29.09.2020
Nouvelle de 17 h Un Gabriélois dans le plus grand festival d'animation au monde

Un Gabriélois dans le plus grand festival d’animation au monde

Jean-François Lévesque présente « Moi Barnabé », à Annecy

Un fils de la municipalité de Saint-Gabriel, dans La Mitis, le réalisateur Jean-François Lévesque, a l’honneur de voir son œuvre cinématographique, « Moi, Barnabé », être inscrite au Festival du film d’animation d’Annecy.

Pour la première fois, le festival est disponible en ligne au Québec et au Canada (moyennant l’achat d’une accréditation). Le film a été sélectionné en compétition et en première mondiale pour le Festival d’Annecy, le plus prestigieux festival d’animation au monde.

Le film est une production de l’Office national du film (ONF) avec la participation d’ARTE France.

Deuxième film de Jean-François Lévesque avec l’ONF après «Le nœud cravate», présenté au Carrousel international du film de Rimouski, « Moi, Barnabé » pose un regard à la fois lumineux et profond sur la crise existentielle d’un homme. Cherchant d’abord à noyer son angoisse dans l’alcool, Barnabé fait une expérience métaphysique lui permettant de trouver enfin sa place dans l’univers.

Spectaculaire arsenal

Afin de raconter de façon dynamique cette introspection, le cinéaste déploie un spectaculaire arsenal technique qui lui permet de donner vie au personnage et à son fantôme, atteignant un exceptionnel niveau de raffinement visuel dans la création des marionnettes et des décors.

Entre le rêve et la réalité, la conscience et le délire, la vie et la mort, le film parvient à illustrer la quête spirituelle d’un individu. Par sa mise en scène éclatante et sa fin pleine d’espoir, « Moi, Barnabé », devient le vibrant récit d’une illumination.

Parcours

Né à Saint-Gabriel-de-Rimouski en 1978, Jean-François Lévesque étudie l’animation traditionnelle au Capilano College de Vancouver. Après ses études, il est embauché par Atomic Cartoons. En 2000, il s’installe à Montréal où il travaille d’abord dans le domaine de la publicité (Productions Pascal Blais), réalise un premier film indépendant (« La cigarette », 2003) et est animateur pour la série télévisée « Toupie et Binou » (Spectra Animation).

Jean-François Lévesque (Photo: courtoisie)

En octobre 2004, il remporte la 17e reprise du concours Cinéaste recherché(e) du Studio d’animation de l’ONF (Office national du film). Cette résidence de création lui permet de réaliser « Le nœud cravate » (2008), gagnant d’une quinzaine de prix, dont le Jutra du meilleur film d’animation et le prix Fabrizio Bellocchio de I Castelli Animati (Genzano, Italie). 

Choix de carrière influencé par le Carrousel

Jean-François Lévesque est le fils de deux enseignants à la retraite, Lorraine Demers et Betrand Lévesque, qui habitent Rimouski depuis un an.

« C’est sûr que des parents enseignants, ça donne un jeune qui s’intéresse à tout, entre autres aux arts et à la culture. Mes parents ont enseigné au secondaire et au primaire. Mon parcours n’est pas plus compliqué que celui de quelqu’un d’autre. On s’intéresse à un domaine quand on est jeune et on choisit sa carrière. On y étudie. Les opportunités de travail dans mon domaine sont en ville, alors j’ai dû m’installer à Montréal pour gagner ma vie », raconte Jean-François Lévesque.

« Les studios de l’ONF ont toujours été à Montréal. Comme je fais de l’animation de marionnette, c’est ici que ça se passe. J’ai été influencé par le Carrousel international du film dans mon choix de carrière. Ce qui s’est passé, c’est que j’ai participé à l’époque à un atelier qui s’appelait l’« animathon ». Ça se passait pendant une fin de semaine. On devait réaliser un court métrage d’animation. C’est là que j’ai eu la piqûre. C’était 30 secondes, en équipe. J’ai aussi eu la chance d’animer un atelier pendant le Carrousel, plus tard », rappelle monsieur Lévesque.

Industrie large

« Ça fait presque 20 ans, maintenant, que je gagne ma vie dans mon domaine. Je gagne aussi ma vie en travaillant comme sous-traitant sur d’autres films. L’industrie est assez large et requiert toutes sortes de techniques. Mais quand je travaille sur un de mes films, j’y travaille à temps complet. L’ONF agit comme producteur. Il est là pour développer les projets. On a un montant pour faire le film, puis, après, on est accompagné dans la postproduction. L’ONF distribue aussi nos films. C’est un producteur et un distributeur », précise monsieur Lévesque.

Cinq ans de travail

Il aura fallu cinq ans pour développer le projet « Moi, Barnabé » et le réaliser. « Il faut écrire le scénario et passer à une étape qui est un peu plus complète que le découpage technique (« storyboard »). On appelle ça une animatique. C’est un film construit en dessin « rush ». Quand l’histoire se tient, on construit les marionnettes et on construit les décors. Après, on tourne image par image pour animer la marionnette. Ça a pris cinq ans pour « Moi, Barnabé ». C’est un sujet un peu délicat, qui va à contre-courant (religion, spiritualité, etc). »

On peut avoir besoin de jusqu’à 200 personnes pour réaliser un film d’animation de 15 minutes.

« À l’ONF, on fait tout nous-mêmes. C’est très artisanal. Il n’y a pas de limite sur le temps qu’on peut mettre à produire un film d’animation. « Moi, Barnabé » est un exemple d’histoire qu’on a vraiment le goût de raconter. Ça parle de choses très importantes au plan personnel. C’est tout un cheminement que j’ai fait à travers la réalisation de mon film. C’est très spirituel. Il faut avoir un certain âge pour avoir connu le Québec à l’heure de la présence religieuse dans les petites communautés. J’ai grandi avec ça. Les jeunes vont découvrir des choses », confie le réalisateur.

Cliquez pour voir des extraits du film et les coulisses du tournage.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux



   

Inscrivez-vous à notre infolettre

Télécharger l'application web du journal le soir

Télécharger
×