Nouvelle de 18 h 12 cégeps se regroupent pour défendre «un enjeu capital»

12 cégeps se regroupent pour défendre «un enjeu capital»

Les directions générales de 12 cégeps de régions éloignées, dont ceux de Rivière-du-Loup, Rimouski, Matane, La Pocatière et Gaspé, annoncent la création du Regroupement des cégeps de régions (RCR), une instance qui découle d’un comité qui a été formé il y a un an et qui s’officialise aujourd’hui.

Le ministère de l’Enseignement supérieur (MES) a mis de l’avant, au début de 2020, un nouveau cadre de gestion de l’offre de formation collégiale.



Ce chantier de travail vise à réviser les devis scolaires, soit le nombre d’étudiants autorisés dans chaque cégep et les autorisations de nouveaux programmes d’études. Le Regroupement des cégeps de régions (RCR) a proposé au ministère de l’Enseignement supérieur (MES) des pistes de solutions, regroupées sous trois thématiques :

 1. Assurer l’accessibilité à la formation collégiale en région par l’élargissement de l’offre de formation.


2. Augmenter le potentiel attractif des cégeps en région par l’amélioration des infrastructures.

 3. Favoriser la mobilité étudiante sur le plan tant interrégional qu’international.



Le RCR demande à Québec d’adopter une approche qui tient compte des besoins différenciés d’une région à l’autre et d’inclure la voix des régions éloignées dans l’ensemble de la démarche.

Question de survie?


Si pour le directeur général du Cégep de Chicoutimi, André Gobeil, les revendications apportées par les cégeps de région sont « un enjeu capital », ce n’est pas une question de survie selon les deux porte-parole du Regroupement, Marie-Claude Deschênes, directrice générale du Cégep de La Pocatière, et Gilles Déry, président du conseil d’administration du Cégep de Chicoutimi.

« Ce n’est pas une question de survie, c’est une question de se doter des moyens nécessaires pour offrir une prestation de services à la hauteur de ce que nous demande le gouvernement. La meilleure façon de réussir des choses, c’est de se prendre en main nous-mêmes et c’est ce que nous avons décidé de faire aujourd’hui. De faire quelque chose ensemble, ça va nous aider », note monsieur Déry, en réponse à la question du journal le soir.

Marie-Claude Deschênes lors de la visioconférence d’aujourd’hui annonçant le regroupement des collèges des régions éloignées. (Photo: capture d’écran)

Affirmer ses besoins

« Ce qui nous apparaissait inconséquent était le fait qu’il y a toujours des impacts qui viennent rehausser les devis de la région de Montréal et ajouter des programmes d’études dans la région de Montréal, puisqu’on agrandi ainsi le fossé entre le potentiel d’attractivité des grands centres vs les régions éloignées. Déjà, le fait de s’être regroupés, d’avoir parlé d’une seule voix au ministère, d’avoir l’appui de nos conseils d’administration a changé la façon de travailler. Maintenant, nos comités de travail évoluent en parallèle. Tous les cégeps du Québec ont des besoins qui sont différents, mais nous on pense que les cégeps des régions éloignées ont des défis en commun et ont tout intérêt à faire partie des discussions. Ce n’est pas forcément une question de survie, mais certainement une question d’affirmer nos besoins et notre identité », ajoute madame Deschênes.

Initiatives

« Nous demandons au ministère de poursuivre, avec nous, les travaux entamés, afin de garantir que nos établissements puissent réaliser tous les aspects de leur mission, soit : d’assurer l’accessibilité aux études supérieures par une offre de programmes de qualité, tant à l’enseignement régulier qu’en formation continue, sur l’ensemble du territoire québécois, puis de réaliser des projets de recherche et d’innovation et, finalement, de participer avec des ministères, organismes et autres partenaires à des initiatives de développement régional, national et international », précise aussi madame Deschênes.

Un atout précieux

À la voix des directions des cégeps s’ajoute celle des membres des conseils d’administration des établissements d’enseignement.

« L’accès à l’enseignement supérieur demeure un enjeu important, particulièrement dans les régions éloignées. Le territoire québécois offre une multitude de points de service permettant de poursuivre des études collégiales. Un atout précieux qu’il faut maintenir, voire mettre de l’avant. La qualité, la diversité et la vitalité de l’offre de formation dans les cégeps de région sont fondamentales pour maintenir notre capacité à retenir et à attirer des jeunes et des travailleurs dans nos régions », renchérit Gilles Déry.


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