29.11.2020
Actualités Après 30 ans de stagnation, la Société des alcools est performante

Après 30 ans de stagnation, la Société des alcools est performante

Non seulement la Société des alcools du Québec (SAQ) a amélioré sa productivité depuis 2016 mais les gains réalisés lui permettent de maintenir la valeur réelle du dividende qu’elle verse chaque année au gouvernement tout en proposant de meilleurs prix à ses clients, conclut un rapport dévoilé aujourd’hui par le Centre sur la productivité et la prospérité – Fondation Walter J. Somers (CPP).

« Cette analyse se veut une mise à jour d’une étude que nous avions réalisée en 2016 et qui révélait que la performance de la société d’État stagnait depuis près de 30 ans. Il semble donc que les nouvelles stratégies mises de l’avant par la SAQ aient porté leurs fruits », déclare Robert Gagné, directeur du CPP et coauteur de l’étude.

Ainsi, depuis 2015, la productivité du travail de la SAQ a augmenté de 1,9 % par année, un rythme de croissance nettement supérieur à celui observé en moyenne dans l’économie québécoise au cours de la même période (0,59 % par année). Grâce aux gains de productivité réalisés, la société d’État est même parvenue à surpasser le sommet de productivité atteint en 1989.

Des innovations payantes
Ces gains de productivité sont notamment attribuables au virage technologique entrepris par la SAQ en 2015. Rappelons que la société d’État avait alors proposé deux innovations marketing : les programmes SAQ Inspire et Cliquez, achetez et ramassez. En combinant l’achat en ligne et la personnalisation de l’expérience client à son offre traditionnelle, la SAQ a vraisemblablement répondu aux nouvelles exigences du marché. Au cours des années financières 2017-2018 et 2018-2019, le nombre moyen de litres vendus par succursale s’est ainsi accru d’environ 3,1 % par année, une croissance trois fois plus rapide que celle observée en moyenne entre les exercices 2011-2012 et 2016-2017.

« Toutefois, les gains de productivité enregistrés entre 2016 et 2018 résultent avant tout d’un effort de rationalisation », notent les chercheurs. Selon les rapports annuels de la société, la SAQ a procédé à un exercice de rationalisation qui a réduit le nombre d’employés équivalent temps complet de 7,6 % au cours de cette période. En misant sur les gains de productivité dégagés par le biais d’une réduction de ses effectifs, et en bénéficiant d’une augmentation de son volume de ventes, la SAQ est parvenue à financer les baisses de prix proposées aux consommateurs en 2017 sans compromettre la valeur réelle du dividende versé au gouvernement du Québec.

« Si ces résultats laissent présager que la SAQ est désormais consciente des enjeux de productivité qui sous-tendent ses activités, ils soulignent également l’importance d’assurer un contrôle plus serré de la performance de la société d’État. Comme elle ne pourra pas compter indéfiniment sur les retombées d’une rationalisation pour dégager des gains de productivité, un suivi périodique devient alors nécessaire si on souhaite s’assurer que le Québec dégage le plein potentiel de la commercialisation de l’alcool », conclut Robert Gagné.

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