L’orignal par temps très chaud : un tir, un chien !
Mot d’ordre aux chasseurs d’orignaux au cours d’une chaude saison de récolte
« Un tir, un chien », tel est le mot d’ordre aux chasseurs d’orignaux par temps très chaud lors d’une saison de récolte qui débute tôt, comme le 1er septembre dans la réserve faunique de Rimouski, avec des températures élevées jusqu’en octobre, alors pas de temps à perdre.
Donald Canuel est conducteur de chien de sang depuis six ans. Il effectue seul les recherches du grand gibier dans cette réserve depuis trois ans, avec ses indispensables partenaires canins, un Teckel et un Rouge de Hanovre. Il est aidé du coordonnateur de la réserve, Luc Desjardins.
La chaleur limite les déplacements tant des chasseurs, de l’orignal que du conducteur.
Celui-ci et son chien, dans leur quête du gibier atteint, doivent travailler en accéléré pour retrouver l’animal ciblé avant que la température élevée mine la venaison, au risque de la perdre.
« Au prix que ça coûte, faut agir rapidement. Si le chasseur ne trouve pas d’indice, il doit m’appeler immédiatement pour un contrôle de tir, à savoir la distance entre le chasseur et le gibier, l’impact possible sur la bête, son comportement et confirmer si c’est un tir manqué. Mais s’il y la présence de sang, je passe en mode recherche. Et on continue tant que mon chien poursuit la traque ».
En temps normal, l’attente peut être d’une heure ou plus avant de lancer la recherche. Est-ce que le chien est impacté par la chaleur ?
« Lorsque c’est frais, les odeurs de gibier restent au sol. Quand il fait chaud, les émanations montent et retombent avec la fraîcheur et le chien sent les feuilles, les branches et le sang. La chaleur ne le dérange absolument pas. La température est plus fraîche au sol. Mais il doit être hydratée souvent. Au passage, le chien de sang s’abreuve dans des cours d’eau ».
Tout faire pour trouver le gibier
Après le tir, on demande aux chasseurs d’aller voir où le gibier a été atteint, et de bien marquer cet endroit.
« À partir de là, je suis capable de déterminer à 90 % le type de blessure. Dans la réserve, les chasseurs sont déjà sensibilisés à bouger rapidement et d’appeler au poste d’accueil du lac Rimouski ou Saint-Narcisse », explique le conducteur Canuel.
Avec les nouvelles technologies de communication, comme Starlink, il est rejoignable en tout temps, en plus des radios mobiles fournis par la SÉPAQ. Les situations les plus difficiles surviennent lors-qu’un orignal est ciblé très tôt et que la recherche s’effectue dans la chaleur du jour. Le chasseur doit tout faire pour ramener son gibier aux chambres froides.

« C’est souvent là que ça se joue. Si ça prend six à sept heures à « sortir » l’orignal de la forêt, même éviscéré, si la « bosse » du dos n’est pas ouverte en étoile, il risque de chauffer et ça devient problématique pour la venaison ».
En 2025, Donald Canuel a retrouvé les orignaux de 22 groupes de chasseurs dans la réserve Rimouski, en plus de sept contrôles de tir et trois « sorties » au Nouveau-Brunswick, où il est interdit de récupérer une bête provenant du Québec.
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