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De plus en plus d’aînés et de locataires désespérés demandent l’assistance du député

Harold LeBel intervient à l’Assemblée nationale

Le député de Rimouski à l’Assemblée nationale du Québec, Harold LeBel, s’est porté à la défense des personnes âgées abusées et des locataires qui subissent la crise du logement, aujourd’hui, au parlement québécois.

En entrevue au journal le soir, le député confirme qu’il n’a jamais reçu autant de ce type d’appels. Monsieur LeBel constate que des hausses de loyers abusives sont imposées aux aînés qui habitent en résidence privée (RPA).



« Les témoignages sont de plus en plus nombreux. Pour les personnes âgées, c’est vraiment particulier. Je ne veux pas blâmer les propriétaires, car je comprends qu’ils ont eu à investir davantage dans les frais de gestion des mesures sanitaires et l’année n’a pas été facile. Ils ont fait face à des dépenses importantes et il y a une pression sur eux, c’est clair. Sauf que les aînés n’ont pas plus de revenus qu’avant. Ils viennent de vivre une année éprouvante. Ça ne peut pas marcher de même. Soit on augmente les revenus des aînés qui se font refiler la facture, soit on aide les propriétaires de résidences. Je constate que beaucoup d’aînés ne diront pas un mot pour se plaindre, car ils ont peur de représailles », confie Harold LeBel.

« Certains nous appellent et nous disent qu’ils ne sont plus capables de payer. Ils trouvent l’augmentation exagérée, mais ne veulent pas déplaire au propriétaire. Il faut le dire. Je comprends que le gouvernement met la priorité sur les centres d’hébergement et de soins de longue durée, mais il faut aussi s’occuper des RPA, qui ont besoin d’aide dans certains cas. Il faudra aussi se pencher sur le revenu des aînés. Ceux qui nous appellent nous disent qu’ils sont obligés de couper ailleurs que dans le loyer : ils sacrifient leurs loisirs et l’impact psychologique de la pandémie augmente, favorisant la détresse. Ce sont souvent, aussi, les familles de ces personnes âgées qui nous interpellent. Il y a bien du monde désespéré. Quand tout ce que tu peux faire, c’est te bercer dans ta chambre, ça ne va pas », plaide le député.


Épouvantable!

Pour les locataires en général, le revenu médian annuel des 2600 ménages locataires du Bas-Saint-Laurent dont le loyer accaparait 50% de leur revenu était de seulement 12 445 $ par année, nous apprend le Comité logement Rimouski-Neigette, aujourd’hui.



« C’est assez épouvantable! Ça prend du logement social, c’est clair. Tout s’accumule, avec le confinement : la solitude, la pression, l’isolement, etc. Pour les personnes à la recherche d’un logement, ça fait longtemps qu’on demande du logement social. Le Québec a accumulé un retard à ce chapitre qui remonte au dernier gouvernement libéral. Le parti libéral avait promis 10 000 logements sociaux qui n’ont jamais été construits. La Coalition avenir Québec a promis de reprendre ce projet, mais n’a toujours rien fait. Les besoins ne cessent d’augmenter. On devrait faire les investissements qui permettront ce rattrapage », soutient le député LeBel.

Hausse des loyers dans les résidences pour personnes âgées


« Plusieurs personnes âgées de ma circonscription, ainsi qu’à travers le Québec, sont touchées par une hausse très importante du coût des loyers dans les résidences privées pour aînés (RPA) qui dépasse le taux d’inflation. Les aînés ne sont pas tous dans des résidences de luxe. La grande majorité n’a tout simplement pas les moyens de faire face à cette augmentation », explique monsieur LeBel.

« Les personnes âgées ont une capacité limitée de payer puisque 60 % des aînés de 65 ans et plus ont des revenus de moins de 30 000 $ par année », affirme le député de Rimouski.

La première question adressée par monsieur LeBel au gouvernement est la suivante : « Est-ce que le ministre peut mettre en place rapidement des mesures spécifiques pour protéger les aînés de ces hausses inacceptables en mettant en œuvre un programme d’aide destiné à soutenir les petites résidences ayant des difficultés financières ou encore en assurant de meilleurs revenus pour les aînés vivant dans ces résidences ? »

Logement social et tribunal administratif

« Plusieurs familles et personnes seules de ma région, ainsi qu’à travers le Québec, sont également touchées par le manque de logement. À Rimouski, le taux d’inoccupation à 0,9 % le prouve. C’est pourquoi il est extrêmement difficile de trouver un logement même en région. Cette situation crée de la détresse psychologique importante chez plusieurs personnes qui vivent cette problématique. Je constate que les ménages sont souvent dans l’incapacité de se loger adéquatement puisque leur revenu n’est pas suffisant. Se loger est un droit fondamental dans notre société et tout le monde devrait bénéficier d’un milieu de vie salubre et sécuritaire adapté à son revenu », mentionne Harold LeBel.

Inadmissible

« De plus, il est absolument inadmissible que l’accès au service du tribunal administratif du Québec soit si difficile à obtenir dans ma région pour les locataires et également pour les propriétaires. Pour ces raisons, il est urgent pour le gouvernement d’investir massivement dans le logement social et communautaire ainsi que dans l’accès des délais raisonnables au processus de gestion de conflits. Cet investissement permettra de créer de la richesse collective, favorisera la relance économique et surtout assurera le droit aux logements adéquats pour toutes et tous », ajoute à ce sujet le député de Rimouski.

Délais raisonnables?

Il adresse aussi la question suivante :

« Est-ce que la ministre est intervenue auprès de son collègue des Finances afin que des investissements majeurs soient consacrés aux logements sociaux dès le prochain budget en mars 2021 notamment dans le programme Accès Logis? Et concernant la grande difficulté à avoir accès dans des délais raisonnables au service du tribunal administratif du Québec dans la région du Bas-Saint-Laurent, est-ce que la ministre peut demander de façon urgente un état de situation et faire les corrections nécessaires? »

« Bien entendu un suivi des réponses à ces questions sera effectué auprès des médias pour tenir la population informée», rappelle le député de Rimouski.

Procédures

Ce dernier connaît bien les procédures parlementaires de l’Assemblée nationale du Québec et il utilise donc la formule des « questions écrites » qui doivent être inscrites au feuilleton lors des débats, pour avoir des réponses aux préoccupations de la population.

À l’Assemblée nationale du Québec, le Feuilleton et préavis, tel qu’il se nomme aujourd’hui, était autrefois appelé « l’ordre du jour » ou le « bulletin de séance ».  Le feuilleton permet aux députés d’être informés des affaires qui peuvent faire l’objet d’un débat. Selon le règlement de l’Assemblée, les « questions écrites » sont obligatoirement inscrites dans ce document et cette question posée par écrit doit recevoir une réponse sous la même forme. 

C’est en utilisant cette procédure que le député a transmis ces questions à l’Assemblée nationale, sur ces dossiers d’actualité.


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