Prolongement de la 20 : Québec n’aurait pas les moyens
Le Parti québécois pourrait ne pas respecter sa promesse électorale
Le nouveau gouvernement péquiste pourrait abandonner le prolongement de l’autoroute 20 entre Notre-Dame-des-Neiges et Rimouski qu’il a promis en campagne, car l’État manque déjà affreusement de moyens pour entretenir son réseau existant, conclut un rapport d’experts.
Un reportage du journaliste Olivier Faucher du Journal de Québec nous apprend que ce rapport annuel, datant de janvier, a été rendu public au cours des derniers jours.
Écrit par les experts Sylvain Beaudry, François Chapdelaine et Louis Lévesque, le document expose que le déficit du maintien des actifs du réseau routier de 2017 à 2025 est passé de 12,8 milliards $ à 22,5 milliards $.
Selon le Journal de Québec, cette dette représente le coût des travaux qui auraient dû être faits pour maintenir les infrastructures en bon état.
Oublions les nouveaux projets
Leur document cite, entre autres, deux projets que le Parti Québécois a promis de réaliser en campagne électorale, soit le prolongement de l’autoroute 20 entre Notre-Dame-des-Neiges et Rimouski ainsi que celui du pont de 4,3 milliards de dollars reliant Charlevoix à la Côte-Nord pour remplacer le traversier sur la rivière Saguenay.
Les spécialistes citent aussi le projet de troisième lien entre Québec et Lévis, surtout porté par les gouvernements précédents de la Coalition avenir Québec, sans s’être concrétisé.

« Les informations à la disposition du comité lui démontrent […] clairement que le Québec ne dispose pas des ressources nécessaires pour lancer de nouveaux grands projets d’infrastructures routières sans entraîner une accélération de la dégradation des actifs existants du réseau routiers », écrivent-ils.
Le comité critique aussi que certaines considérations qui justifieraient ces grands projets sont « largement absentes » du débat public, à savoir, notamment, l’analyse des déplacements des usagers et la variation projetée de la population dans les régions desservies.
Baisse des budgets
Si le gouvernement a récemment haussé le budget d’entretien annuel d’environ 1 G$, les montants prévus à partir de 2028 jusqu’à 2034 ont été revus à la baisse, ce qui promet « d’accélérer » la dégradation actuelle, s’inquiètent les experts.
« Le mauvais état des structures routières au Québec est le résultat d’un cumul de facteurs : vieillissement accéléré, entretien déficient, méthodes de gestion perfectibles, et défis climatiques sévères », explique le rapport.
Le Comité pour la finalisation de l’autoroute 20 a déploré que le parachèvement du tronçon entre Notre-Dame-des-Neiges et Rimouski n’ait pas été mentionné par le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon, mercredi, lors de la présentation du nouveau ministre des Transports et de la Mobilité durable, Nicolas Girard.

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