Mystérieux four à Rimouski : 23 000$ pour élucider ses secrets
Soutenir une fouille archéologique
La campagne de financement participatif visant à soutenir une fouille archéologique du mystérieux four de l’Anse-au-Sable, dans le district Sacré-Cœur à Rimouski, se conclue avec une récolte de près de 23 000$.
Lancée par le Club des 50 ans et plus de Sacré-Cœur sur la plateforme La Ruche, l’initiative se terminant le 30 mai visait à permettre la réalisation, cet été, d’une fouille archéologique sur ce site qui intrigue depuis longtemps les passionnés d’histoire et de patrimoine.
La somme recueillie dépasse légèrement l’objectif fixé et permettra d’entreprendre les recherches prévues afin de mieux comprendre l’origine et l’utilisation de cette structure. Celle-ci s’apparente aux fours utilisés autrefois par les pêcheurs basques le long du fleuve Saint-Laurent.
Les promoteurs du projet espèrent découvrir des artéfacts qui pourraient fournir de nouveaux indices sur les premières activités économiques liées à l’exploitation des mammifères marins dans la région.
Site lié à l’histoire de Rimouski
Les archives manuscrites consultées jusqu’à présent laissent croire que ce four aurait servi à faire fondre la graisse de mammifères marins, notamment des baleines, des marsouins et des loups marins, afin de produire de l’huile utilisée, entre autres, pour l’éclairage.
Certaines sources historiques rapportent qu’au XVIIIe siècle, la famille Gagnon de Rimouski aurait utilisé ce four pour exploiter la graisse de deux baleines en 1751 et 1752.
Plus tôt encore, en 1703, le seigneur de Rimouski, René Lepage de Sainte-Claire, aurait acquis la seigneurie de la Mitis en payant avec de l’huile de poisson, probablement issue de la transformation de mammifères marins.

Pour plusieurs citoyens engagés dans la mise en valeur du patrimoine régional, ce mystérieux four pourrait constituer un témoin important des débuts de l’histoire économique de Rimouski et permettre de remonter encore plus loin dans le temps, jusqu’au XVIe siècle.
À cette époque, les pêcheurs basques fréquentaient le golfe et l’estuaire du Saint-Laurent pour y pratiquer la chasse à la baleine et produire de l’huile destinée au marché européen.
Mieux comprendre ce patrimoine
Afin de faire connaître les recherches entourant ce site, le chercheur indépendant Alain Ross a également présenté une conférence portant sur l’exploitation commerciale des baleines, des marsouins et des bélugas dans la région de Rimouski, une activité qui aurait marqué près de deux siècles d’histoire maritime.
Les résultats de la campagne permettront maintenant de passer à la prochaine étape, soit la réalisation des fouilles archéologiques prévues au cours de l’été.

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