Sayabec dévoile son complexe municipal
La Municipalité de Sayabec tenait, le 2 juin, une assemblée publique de consultation au sujet de la reconstruction du futur complexe municipal.
Par Véronique Bossé- L’Avant-Poste- Initiative de journalisme local
D’entrée de jeu, le maire de Sayabec, Lorenzo Ouellet, a déclaré que le projet était plus qu’une simple reconstruction.
« Le projet de complexe municipal de Sayabec est né d’une épreuve qui a profondément marqué notre communauté. En octobre 2023, un incendie criminel a détruit notre centre communautaire, privant les citoyens d’un lieu de rassemblement essentiel à la vie collective. »
L’assemblée publique de consultation – qui a mobilisé environ 40 personnes lors de la première séance et environ 25 lors de la seconde – prenait place quelques semaines après que la municipalité eut reçu la confirmation que le gouvernement du Québec appuierait le projet dans le cadre du programme PRACIM.
« Ce projet permettra de remplacer à la fois le centre communautaire incendié et un hôtel de ville devenu vétuste, exigu, peu accessible et nécessitant des investissements importants à court terme. Un projet pour toute la communauté, le complexe municipal sera utilisé par les citoyens de Sayabec, les organismes communautaires, les clubs sociaux, les familles, les jeunes, les aînés, les entreprises et les partenaires locaux. Il s’agit d’une infrastructure appelée à servir la population pendant plusieurs décennies », a ajouté monsieur Ouellet.
Lors de l’assemblée, l’architecte de la firme PROULXSAVARD, Hugues St-Hilaire, agissait à titre de représentant du consortium Proulx Savard Cardin Julien, qui a conçu les plans du futur complexe municipal, en collaboration avec Tetra Tech, WSP et Go Multimédia.
Monsieur St-Hilaire a mentionné que le nouveau complexe se situerait à peu près au même endroit que le précédent, à l’angle des rues Keable et Marcheterre, à proximité de la Maison des jeunes de Sayabec.
« Ce sera un bâtiment sur un étage, pour favoriser l’accessibilité universelle en évitant les cages d’escaliers, les ascenseurs et ainsi de suite. La surface du bâtiment est de 1859 mètres carrés. Pour tout coordonner, nous avons organisé la structure avec des fonctions et beaucoup d’éclairages naturels. »
Sur les plans présentés par l’architecte, le bâtiment se distingue en deux grands secteurs, soit le secteur municipal et le secteur communautaire. Le premier s’ouvre d’abord sur le secrétariat, qui se trouve à proximité de la salle du conseil. L’administration municipale y aura accès à partir de ses bureaux, qui seront, eux aussi, situés à proximité.
De l’autre côté du secteur municipal se trouve certains bureaux locatifs qui serviront à des organismes comme le Club des 50 ans et plus, aux côtés desquels se trouve le bureau du département socio-économique, ainsi que la salle des familles, à proximité d’une grande toilette.
« Pour le volet communautaire, une fois dans le hall, il y a un vestiaire d’entrée. Le grand espace rectangle correspond à la salle communautaire à proprement dit, avec une scène. Les locaux au milieu serviront principalement au rangement et au dépôt, à l’exception de l’espace réservé pour la cuisine, qui pourra servir à plusieurs salles en même temps », a mentionné monsieur St-Hilaire.
Il a confirmé que la grande salle communautaire pourrait se diviser en trois salles, selon les besoins.
« La scène s’élèvera à environ 1,1 mètre plus haut que le niveau de la salle communautaire. Nous avons donc prévu une rampe d’accès pour les personnes à mobilité réduite, qui leur permettra de monter sur scène sans problème. »
Aux abords de cette même scène se trouvent deux loges, ainsi qu’un salon vert qui servira d’espace de détente aux artistes.
« Il pourrait aussi se transformer en une grande loge, dans l’éventualité où une troupe de plusieurs artistes serait en spectacle à la salle. Une toilette et une douche adaptée sont aussi aménagées dans ces environs, en plus d’un débarcadère derrière la scène. »
En combien de temps?
Du côté des échéanciers, l’architecte associé chez PROULXSAVARD, Hugues St-Hilaire, a présenté un calendrier en précisant que les dates qui y sont projetées sont à prendre sous toutes réserves, puisque certaines dépendent du ministère.
« En ce qui nous concerne, nous avons terminé nos plans à 100 % pour approbation. La prochaine étape est vraiment de partir en soumission pour les entrepreneurs généraux. »
Il indique que le consortium s’attend à recevoir le prix d’un entrepreneur général d’ici peut-être deux mois.
« Il y aura ensuite une autre période d’attente au ministère, qui peut varier entre 90 jours à 120 jours. On se souhaite que les travaux débutent vers septembre ou octobre. Ensuite, on prévoit environ 14 mois de construction pour le bâtiment, si tout va bien, ce qui nous mènerait à une complétion en décembre 2027, voire février 2028. »
À quel prix?
Le directeur général, greffier-trésorier à la municipalité de Sayabec, Joël Charest, a quant à lui présenté ce qui permettrait d’établir les coûts d’un tel projet pour Sayabec.
« Le projet est subventionné et est divisé en deux sections. La section centre communautaire est subventionnée par le PRACIM à 83 % au niveau des coûts, tandis que le volet hôtel de ville est subventionné à 78 % de ses coûts. »
Pourquoi l’écart entre les deux? Grâce à une entente intermunicipale avec Saint-Noël, qui n’a pas de centre communautaire désigné.
« Ça fait en sorte que le centre communautaire de Sayabec va aussi desservir les citoyens de Saint-Noël, ce qui nous permet d’aller chercher un 5 % de subvention de plus. »

