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Simon Minville : courir 48 km avec un équipement de football

En hommage à son ex-entraîneur Éric Avon
Ceux qui attendaient Simon Minville au fil d’arrivé. (Photo courtoisie)

Le Rimouskois Simon Minville s’est donné tout un défi dans le cadre du Marathon de Rimouski, qui s’est tenu le 13 septembre. Au lieu de faire les 42,2 kilomètres, il en a parcouru 48 avec son équipement de football en hommage à son ex-entraîneur avec les Pionniers du Cégep de Rimouski, Éric Avon.

Les 48 kilomètres correspondent à l’âge de monsieur Avon, au moment de son décès en novembre dernier.

« Ça a été vraiment plus difficile que je pensais. J’avais déjà fait un marathon en 2023 et j’avais réussi malgré seulement un mois de préparation. Cette année, j’ai commencé à courir au printemps. Je me disais que six kilomètres de plus ce serait correct, mais le plus difficile a été la déshydratation. L’équipement de football ne respire pas », dit-il.

Dès qu’il a commencé à courir, l’athlète a compris l’ampleur du défi qui l’attendait. Il a finalement réussi l’exploit en 5 heures 25 minutes après avoir pensé abandonner à quelques reprises. Le poids de son équipement représentait environ 15 livres.

Simon Minville avec ses parents, Nadia Gérard et Pierre Minville, ainsi que sa soeur Laurence Minville. (Photo courtoisie)

« J’ai eu deux murs. Au 21e kilomètre, au lieu de revenir sur mes pas, j’ai continué pour faire les six kilomètres de plus. Il n’y avait pas de point de ravitaillement, j’étais seul et je n’avais plus d’eau. C’était la première fois de ma vie que j’avais envie d’abandonner dans ma tête, mais j’ai fait un pas à la fois. »

L’autre partie plus difficile a été pour les six derniers kilomètres. Rendu à Pointe-au-Père, il venait de franchir les 42 kilomètres du marathon, mais devait continuer.

« Je n’étais plus capable de courir, mais je me suis rappelé que mon père et ma sœur m’attendaient pour courir le dernier kilomètre. Je me suis dit que je ne pouvais pas lâcher. C’était très émotif de voir tout le monde qui était là quand je suis arrivé. J’aime beaucoup me lancer des défis, mais je n’en avais jamais eu un comme ça », souligne-t-il.

En réalisant cet exploit, Simon Minville a voulu démontrer que la persévérance permet de réaliser ses objectifs.

Simon Minville à la suite de son exploit. (Photo courtoisie)

« Je voulais me rendre au point de perdre espoir et prouver que même dans cet état, tu vas te rendre à la ligne d’arrivée si tu continues d’avancer. À la fin, quand mes proches ont couru avec moi, j’avais les yeux pleins d’eau parce que je trouvais que c’était un symbole assez fort de démontrer que c’est important de bien s’entourer jusqu’à la fin. »

L’influence d’Éric Avon

Le Rimouskois a tenu à réaliser ce défi cette année étant donné que l’équipe de football des Pionniers célèbre son 25e anniversaire cette année et qu’il s’agissait du premier Marathon de Rimouski depuis qu’Éric Avon s’est enlevé la vie.

« J’ai eu des moments difficiles dans ma vie, mais pas autant que certains. Il y a des gens que je connais qui sont en dépression. J’ai voulu leur démontrer que je comprends ce qu’ils vivent et qu’ils peuvent s’en sortir même si ce n’est pas facile. Ma plus grande fierté est de ne pas avoir abandonné même si j’ai eu l’idée de le faire », indique-t-il.

Simon Minville entouré des proches d’Éric Avon, son fils Émile, sa conjointe Marie-Claude Fournier et son ami Jocelyn Pelletier. (Photo courtoisie)

Originaire de Gaspé, l’homme de 26 ans a joué pour les Pionniers de 2017 à 2019. Après des études à l’extérieur, il a choisi de s’établir à Rimouski. Éric Avon a été un exemple significatif pour lui.

« J’ai passé presque trois ans à le voir tous les jours. Il m’a appris la discipline, la résilience et le perfectionnement. Il connaissait notre potentiel. J’avais écrit Till the end sur mon bras parce qu’il nous disait souvent de nous battre jusqu’à la fin qu’on gagne ou qu’on perde. Je vis encore de ça aujourd’hui. Il y a des milliers de jeunes qui ne seraient peut-être pas où ils sont présentement sans lui. »

Simon Minville a tenu à souligner l’importance de tous les encouragements qu’il a reçus pendant le parcours, autant de la part des autres coureurs que des bénévoles.

« Un mini geste dans une journée peut carrément changer la vie d’une personne. Tu peux l’aider à faire un petit pas de plus », conclut-il.

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