27.10.2020
Nouvelle de 19 h Un deuxième versement d’assurance plus hâtif pour compenser le manque de foin

Un deuxième versement d’assurance plus hâtif pour compenser le manque de foin

En primeur, le Journal Le Soir apprend que le deuxième versement de la Financière agricole pour compenser le manque de foin en raison de la sécheresse est devancé au 9 octobre pour permettre aux producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent d’acheter du foin.

C’est un gain important selon le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis. « Habituellement, le deuxième versement de l’assurance collective foin arrive à la fin novembre. Nous avons eu la confirmation que ce serait exceptionnellement le 9 octobre cette année. Reste à voir si le montant sera à la satisfaction des producteurs, ce qui ne fut pas le cas pour la plupart du premier versement. Le Bas-Saint-Laurent aurait connu les pires rendements de la province pour la première coupe de foin. C’est un peu mieux pour la deuxième coupe. Quelques producteurs visaient une troisième coupe, mais avec les grosses gelées que nous venons de connaître depuis deux nuits, ce sera difficile de recouper du foin dans la région », indique M. Marquis.

Manque de précipitations

La Financière agricole estime que les premiers mois de la saison 2020 ont été marqués par un manque généralisé de précipitations affectant les cultures de la majorité des régions du Québec. C’est pourquoi un premier versement de 21 M$ a été effectué en assurance récolte pour les producteurs du Québec.

« Le manque de précipitations a entraîné une germination lente et une croissance limitée des plantes comparativement à la normale. Un retard de croissance a été constaté dans toutes les cultures en raison du manque d’eau. La première fauche de foin a été affectée par la sécheresse présente en mai et juin. Les rendements et la qualité du foin sont inférieurs à la normale. La repousse du foin pour une éventuelle deuxième coupe et des pâturages est difficile et on dénombre plusieurs cas de vers gris recensés dans le secteur de Kamouraska », indique le directeur territorial de la Financière agricole, Alain Proulx.

4e été consécutif

La sécheresse frappe durement les producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent pour un 4e été consécutif. « Nos cellules de crise sont en activité. On cherche du foin à des prix raisonnables. Ma peur, c’est que les producteurs veulent vendre des animaux en raison du manque de fourrages, ce qui aurait comme effet d’engorger les abattoirs et de faire tomber les prix de la viande », commente le président de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis.

Le maïs présente de très bons rendements cette année dans la région. (Photo Alexandre D’Astous – Journal Le Soir)

Des casse-têtes

« L’été 2018 avait été l’un des pires, et la situation est aussi pire cette année. Les problèmes augmentent en raison du nombre d’étés consécutifs de sécheresse. Les producteurs n’ont plus de réserve et ils n’arrivent plus à en faire une. On peut survivre à un ou deux étés secs avec nos réserves, mais là, les réserves sont vides. J’ai vu des producteurs faucher des champs qui n’étaient pas exploités depuis plusieurs années. La qualité n’est pas là, mais les besoins sont grands », mentionne le président du Syndicat de l’UPA des Basques, Luc Bérubé, qui précise que certains producteurs se tournent vers des cultures d’urgence nécessitant moins d’eau, comme le maïs, mais que cela engendre des coûts.

L’UPA toujours aux aguets concernant l’accaparement des terres

Bien qu’il n’ait pas eu vent d’une recrudescence du phénomène récemment, le président de l’UPA du Bas-Saint-Laurent assure que son organisation demeure aux aguets concernant ce phénomène qui avait été décrié en grande pompe, il y a quelques années alors que de grands intégrateurs de l’extérieur achetaient des terres dans la région, surtout au Kamouraska, pour envoyer la production à l’extérieur de la région.

« On surveille constamment ce qui se passe. C’est sûr qu’il y a des terres qui sont mises en vente à l’encan, mais nous n’avons pas entendu parler d’organisation dans le style de Pangea qui tentent d’acheter des rangs au complet comme ce fut déjà le cas », commente Gilbert Marquis.

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