Le reste concerne la mise de fonds, c’est-à-dire ce qui sera à la charge des contribuables.
« Dans le scénario actuel, si on faisait juste ajouter de la dette sur une dette existante, ça représenterait un montant de 242 $ par compte de taxe, en moyenne. »
Il expliquait cependant que la gestion de la dette à long terme permettrait de passer d’un impact de 242 $ par année sur le compte de taxes, à un impact de plutôt 28,30 $ par année, en moyenne.
« Le fait que plusieurs emprunts auront fini d’être remboursés dans les prochaines années va nous permettre d’avoir la marche de manœuvre nécessaire pour prévoir l’emprunt du complexe municipal, de l’amortir dans un scénario catastrophe à 35 ans, mais on préférerait 25 ans. »
Le montant global du projet, soit le montant le plus élevé que la municipalité est prête à payer n’a pas pu être révélé lors de l’assemblée, afin de conserver un processus d’appel d’offre le plus neutre possible.
« Lundi soir (8 juin) un règlement d’emprunt sera déposé. Vous aurez alors le montant global du projet dans son ensemble, dans un scénario extrême, à la limite de notre capacité de payer, avec les chiffres que nous avons aujourd’hui », expliquait monsieur Charest aux personnes présentes le 2 juin.
Sachant que les appels d’offres seraient lancés quelques jours après la tenue de l’assemblée, mais que la séance du conseil, au cours de laquelle serait soumis le projet de règlement d’emprunt, aurait lieu avant la parution de l’article prévue pour le 10 juin, il a été possible d’apprendre que le total du règlement d’emprunt sera de 15 161 997 $.
Pourquoi « complexe municipal » ?
Lors de l’assemblée publique de consultation, le maire de Sayabec, Lorenzo Ouellet, a précisé pourquoi l’administration municipale s’était tournée vers l’expression « complexe municipal » afin de désigner le bâtiment qui remplacerait le centre communautaire après sa destruction en 2023.
Il a d’abord expliqué que les différents espaces qui composeraient le bâtiment, soit le centre communautaire, l’hôtel de ville et l’Espace Famille, conserveraient leur identité propre, avec leur vocation et leur nom distinct.
« L’expression ” complexe municipal ” ne vise pas à remplacer ces appellations. Elle sert plutôt à désigner l’ensemble immobilier qui regroupera plusieurs services et fonctions municipales sous un même toit », a indiqué monsieur Ouellet.

Il a mentionné qu’il s’agissait d’une terminologie couramment utilisée pour décrire un bâtiment multifonctionnel, qui accueille différents usages au bénéfice d’une population.
Il a aussi soulevé que ce choix avait été fait pour éviter de devoir faire référence au centre communautaire, situé dans le complexe communautaire de Sayabec, ce qui, selon lui, aurait été redondant et mélangeant.
« Le terme ” municipal ” reflète donc mieux la réalité du projet. Il s’agit d’un équipement appartenant à la municipalité, regroupant plusieurs services destinés à l’ensemble de la communauté. »
Le maire a terminé sa parenthèse sur le sujet en concluant que le nom du projet n’était pas son aspect le plus important.
« Ce qui importe le plus, ce n’est pas tellement le nom de l’ensemble, mais bien les services qui y seront offerts et les bénéfices qu’il apportera à la population pour les décennies à venir. »

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