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Le mois de mars s’annonce un casse-tête pour ceux qui veulent se reloger

Les logements abordables sont pratiquement inexistants à Rimouski

La région de Rimouski est aux prises avec un double problème : les logements à louer à prix abordable sont aussi rares que les résidences unifamiliales.

Les locataires ont jusqu’au 31 mars pour accepter ou refuser le renouvellement de leur bail. Ceux qui choisiront la seconde option risquent de s’en mordre les doigts, car une fois « délogé », il est difficile de se « reloger ».



Le prix moyen du logement de quatre pièces et demie à Rimouski est passé de 681 $ à 705 $ en fin d’année 2020. Les loyers au-dessus de la barre des 1 000 $ par mois ne sont plus rares. Un fidèle lecteur, Karl Lavoie, a partagé sa grande préoccupation sur l’accès au logement avec le journal le soir, nous indiquant qu’il avait sursauté en voyant le prix d’un logement de cinq pièces et demi à 1 300 $ non chauffé, non éclairé, sur l’avenue Rouleau. « Ça va s’arrêter où ? », se demande monsieur Lavoie.

Un avis : gardez votre logement


« C’est certainement un casse-tête. Avec un taux d’inoccupation de 0,9 %, la situation est difficile et on reçoit beaucoup de demandes d’information au Comité logement Rimouski-Neigette. On conseille aux personnes qui ont déjà un logement de le conserver. Pour ceux qui arrivent de l’extérieur de Rimouski, c’est très difficile. Si on a un animal de compagnie, chien ou même chat, c’est à peu près impossible de trouver un logement à Rimouski », confie le coordonnateur du Comité logement Rimouski-Neigette, Guy Labonté.

« C’est la même chose à travers toute la province. Tous les comités logement conseillent aux locataires de garder leur logement et de bien y penser avant de dire non à leur renouvellement de bail. Commencez par vous assurer que vous aurez un logement, tout simplement », ajoute-t-il.



Luxueux avec vue sur le fleuve

Si le prix moyen du loyer de 4 pièces et demie est de 705 $ à Rimouski, les logements à plus de 1 000 $ ne sont pas rares, mais s’adressent à une clientèle fortunée.


« Il y a de beaux logements de grande qualité à Rimouski, mais ça se paye! J’ai vu des quatre et demi à 1 200 $, avec vue sur le fleuve, rénovation complète, etc. C’est cher. Une des explications des loyers élevés peut être que des locataires qui craignent de ne pas pouvoir se reloger acceptent plus facilement des hausses qui ne sont pas justifiées. Le logement leur plaît, c’est 1 200 $ et ils acceptent, alors qu’il était peut-être à 900 $ auparavant. Ils n’ont pas vérifié. Ça peut avoir un effet boule de neige. Il y a toutes sortes de mauvaises raisons pour lesquelles on peut accepter une hausse de loyer qui peut avoir des répercussions sur les autres », constate monsieur Labonté.

Troisième option

« On se dit : « je vais acheter la paix ». Comme les gens acceptent, ça fait monter la moyenne des prix. Pour un logement de quatre pièces et demie, par exemple, une hausse ne devrait pas dépasser 5 $ par mois s’il n’y a pas eu de rénovation. Pourtant, on voit des augmentations de 15 $, 20 $, 25 $ par mois et plus. Il y a en réalité trois options pour renouveler un bail, sur le plan légal. Il y a « vous acceptez la hausse et vous demeurez dans votre logement », et l’option « vous la refusez et vous quittez le logement le 1er juillet », mais il y en a une autre qui est méconnue, c’est : « vous refusez la hausse et vous demeurez dans votre logement ». C’est un droit et c’est un droit qui oblige le propriétaire à s’expliquer devant le tribunal du logement», précise monsieur Labonté.

« Si le propriétaire demande une hausse de 35 $ par mois et qu’il n’a rien fait comme travaux, sa demande ne passera pas! », note aussi Guy Labonté.

Loyers ailleurs

Rimouski n’est pas loin des prix des loyers moyens des grands centres, à 705 $ par mois. Montréal a une moyenne de 950 $ par mois pour un logement de quatre pièces et demie; Québec a une moyenne de 899 $ par mois et Gatineau-Ottawa, de 950 $ par mois.

Effets sociaux inquiétants

Le prix des loyers à Rimouski peut avoir des effets inquiétants chez les personnes à faible revenu, en augmentant la détresse, la délinquance et en incitant des personnes vulnérables à poursuivre la cohabitation avec une personne malveillante.

« Le manque de logements à prix abordables a toutes sortes d’impacts. Par exemple, comme les gens paient plus cher de loyer, ils s’adressent plus au comptoir alimentaire Moisson Rimouski-Neigette. Ces organisations sont débordées et n’ont jamais eu autant de demandes. Le coût de la vie augmente, mais pas les revenus des personnes en situation de pauvreté. À 705 $ par mois de loyer, il reste 3 $ à une personne seule apte au travail qui reçoit de l’allocation sociale. Ces gens-là doivent se contenter de chambres ou d’appartements modestes. On doit alors couper ailleurs, aussi, parce qu’on n’a pas le choix de se loger. Ça crée de la délinquance et je vois de plus en plus d’itinérance. Je vois aussi des personnes qui souffrent en silence parce qu’elles n’ont pas le choix, comme des femmes qui acceptent un conjoint violent parce qu’elles ont besoin d’avoir un toit au-dessus de la tête », témoigne le coordonnateur d’Action populaire Rimouski-Neigette, Michel Dubé.

Dans un second article, à 18 h, le journal le soir traitera du marché immobilier.


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