-Neiges en partant de l’est pour aller vers l’ouest fait désormais son chemin. Pour une citoyenne de Saint-Fabien, Blandine Michaud, la façon de faire est peu importante tant que le projet est réalisé le plus rapidement possible.

« Le pont pour franchir la rivière des Trois-Pistoles coûte tellement cher. Ce serait beaucoup plus productif et efficace de faire le plus long de route possible. Il faut regarder les coûts de construction et réaliser que ça s’est détérioré ici aussi. Avec l’argent qu’ils n’ont pas présentement, c’est évident qu’ils doivent commencer par Bic plutôt que par l’autre côté », mentionne celle qui s’exprime en son nom personnel et non celui du Comité pour la 20, dont elle est porte-parole.

La construction du pont était évaluée à un milliard de dollars en 2015. Elle demeure un problème majeur dans l’évolution du dossier en raison du coût élevé.

La députée de Rimouski, maintenant sous la bannière conservatrice, Maïté Blanchette Vézina, avance également qu’il s’agit d’une bonne option.

« Je pense qu’on ne devrait exclure aucune option à ce moment. Comme le gouvernement a décidé de retirer les sommes nécessaires pour faire avancer les études, je pense qu’on peut au moins poursuivre avec un BAPE sur les tracés. Ça faisait partie des options que j’avais proposées à l’ancien ministre des Transports Jonatan Julien. Ça coûterait moins cher et ce ne serait pas nécessaire de le mettre au PQI. »

Le projet de prolongement de l’autoroute 20 est toujours inscrit au Plan québécois des infrastructures (PQI), mais il ne recevra aucune nouvelle somme d’ici 2030. Le Comité pour la 20 a subi une autre déception, en mars, alors que rien n’en faisait mention dans le budget 2026-2027 de la Coalition Avenir Québec (CAQ).

« Je me demande si nous pouvons encore espérer avec ce gouvernement. J’aimerais qu’ils arrêtent de nous jouer avec les études. C’est le gouvernement qui a choisi le tracé. Ils étaient censés faire des mises à jour et ce n’est pas le cas », indique madame Michaud.

La route 132 se détériore

Cette dernière souligne que plus le temps passe, plus la situation dégénère. La circulation sur la route 132 continue d’augmenter et les résidents s’inquiètent pour leur sécurité et celle des automobilistes.

« Ça fait 30 ans que la portion du Bic a été faite. La réalité de 2026 fait en sorte qu’il faut que ce soit fait. On parle de 2 200 véhicules par jour en période estivale à 70 km/h, c’est moins qu’à Notre-Dame-des-Neiges à la Fromagerie des Basques, mais la limite de vitesse est à 50 km/h à cet endroit. Nous avons aussi des pentes et des courbes à Saint-Fabien et au Bic », dit-elle.

Malgré les nombreuses manifestations de citoyens, les pétitions et les démarches des élus de l’Est-du-Québec, le dossier continue de piétiner.

« On voudrait bien qu’il n’y ait pas de trafic sur la route pour qu’on puisse attendre, mais nous n’en sommes pas là. Le nombre de véhicules a augmenté, la Ville de Rimouski continue d’augmenter, le nombre de touristes a augmenté. Il n’y a pas une fin de semaine que nous pouvons avoir la paix parce que chaque paroisse a son festival. Les véhicules pensent qu’ils sont sur une autoroute », explique Blandine Michaud.

Blandine Michaud et Maïté Blanchette Vézina (Photo Le Soir.ca – archives)

La députée de Rimouski, quant à elle, demeure malgré tout optimiste dans le dossier.

« Les gens ont besoin de résultats concrets. Ça prend des engagements et du financement. Le projet a bougé avec la CAQ jusqu’à ce que les sommes nécessaires aux contrats soient retirées en catimini pour concentrer les énergies ailleurs. On voit en plus que la CAQ ne va pas réaliser le troisième lien. J’encourage le nouveau ministre à investir cet argent au PQI pour mettre à jour les études. »

Le Ministère refuse de se prononcer

Le ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec (MTMQ) ne veut pas s’avancer pour le moment sur les scénarios possibles quant à la réalisation de travaux de prolongement de l’autoroute 20.

« L’ensemble des activités en lien avec le projet sont suspendues. Au moment de la suspension des activités, la phase 2 du projet, entre Notre-Dame-des-Neiges et Trois-Pistoles, était à un stade plus avancé que la phase 3, entre Trois-Pistoles et Rimouski », affirme le porte-parole du MTMQ, Jean-Philippe Langlais.

Ce dernier rappelle que d’ici 2030, toutes les analyses et études réalisées seront conservées pour une utilisation future.

« Considérant les besoins liés au maintien du réseau existant et le contexte économique actuel, les projets ont été révisés et priorisés afin de recentrer les investissements principalement de façon à préserver l’état des infrastructures de transport existantes. »

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