28.10.2020
Nouvelle de 19 h La course au vaccin de la COVID-19 va se poursuivre jusqu’en 2021

La course au vaccin de la COVID-19 va se poursuivre jusqu’en 2021

Le point sur la recherche

La recherche d’un vaccin efficace contre la COVID-19 a beau être sur la planche à dessins de nombreux pays à travers le monde, il faudra encore un certain temps pour le voir se concrétiser et être offert à la population.

Si vous êtes découragé par les mesures sanitaires, ce n’est certainement pas l’arrivée d’un vaccin miracle qui va vous consoler. Pas avant Noël, en tout cas!

C’est ce qu’indique notamment le chroniqueur sciences du journal le soir, David Pelletier, qui rappelle : « Habituellement, le développement d’un vaccin prend de 10 à 15 ans. Celui qui a été développé le plus rapidement est celui contre le virus de l’Ebola et ça a pris cinq ans. Normalement, la fabrication d’un vaccin débute par l’étude de la maladie et de l’agent infectieux. S’ensuivent le développement d’études précliniques dans lesquelles, les chercheurs développent de nombreux vaccins potentiels et les testent sur des modèles animaux. »,

« Ensuite, les études cliniques peuvent se dérouler sur plus d’une dizaine d’années pendant lesquelles : 1-on évalue l’immunogénicité (capacité à développer des anticorps) et l’innocuité (absence d’effets nuisibles) de différentes doses chez un petit nombre de volontaires sains (10-100); 2- on confirme l’immunogénicité et l’innocuité du vaccin et on détermine le calendrier et les doses optimales chez un nombre plus important de volontaires sains (50-500) et; 3- On détermine l’immunogénicité, l’innocuité et l’efficacité du vaccin à prévenir la maladie chez un nombre important d’individus (plusieurs milliers) », précise ce professeur en biologie du Cégep de Rimouski.

Un pari

Actuellement, les gouvernements, les entreprises pharmaceutiques et les chercheurs ont fait le pari de produire un vaccin efficace et sans danger dans une période de 10 à 18 mois. La production des vaccins a débuté en janvier 2020 dans le monde et la phase I, en mars 2020 pour certains vaccins.

« La firme Pfizer indique qu’elle aura peut-être des résultats positifs d’ici la fin du mois d’octobre, mais même si c’est le cas, le vaccin devra être homologué et produit avant d’être distribué dans la population, ce qui pourrait prendre encore de nombreux mois. Alors, si toutes les étapes se déroulent vraiment très bien dans la dernière phase des essais cliniques, un vaccin pourrait être découvert au début de l’année 2021. On ne peut toutefois pas prévoir le résultat des essais cliniques en cours et il faudrait encore compter quelques mois au moins pour l’homologation et la production », met en garde monsieur Pelletier.

Qu’est-ce qui explique cette accélération inhabituelle du processus?

« Une combinaison de facteurs. Il n’y a pas de pauses entre les phases d’essais cliniques. Les compagnies pharmaceutiques misent tous leurs efforts sur le développement de ce médicament en mettant de côté plusieurs autres projets. Des usines sont actuellement en préparation pour produire des milliards de doses d’un vaccin encore inconnu. Les subventions pour la recherche universitaire ont augmenté partout dans le monde afin d’engager plus de personnel et d’acheter du matériel. »

« En parallèle, les organismes régulateurs travaillent à accélérer le processus d’homologation pour que le vaccin soit homologué rapidement une fois qu’il aura été découvert. À titre d’exemple, le vaccin contre la varicelle avait pris 11 ans pour que la Food and Drug Administration (FDA) l’approuve aux États-Unis. »

La période normale d’homologation varie entre un an et deux ans.

Combien de vaccins sont actuellement en développement et quels sont ceux qui sont en avance?

« Une revue de la littérature sur le sujet qui vient d’être publiée dans la revue Nature (le 23 septembre 2020) montre que sur les 180 vaccins qui sont en développement, neuf vaccins sont rendus à la phase III, la dernière étape des essais cliniques. L’étude montre que ces vaccins offriraient une protection contre la maladie, mais ils ne réduiraient pas efficacement la transmission entre les individus », poursuit David Pelletier.

« À noter qu’il existe présentement deux vaccins qui ont été homologués dans le monde. Le premier est un vaccin développé par la compagnie CanSino et est seulement utilisé par l’armée chinoise. Le second a été développé par le Gamaleya Research Institute en Russie et il a été homologué sans la 3e phase des essais cliniques », mentionne enfin le chroniqueur sciences.

(tiré du site https://www.raps.org/news-and-articles/news-articles/2020/3/covid-19-vaccine-tracker)

Question prématurée

Selon Québec Science, « La question peut sembler prématurée, car le vaccin est encore très loin d’être disponible. Mais déjà, des éthiciens d’ici et d’ailleurs étudient les différentes stratégies vaccinales: c’est-à-dire l’ordre dans lequel la population sera immunisée. »

« Pour le moment, impossible de prendre des décisions: la stratégie dépendra des caractéristiques du vaccin mis sur le marché », ajoute le magazine spécialisé.

« On imagine un vaccin universellement disponible et accessible à tout le monde, mais ce ne sera pas nécessairement le cas », indique Bryn Williams-Jones, directeur des programmes de bioéthique et professeur titulaire au département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’Université de Montréal (EPSUM) dans ce texte publié récemment par Québec Science.

Tranches d’âge

« Par exemple, un vaccin pourrait démontrer son efficacité chez les adultes, tandis que les études seraient encore manquantes chez les personnes âgées », poursuit-il.

Benoit Mâsse, également professeur à l’EPSUM, donne en exemple, dans ce même article, la campagne de vaccination réalisée pour le virus Ebola en République démocratique du Congo, où il présidait un comité de vaccination.

« Au tout début, on ne possédait aucune donnée sur l’innocuité du vaccin chez les enfants. Si cette information est manquante, on ne peut pas commencer à les vacciner. Il faut effectuer des études en recrutant des jeunes pour s’en assurer. C’est ce qui a été fait pour Ebola», dit ce chercheur au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, toujours dans Québec Science.

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