27.10.2020
Actualités Éducation Les enseignants du Cégep de Rimouski sont à bout de patience

Les enseignants du Cégep de Rimouski sont à bout de patience

«On nous offre l’équivalent de huit enseignants pour tout le Québec»

Le Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de Rimouski (SEECR) a tenu une manifestation et une conférence de presse aujourd’hui, dans le stationnement du collège, afin de dénoncer le blocage vécu à la table de négociation, où les professeurs sont représentés par la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ).

« Si nous avons décidé de « sortir » aujourd’hui, c’est parce que c’est bloqué à la table des négociations pour le renouvellement de notre convention collective. L’employeur refuse de négocier de bonne foi. On nous dit qu’on n’a pas assez priorisé nos demandes, alors qu’on l’a fait, parce qu’on voulait poursuivre les discussions. L’employeur fait comme si nous n’avions fait aucun effort et nous demande de reculer sur nos principales revendications. Ce qui est frustrant, c’est que l’employeur dit ne pas avoir d’argent », estime le coordonnateur local, Alain Dion, précisant qu’il y a entre 250 et 280 enseignants au Cégep de Rimouski.

Lamentable

« Tout ce qu’on nous offre, ce sont 800 000 $, soit l’équivalent de huit enseignants pour toute la province. Pour régler tous les problèmes qu’on a dévoilés lors de la négociation! C’est lamentable et ce sont pourtant des complices du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur et du Conseil du trésor qui discutent avec nous. On nous demande pendant ce temps de couper nos demandes et de faire comme si on n’avait aucun besoin. La pandémie a augmenté notre tâche et on devrait accepter moins. On sentait le besoin de soutenir notre comité de négociations et pour faire connaître la situation aux citoyens », poursuit monsieur Dion.

La FEC-CSQ représente aussi les enseignants des collèges de Rivière-du-Loup, Matane et Gaspésie/Les îles-de-la-Madeleine.

Mépris et intransigeance

Pour le SEECR, l’attitude méprisante et l’intransigeance des représentantes et représentants du Comité patronal de négociation des collèges (CPNC) sont inacceptables.

Pour Alain Dion et pour le SEECR, « cette négociation imposée en pleine période de crise sanitaire est vraiment frustrante. Nous sommes confinés, sans véritable espace de mobilisation, sans rapport de force. Et la partie patronale en profite pour faire la sourde oreille et tente de se défiler de son obligation de négocier. Malgré tout, les professeurs de cégep sont mobilisés et déterminés à être respectés. Nous sortons aujourd’hui en suivant les consignes de la Santé publique, mais nous ferons tout pour être entendus. »

Une action locale qui doit résonner au national

Plus d’une cinquantaine de membres du SEECR portant le masque et le t-shirt Profs en négo se sont donc réunis dans le stationnement du Cégep de Rimouski pour dénoncer la situation et interpeller la direction du collège.

« Dès le début de la crise sanitaire, le gouvernement a décrété que l’enseignement collégial était un service essentiel, et les professeurs de cégeps se sont engagés à distance pour la réussite étudiante. Maintenant, que fera le gouvernement pour la valorisation de l’enseignement collégial ? », se demande monsieur Dion.

Problèmes toujours là

« La session qui vient tout juste de se terminer a été particulièrement éprouvante, l’automne le sera tout autant, et tous les problèmes qui existaient avant la crise seront toujours là après si le gouvernement refuse de négocier de bonne foi. »

« Que la Direction du Collège de Rimouski rappelle à l’ordre ses représentantes et représentants au Comité patronal de négociation des collèges, poursuit monsieur Dion. Nous méritons davantage de respect de notre employeur. Au cours des dernières semaines, les membres de la FEC-CSQ ont fait preuve de bonne foi et se sont engagés à prioriser leurs demandes de négociation afin de respecter certaines conditions pour revenir à la table. »

Retirer des demandes

« Aujourd’hui, le CPNC nous demande encore de retirer des demandes, qui sont pourtant toutes légitimes, tout en refusant de mener des échanges sérieux. Cette attitude est révoltante et tout à fait inacceptable. À eux maintenant de faire preuve de bonne foi et de revenir à la table pour entendre nos revendications qui sont nécessaires pour améliorer les conditions d’enseignement dans le réseau collégial. Ils semblent oublier que le recrutement et la rétention des profs et, surtout, la réussite étudiante en dépendent », de conclure le responsable de la coordination au SEECR.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux



   

Inscrivez-vous à notre infolettre

Télécharger l'application web du journal le soir

Télécharger
×