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Elle danse avec les renards

L’amour des animaux et de la nature peut mener loin, comme en témoigne Émilie Bouchard. (Photomontage: photos courtoisie Émilie Bouchard)

La scientifique qui a mérité une bourse de 50 000 $ de la The W. Garfield Weston Foundation, Émilie Bouchard nourrit une grande passion pour les renards, les lynx, la nordicité et les Inuits.

La doctorante en microbiologie vétérinaire de l’Université de la Saskatchewan a fait l’objet d’une récente publication par le journal le soir pour avoir mérité cette bourse et elle a été elle-même étonnée de l’intérêt qu’a suscité cette nouvelle. Si bien que l’auteur de ces lignes l’a jointe pour en apprendre davantage.

Excellence

Cette bourse souligne l’excellence de son parcours universitaire et de ses travaux de recherche dans les communautés nordiques. Après des études en médecine vétérinaire à Saint-Hyacinthe, son travail de recherche pour le doctorat porte sur la transmission du parasite Toxoplasma gondii chez le renard et le lynx, dans le Nord canadien. Elle se concentre plus particulièrement dans le Nord du Québec, au Nunavik.

Pratiques traditionnelles

« L’exposition au parasite est très élevée dans les communautés inuites, comparativement au reste du Canada. La consommation de viande crue qui est très importante traditionnellement serait l’hypothèse la plus plausible d’infection (qui cause des encéphalites). J’analyse le cœur et le cerveau des renards et des lynx qui ont été trappés afin de déterminer la prévalence d’infection. Ça va me permettre de mieux connaître où sont les zones plus à risques, puisque le renard va également manger de la viande crue, du caribou ou des oies, par exemple », explique-t-elle.

Prévention

Il y a également un aspect social à sa démarche.  « Je collabore beaucoup avec les communautés inuites, et voyage souvent dans le Nord afin de partager mes résultats et aussi pour faire de la prévention. On met surtout en garde les femmes enceintes. Donc, je leur explique pourquoi il faut bien cuire la viande et bien la congeler pour quelques jours, afin de tuer le parasite. »

Changements climatiques

« On essaie aussi de voir quels sont les effets que Toxoplasma pourrait avoir sur la faune sauvage, en lien avec les changements climatiques qui pourrait affecter la transmission du parasite. Donc il y a quand même un bon aspect de santé publique et aussi santé de la faune sauvage dans mon projet. »

« Ce matin, je travaille en laboratoire, à Saint-Hyacinthe. La partie « terrain » de ma recherche est pas mal complétée. Je vais encore quand même un peu dans le Nord. J’irai bientôt au Labrador faire des nécropsies. J’ai toujours été très intéressée par la recherche. Je suis allée en Saskatchewan parce qu’il y a plus de recherche en faune. Je n’ai jamais vraiment été intéressée par la pratique. Mon premier projet de recherche était au Nunavut et c’est là que j’ai touchée par l’arctique, en 2012. Je me promène. Je voyage d’une université à l’autre », raconte aussi la Louperivoise.

À Rimouski?

Dans deux ans, après son doctorat, Émilie ignore encore quelle direction elle prendra. Ce sera peut-être vers l’Université du Québec à Rimouski qui a un programme de biologie sur la nordicité.

« Il y a bien des avenues. L’UQAR fait beaucoup de recherches dans le Nord. J’ai déjà collaboré avec des chercheurs de Rimouski. Ça reste une option. Je suis ouverte. J’aimerais être au Québec mais ça ne veut pas dire que je ne regarderai pas ailleurs. J’aime ça travailler en multidisciplinaire. Beaucoup de choses m’intéressent, même l’intervention sociale auprès des communautés », conclut-elle.

Nécropsie en cours. (Photo: courtoisie Émilie Bouchard)
Un renard roux qui a croisé la route d’Émilie. (Photo: courtoisie Émilie Bouchard)
Un renard arctique observé par Émilie. (Photo: courtoisie Émilie Bouchard)
Photo d’Émilie Bouchard prise à Karrak Lake, Nunavut, lors de la saison de terrain pour la capture et relâche de renards arctiques. (Photo: Marie-Christine Frenette)
Travail de laboratoire. (Photo: courtoisie, Émilie Bouchard)

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