Nouvelle de 18 h Gaston Bourdages dénonce l’absence de psychologue dans les prisons

Gaston Bourdages dénonce l’absence de psychologue dans les prisons

Après avoir lu l’article du Journal Le Soir publié samedi dernier sur la poursuite de l’enquête publique sur les suicides en milieu carcéral, l’ex-détenu réhabilité, Gaston Bourdages, de Saint-Mathieu-de-Rioux, a écrit au bureau du Coroner pour dénoncer l’absence de psychologue dans les prisons québécoises.

« Merci pour ce choix d’une enquête publique sur ce triste record que nous détenons au Québec, celui du nombre de suicides en milieu carcéral provincial. Vous êtes certes au fait qu’aucun psychologue n’œuvre dans les prisons du Québec: un complet non-sens si je me fie à mes propres expériences carcérales. Nos prisons québécoises sont-elles, centres de réhabilitation ou de coercition?  Comment penser « réhabilitation » si aucun psychologue n’y contribue? Je hoche la tête et lève les épaules », écrit celui qui a purgé trois ans de prison ferme, de 1989 à 1991, après avoir été reconnu coupable d’un homicide involontaire pour lequel il inclusivement, alors qu’il vivait à Sainte-Foy.



Une aberration pour l’ex-détenu

Gaston Bourdages dit avoir vécu le suicide d’un codétenu au pénitencier fédéral. « C’était un bonhomme que j’ai croisé dans le «walkway» principal du complexe pénitentiaire un très court temps avant qu’il ne s’enlève la vie. Ouache », raconte-t-il.


« Je nourris l’espoir de pouvoir lire dans votre rapport le texte de la mission des institutions carcérales québécoises. Puisse votre enquête contribuer à des examens de conscience, à des prises de conscience et à des engagements fermes à ce que des outils efficaces soient mis en place pour assurer, j’ose, la survie d’êtres humains fragilisés en milieu carcéral Québécois. Si triste record que nous y détenons, membres de la société québécoise », poursuit l’ex-détenu.

Gaston Bourdages a adressé sa missive à la coroner Karine Spénard qui préside l’enquête et à son adjoint, le procureur Me Éric Lépine.



L’enquête reprendra en mars

Cette enquête analysera les décès de François Bédard, Luc Leclerc, Tony Naud et Yves Noël, tous décédés par suicide en milieu carcéral. Les prochaines audiences portant sur tous ces décès auront lieu du 8 au 15 mars 2021.


Cette enquête publique s’inscrit dans une réflexion beaucoup plus large sur le suicide dans les centres de détention québécois. En effet, lors de cette enquête, Me Spénard abordera la détresse psychologique des détenus pendant leur incarcération, l’évaluation du risque suicidaire ainsi que les procédures mises en place par les autorités carcérales de juridiction provinciale. Après avoir fait la lumière sur les causes et les circonstances entourant chaque décès analysé, Me Spénard pourra également entendre des groupes, des citoyens et des acteurs de la prévention du suicide en milieu carcéral, lesquels viendront partager leur point de vue sur la question.


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