20.10.2020
Nouvelle de 17 h La COVID-19 n’a pas le dos si large que ça!

La COVID-19 n’a pas le dos si large que ça!

« Nos marchands sont les champions de l’adaptation »

Le président de la Chambre de commerce et de l’industrie de Rimouski-Neigette, Guillaume Sirois, réagit à notre reportage d’hier, concernant des usages qui seraient contournés par certains commerçants, en raison de la crise sanitaire de la COVID-19.

On y mentionnait notamment qu’un citoyen, Louis Deschênes, déplorait notamment que des supermarchés n’offrent plus d’alternatives, lorsqu’un produit annoncé en spécial vient à manquer, sur les tablettes. Habituellement, les épiceries proposent des bons d’achat différés ou des produits équivalents aux consommateurs, lorsque c’est le cas. L’Office de protection du consommateur s’est prononcé à ce sujet, dans notre reportage.

Des pieds et des mains

Monsieur Deschênes a aussi interpellé la Chambre de commerce, ce qui a incité son président, Guillaume Sirois, à réagir dans une entrevue exclusive au journal le soir. Selon lui, loin de profiter de la situation, les marchands de Rimouski font des pieds et des mains pour bien desservir leur clientèle dans le contexte actuel, alors que la COVID-19 cause encore, bel et bien, des problèmes d’approvisionnement.

On remarquera qu’il y a un paradoxe, ici : alors que la demande est très forte dans certains secteurs, comme l’alimentation, la chaîne d’approvisionnement ne suit pas toujours. Les produits viennent à manquer parce que des chauffeurs sont atteints de la COVID-19. Même chose dans certaines usines de production. La prestation canadienne d’urgence (PCU) a aussi ralenti le retour au travail de certains. Il y a aussi la grève au port de Montréal qui affecte le transport de produits venus d’Europe.

Problématique

« Sur le plan de l’approvisionnement, ça demeure problématique dans certaines catégories de produits et certains secteurs. Nos marchands locaux n’ont souvent aucun contrôle sur ce qui est annoncé dans les circulaires. Je ne connais pas de chef d’entreprise qui se lève un matin en se disant : « Je suis content, je n’ai pas de spéciaux à offrir à nos clients. » Au contraire, nos marchands veulent innover et trouver des façons de faire pour satisfaire leur clientèle », commente monsieur Sirois.

Freins

Guillaume Sirois (Photo: courtoisie)

« La pandémie vient souvent ajouter des freins à leurs initiatives, mais ils trouvent quand même des moyens de poursuivre leurs affaires. Nos marchands sont les champions de l’adaptation. Pendant cette crise, il n’y a pas une semaine qui passe sans qu’on doive changer nos habitudes, que ce soit dans le recrutement de personnel, dans l’aménagement physique de nos entreprises ou dans l’approvisionnement. Avec tout ça en perspective, on doit desservir nos clients. Il y a beaucoup d’aspects sur lesquels les marchands n’ont pas de contrôle », ajoute Guillaume Sirois.

« On place bien nos commandes auprès des fournisseurs, mais ces fournisseurs sont parfois incapables de répondre à la demande pour toutes sortes de raisons. Il peut arriver que les produits demandés ne soient pas accessibles à cause de la pandémie. Ce n’est pas prévisible. »

Compréhensifs

« Il y a aussi des problèmes par rapport aux travailleurs étrangers qui ne peuvent pas venir au Québec à cause de la pandémie, ce qui fait que la capacité de production est diminuée. Toute la chaîne peut parfois être affectée. Je connais des restaurateurs qui ont dû changer leur menu. C’est ça, de l’adaptation et ça touche tout le monde. Nos marchands continuent d’innover et font tout en leur possible pour accommoder la clientèle. Je crois que les consommateurs de la région sont en général très compréhensifs et je les invite à le demeurer. Nous ne sommes pas dans une situation normale, aujourd’hui », estime monsieur Sirois.

Exemples concrets

Le président de la Chambre de commerce et de l’industrie de Rimouski-Neigette apporte des exemples concrets de produits qui ne sont disponibles qu’en quantité très limitée, présentement : « Si vous êtes un amateur de barbecue, vous avez sans doute de la difficulté à trouver du charbon de bois, présentement. Il y a rupture de stock, dans ce domaine. Une boisson comme le tonic water n’est pas disponible, non plus, parce qu’on n’arrive pas à répondre à la demande. Ça touche plusieurs entreprises, dans différents domaines. »

« Une autre problématique s’est ajoutée. Le député fédéral Maxime Blanchette-Joncas m’a demandé si nous avions des membres affectés par la grève au port de Montréal. J’ai vérifié et c’est bien le cas. On parle surtout de produits qui proviennent de l’Europe. Il faudrait que ce problème soit réglé d’ici septembre, sinon on risque d’avoir des problèmes », mentionne enfin Guillaume Sirois.

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