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Québec 2026 : les forestiers privés veulent se faire entendre

Trois grandes demandes aux différentes formations politiques
Le directeur et le président du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, Stéphane Forest et Michel Lepage. (Photo Le Soir.ca- Alexandre D’Astous)

Les propriétaires de forêts privées du Bas-Saint-Laurent veulent se faire entendre lors de la campagne électorale provinciale à propos de trois grandes demandes qu’ils formulent aux différentes formations politiques.

En entrevue avec Le Soir.ca, le président et le directeur général du Syndicat des producteurs forestiers du Bas-Saint-Laurent, Michel Lepage et Stéphane Forest, ont ciblé trois enjeux particulièrement urgents pour permettre aux propriétaires forestiers de la région de continuer à contribuer à l’économie régionale, malgré la crise forestière.

Ils déplorent que des mesures favorisent l’utilisation du bois de la forêt publique.

« Notre principale demande, c’est la protection de l’accès aux marchés du bois de la forêt privée qui a été délaissée au cours des dernières années et qui nous fait mal. Nous vivons une concurrence déloyale de l’État qui favorise l’approvisionnement des usines en bois de la forêt publique avec des prix et des règles d’attribution facilitantes pour les industriels. Notre forêt privée, qui représente 45% du territoire forestier de la région, permettrait d’approvisionner davantage nos usines », assure le président.

Le syndicat demande aux candidats des divers partis politiques d’assurer un accès prioritaire et équitable aux marchés pour la forêt privée en ajustant l’offre de bois issu des forêts publiques en fonction des fluctuations du marché et lors de catastrophes naturelles.

« En fait, on demande l’application du principe de la résidualité inscrit dans la loi qui prévoit que le bois de la forêt publique vient en complément à l’approvisionnement de la forêt privée et non l’inverse. C’est écrit dans la loi depuis 1986, mais depuis trois ans, ça n’a jamais été aussi peu respecté. Il y a eu des aléas climatiques et l’État a choisi de vendre son bois aux usines à plus faible coût. Les usines continuent à rouler, mais nous on vend des milliers de mètres cubes de moins. On demande un accès équitable au marché », explique monsieur Forest.

Le marché du carbone

Le Syndicat demande de simplifier les protocoles gouvernementaux afin de permettre un accès rentable au marché du carbone, de contrer la fuite de capitaux vers les États-Unis et de renforcer ainsi les communautés forestières.

« Au Bas-Saint-Laurent, 14 000 hectares de plantation d’arbres sont admissibles au marché du carbone Québec-Californie, ce qui représenterait un revenu de 6,6 M$. Or, le protocole du gouvernement du Québec pour vendre des crédits est si complexe et coûteux qu’aucun propriétaire ne participe. Pendant ce temps, les entreprises québécoises achètent annuellement environ 80 M$ de crédits compensatoires issus de projets forestiers aux États-Unis, faute d’alternatives québécoises », déplore Michel Lepage.

La troisième demande du Syndicat touche les incohérences réglementaires qui affectent les propriétaires privés et qui créent une concurrence déloyale avec la forêt publique.

« Nous sommes soumis à trop de règles, qui se superposent souvent entre le provincial et le municipal. La réglementation est très variable d’une municipalité à l’autre. On nous impose des exigences sans tenir compte des coûts engendrés et souvent les règlements municipaux sont incompatibles avec les normes provinciales reconnues pour l’aménagement durable des forêts. On demande une harmonisation des règles à l’échelle des MRC, comme proposé dans le projet de loi 97. Il y a des municipalités où il est impossible de couper un arbre », affirme monsieur Lepage.

Envoi de cartes postales

Une campagne d’envoi de cartes postales aux maires et aux candidats des différents partis a été lancée jeudi dernier, jour du déclenchement officiel de la campagne électorale. Ces cartes résument les demandes des propriétaires de boisés privés.

« Nous avons demandé une rencontre avec les candidats de la région. Tout le monde se cache en ce moment dans le dossier de la forêt. Il semble que ce soit très complexe de venir nous rencontrer. Plusieurs candidats ont répondu que c’était une question nationale et qu’ils refileraient l’information à leur parti. Seuls les candidats du Parti Québécois ont démontré une ouverture pour nous rencontrer pour le moment. Nous avons de peine et de misère obtenu une rencontre avec la ministre sortante Amélie Dionne pour la semaine prochaine. On espère qu’elle va se tenir », mentionnait monsieur Forest, le 26 août dernier.

Selon le Syndicat, la forêt privée au Bas-Saint-Laurent représente 635 M$ en valeur générale des bois transformée, 120 M$ en revenus d’aménagement et de récoltes, 2 162 emplois à temps complet et une superficie forestière de 814 100 hectares. En 2025, 1 246 400 mètres cubes de bois rond ont été acheminés à l’industrie forestière.

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