26.11.2020
Nouvelle de 19 h La détresse psychologique de plus en plus présente

La détresse psychologique de plus en plus présente

Les mesures mises en place par le gouvernement du Québec pour combattre la COVID-19 ont des effets pervers comme la hausse de la détresse psychologique autant chez les travailleurs que chez les étudiants qui doivent mettre de côté presque toute forme de socialisation dans le cadre du télétravail ou de l’enseignement à distance.

La mère d’une jeune femme de 18 ans de la région constate une hausse inquiétante de l’anxiété chez sa fille. « Ça fait deux fois qu’elle se ramasse à l’urgence de l’Hôpital de Rimouski en raison de maux de ventre. Tous ses cours sont à distance, sauf un. Au travail, elle doit porter un masque à la journée longue et respecter les règles de distanciation. Elle est toujours dans sa chambre. Elle n’a plus du tout de vie sociale. Ce n’est pas normal de vivre comme ça à 18 ans. Je m’inquiète pour elle », mentionne la mère qui souhaite demeurer anonyme afin de ne pas stigmatiser davantage sa fille.

La vie s’est arrêtée du jour au lendemain

La mère estime que la vie des jeunes s’est arrêtée du jour au lendemain, le 12 mars dernier. « Les gens furent masqués, les restos, bars, cinés fermés, les festivals annulés. Leurs études remises en cause. Nos jeunes ont dû troquer l’insouciance inhérente à leur âge contre une existence dure et tragique. Pour tous nos jeunes, la vie est sur pause depuis mars 2020. On est en novembre et on commence seulement à débloquer des fonds pour leur santé mentale. Ça prendra combien de temps pour mettre en place des structures, engager du personnel pour prendre soin d’eux? Alors que les listes d’attente pour ce genre de services sont déjà interminables. Pourquoi nos gouvernements ne prévoient pas les crises ? Pourquoi dans notre beau pays, notre belle province, attendons-nous toujours d’être mis devant le constat que ça va mal pour faire quelque chose ? La santé physique et mentale n’a-t-elle pas une si grande importance, pour qu’on aille des structures résilientes aux potentielles crises ? », déplore-t-elle.

Une autre réalité bouleverse la mère de famille. « Lorsqu’on tente d’avoir des soins, des services en santé mentale, on se retrouve dans un vortex interminable dans lequel on nous a servi des phrases insipides comme « nous sommes désolées, pour ces longs mois d’attentes, mais c’est à cause de la COVID ». On nous a même dit de penser aux pauvres personnes qui ont de vraies maladies, comme des cancers. Je ne sais pas si c’est la COVID qui a le dos large, mais il ne faudrait tout de même pas pour autant qu’on accepte que nos jeunes grandissent les dos courbés ».

La santé mentale des travailleurs malmenée par le confinement
Dans le cadre d’une étude de l’Université Laval réalisée par Caroline Biron et ses collaborateurs auprès d’un échantillon de 1 259 personnes en emploi au Québec pendant le confinement au printemps dernier, on découvre que la détresse psychologique a atteint 55 % chez les travailleuses et 41 % chez les travailleurs. Malgré ces chiffres alarmants, on remarque que ceux et celles ayant bénéficié du soutien de leurs collègues disent avoir vécu 14 % moins de détresse, c’est donc une piste de solution intéressante.

« Les données recueillies démontrent que les entreprises bienveillantes s’en sortent beaucoup mieux, précise Caroline Biron, professeure titulaire et directrice du Centre d’expertise en gestion de la santé et de la sécurité du travail à l’Université Laval. Dans ces entreprises où l’on peut parler de sa santé mentale librement, on constate 24 % moins de détresse psychologique comparativement aux entreprises où la santé mentale n’est pas une priorité de la direction. Avec le télétravail qui est maintenant une réalité répandue, il est plus difficile de tisser ces relations sociales qui donnent un sens à notre travail.  Il faut maintenant apprendre à être en équipe malgré la distance. »
 

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