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Bar rayé : Québec est prêt mais Ottawa niaise

Le ministère responsable de la Faune pourrait instaurer dans l'ouest de la province.
L’abondance du bar rayé se constate partout dans le fleuve Saint-Laurent. (Photo courtoisie)

Le ministère responsable de la Faune est prêt et il pourrait instaurer la pêche sportive du bar rayé, sur les deux rives du fleuve Saint-Laurent, à l’ouest de la ligne imaginaire entre Rimouski et Forestville, alors que celle-ci n’est permise qu’à l’est.

C’est ce que soutient le biologiste de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP), Michel Baril, lors d’une récente entrevue radiophonique à l’émission hebdomadaire « Rendez-Vous Na-ture ».

« C’est ce que tout le monde espère. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) n’est pas décisionnel et il a une foule d’espèces à analyser en raison notamment des changements climatiques. C’est le gouvernement fédéral qui s’occupe de la gestion des pêches et qui tarde ou retarde la décision. Ottawa est immobile dans ce dossier et de mauvaise foi », croit Michel Baril.

L’abondance du bar rayé se constate partout dans le fleuve, et même jusqu’au Saguenay.

« Si le gouvernement fédéral nous permettait d’ouvrir la pêche, dans un court délai, on pourrait instaurer la pêche de cette espèce, avec le ministère et la FédéCP, et se donner des mesures de protection et une réglementation pour protéger les populations de bars. Tout est en place et selon des indicateurs annuels, on pourrait ajuster des modalités de pêche. Mais pour y arrive, il faut absolument qu’Ottawa « dédouane » le bar rayé et qu’il le sorte des espèces en péril. Et comme au Québec on a une délégation de gestion, on se ferait confier celle du bar », affirme le scientifique de la FédéCP.

Les faits

Rappelons que c’est en juin 2001, à la suite du désir de la FédéCP de redonner le bar rayé au fleuve Saint-Laurent d’origine, afin que les amateurs puissent profiter d’une nouvelle pêche de loisir.

L’espèce fut jadis abondante, mais elle a dis-paru en raison d’une surexploitation commerciale de 50 tonnes et la pollution du fleuve.

« Déjà dans les années 1950 on malmenait notre fleuve. On faisait des infrastructures le long des berges », prelate Michel Baril. Puis avec le dragage de la voie maritime du Saint-Laurent, les populations de bars rayés devaient se concentrer entre le lac Saint-Pierre et Kamouraska. Coincés dans ce secteur, les bars devenaient facilement accessibles. La surexploitation devait l’éliminer complètement dans les années 1960.

Pas de retour en arrière

Mais vers la fin des années 1990, l’état du fleuve s’étant nettement amélioré, il n’y avait plus lieu de croire à un retour en arrière, et les raisons de son élimination étaient improbables.

Tous les espoirs étaient permis. De là est né le projet ambitieux de réintroduire le bar rayé. Donc, en juin 2001, un comité a de scientifiques a déposé un plan d’action, pour ensemencer 34 millions de larves de géniteurs provenant de la rivière Miramichi, où on y a déjà dénombré 900 000 bars.

Le biologiste de la FédéCP, Michel Baril (Photo courtoisie)

Puis un an plus tard, le 22 juillet 2002, quelque 2 200 juvéniles ont été cap-turés dans la même rivière et ensemencés dans des secteurs précis du fleuve, comme à Saint-Jean-Port-Joli et l’Isle-Verte.

Les ensemencements ont rapidement donné des résultats positifs. Et la pêche légale fut permise, mais avec prudence et pas partout, de la Baie-des-Chaleurs à Cap-Gaspé.

Expansion rapide

L’expansion s’est poursuivie en mode accélérée. Depuis 2017, des bars rayés sont observés du côté Nord de la Gaspésie, au Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord. Tous originaires de la rivière Miramichi.

La pêche sportive pouvait y être pratiquée, mais limitée jusqu’à une ligne imaginaire traversant le fleuve entre Forestville et Rimouski vers l’ouest jusqu’à Rivière-Hâtée.

À l’ouest de cette ligne, la pêche est toujours interdite. Parce qu’à partir de là, ce sont des bars Québécois. On ne connaît pas son abondance.

Le COSEPAC estime toujours que la population de bars du Saint-Laurent est encore en péril, même si les captures abondent et les nombreuses remises à l’eau sont obligatoires.

Pour l’organisme, les bars de la nouvelle génération font encore partie de la population qui fut surexploitée dans les années 1960… L’année 2026 devrait être une année de la grande décision.

Comme la pêche sportive est en cours depuis le 15 mai, la décision du fédéral serait donc remise en 2027.

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