Actualités Politique L’Internet est aussi indispensable que l’était l’électricité en 1950

L’Internet est aussi indispensable que l’était l’électricité en 1950

Avec l’enseignement à distance et le télétravail accentués par la pandémie de la COVID-19, l’Internet à haute vitesse est aussi indispensable présentement que ne l’était l’électricité en 1950 et dans ces circonstances, l’échéance du gouvernement fédéral souhaitant brancher tous les foyers d’ici 2030 doit absolument être resserrée.

À l’invitation des députés bloquistes de la région Kristina Michaud et Maxime Blanchette-Joncas, des représentants des syndicats des enseignants des centres de services scolaires du Bas-Saint-Laurent et du Cégep de Rimouski y sont allés d’exemples éloquents lors d’une conférence de presse virtuelle ce jeudi matin prouvant la nécessité de l’Internet à haute vitesse pour l’enseignement à distance et pour l’égalité des chances qui n’est pas présente actuellement, ce qui favorise le décrochage de certains jeunes ou encore la démotivation.



Le président du SERM, Jean-François Gaumont. (Photo courtoisie)

Des exemples éloquents

La présidente du Syndicat de l’enseignement du Grand-Portage (SEGP), Natacha Blanchet, a fourni des exemples éloquents des limitations actuelles. « Des enseignants doivent enregistrer leurs présentations à l’avance parce qu’en direct ça coupe en raison de la faiblesse de la bande passante. Dans le JAL (Saint-Juste-du-Lac, Auclair et Lejeune), l’enseignant devait prendre le téléphone pour rejoindre des élèves qui ne pouvaient pas se brancher via Internet. Un professeur a dû diviser son groupe de 19 élèves parce que le réseau ne supportait pas ce trafic. Dans certaines résidences, le réseau ne permet pas à plus d’un jeune d’être branché en même temps », rapporte-t-elle.


Les députés Kristina Michaud et Maxime Blanchette-Joncas. (Photo courtoisie)

La région la moins bien desservie

Le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, souligne que le Bas-Saint-Laurent est la région la moins bien desservie au Québec avec 87% de résidences branchées, comparativement à la moyenne québécoise de 93%. La situation est encore pire au Témiscouata où 44 % de la population n’a pas accès à Internet haute vitesse et où 11 des 19 municipalités ne sont pas branchées.



« C’est un frein important pour le développement de nos municipalités. On demande au fédéral, dont l’objectif est de brancher tout le monde d’ici 2030, de transférer les sommes prévues au gouvernement du Québec dont l’échéance est plutôt de 2022 », mentionne le député.

« La situation devient préoccupante pour l’avenir de nos jeunes. C’est un cri du cœur qu’on lance aujourd’hui avec les enseignants. Soyez assurés que Maxime et moi mettons de la pression sur le gouvernement fédéral et que ces exemples désolants seront rapportés », lance la députée d’Avignon – La Mitis – Matane – Matapédia, Kristina Michaud.


Rencontre demandée avec le ministre Champagne

Maxime Blanchette-Joncas dit avoir demandé une rencontre avec le nouveau ministre responsable du déploiement du réseau Internet, François-Philippe Champagne, pour lui présenter l’état de la situation. « Videotron avait un beau projet pour brancher 100 % des résidences des MRC de Rivière-du-Loup, Kamouraska, Témiscouata et les Basques, mais le projet est tombé à l’eau en raison des complexités liées au fait que deux gouvernements sont impliqués dans le processus et qu’ils ont chacun leur programme. Il faudrait avoir un seul programme pour faciliter le dépôt des projets », explique-t-il.

« Nos profs, nos élèves et nos écoles méritent mieux. Nous avons vu des enseignants éjectés de leur classe Zoom parce que le réseau était trop lent », rapporte le président du Syndicat de l’enseignement de la région de la Mitis (SERM), Jean-François Gaumond.

« Il en va de l’égalité des chances de nos jeunes pour atteindre le collégial. Nous voulons éviter des décrochages. Nous avons des jeunes qui doivent grimper sur le balcon pour avoir une connectivité. C’est inadmissible quand on sait que presque tous nos cours se donnent à distance », mentionne la responsable de la coordination et des pratiques syndicales au SEECR, Marie-Josée Boudreau.


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