20.09.2020
Nouvelle de 17 h Carnage dans l’industrie du voyage

Carnage dans l’industrie du voyage

- Annick DeCourval partage ses réflexions

Frappée de plein fouet par la pandémie, l’industrie de l’aviation commerciale subit sa pire crise de toute son histoire. Hier, le président-directeur général d’Air Canada,  Calin Rovinescu, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère afin d’illustrer la situation : « Il s’agit de la période la plus sombre de notre histoire. Aucun adjectif ne peut qualifier l’impact cataclysmique sur notre industrie» a-t-il pris soin de préciser.

Des pertes énormes

Monsieur Rovinescu a indiqué qu’Air Canada avait perdu plus de 1 milliard de dollars au premier trimestre de 2020 : «  Nous prévoyons actuellement qu’il faudra au moins trois ans pour revenir aux statistiques de 2019 en ce qui a trait aux revenus et aussi à retrouver notre pleine capacité de volume de voyageurs ». Selon lui, les résultats du premier trimestre traduisent la gravité et la brutalité de l’impact qu’a eu la pandémie de COVID-19 sur Air Canada.

L’impact sur une agence de voyages

L’effet désastreux que cette crise pandémique a pu avoir sur les agences de voyages depuis le mois de mars est facilement imaginable mais cela relève presque du surréel. Pour mieux comprendre la situation, le journal le soir a contacté Annick DeCourval, propriétaire de l’agence de voyages, Club Voyages Inter-Monde. « Ce n’est pas compliqué, notre industrie est tombée à plat du jour au lendemain. Pour beaucoup d’entreprises, gérer la déstructuration de ses affaires, c’est déjà beaucoup. Mais, pour nous, il fallait aussi gérer une 2e crise en simultané, soit le rapatriement de nos clients et la gestion de tous les annulations et déplacements de voyage ».

Gérer des clients éparpillés dans le monde

L’agence de voyages rimouskoise avait des clients un peu partout dans le monde qui voulait revenir dès le 13 mars 2020, soit le jour même de l’annonce du gouvernement canadien qui émettait un avertissement officiel aux voyageurs internationaux d’envisager des arrangements pour un retour immédiat : « Ce furent des moments de confusion incroyable, nous émettions de nouveaux billets pour nos clients et les pays fermaient les aéroports au trafic commercial en même temps. Les clients nous rappelaient et perdaient patience. Pourtant, nous avions les mains liées, nous ne pouvions pas avoir de lignes d’appel avec Air Transat ou Sunwing. À un certain moment, nous sommes restés en attente pendant 12 heures sans avoir de réponses. On a appris qu’au plus fort de la crise, qu’il y avait parfois plus de 5000 lignes en attente chez Air Transat », s’exclame-t-elle.

Passer par une base militaire

Madame DeCourval et son équipe ont dû parfois faire preuve d’imagination et de persévérance : « J’avais des clients abandonnés aux Philippines et tous les vols commerciaux étaient annulés. On a dû faire preuve d’ingéniosité pour les sortir de là. Des clients sont partis d’une base militaire aux Philippines  pour transiter vers la Thaïlande puis la Corée du Sud et ensuite aux États-Unis avant de revenir chez nous. Des histoires incroyables où l’on devait parfois même mettre nos clients à contribution pour trouver des solutions », poursuit-elle.

Profitez des personnes que vous aimez

La propriétaire de Club Voyages Inter-Monde est la première à reconnaître que les temps sont très difficiles : « Heureusement, notre agence a eu un certain succès depuis nos débuts, mais là nous empiétons sur nos acquis. Mais, j’ai vraiment confiance que l’automne et le froid pourront être le signal d’une certaine reprise, les gens aiment voyager. Évidemment, certaines choses changeront, dans le sud, on peut penser que les buffets vont disparaître et que l’on proposera des repas à la carte. Les compagnies aériennes auront leurs exigences aussi. Peu importe, je sais que je vais survivre». La crise de la COVID-19 est un moment pour philosopher et madame Annick DeCourval n’est pas en reste : « Profitez des personnes que vous aimez, exprimez-leur votre amour. Dans mon cas, je dis à mes clients, soyez patients, je vous aime », conclut-elle avec optimisme.

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