Nouvelle de 18 h Une fin de semaine cruciale pour combattre la propagation du virus

Une fin de semaine cruciale pour combattre la propagation du virus

La direction régionale de la Santé publique du Bas-Saint-Laurent est ferme : le présent congé de Pâques pourrait s’avérer un tournant important dans la lutte à la propagation du coronavirus.

C’est ce qu’indiquait notamment le directeur régional de la Santé publique, le Dr Sylvain Leduc, dans un point de presse aujourd’hui.



« La situation est inquiétante dans le Bas-Saint-Laurent. Ce qu’il faut, présentement, c’est reprendre le contrôle de cette situation, collectivement. C’est pour ça que des actions sont nécessaires de la part de tous. On a aussi des inquiétudes quant aux hospitalisations. On a eu récemment de très nombreuses hospitalisations dans un court laps de temps. Cela survient habituellement entre deux et trois semaines après la montée des cas, alors que ça survient maintenant de façon presque concomitante (en même temps) », déclare le Dr Leduc.

Écoles


« J’aimerais revenir brièvement sur les annonces faites hier par le gouvernement du Québec, concernant les villes de Québec, Lévis et Gatineau. Ce sont des mesures spéciales qui ne s’appliquent qu’à ces trois villes et pas chez nous. Les commerces essentiels demeurent ouverts au Bas-Saint-Laurent. Toutefois, on incite tout le monde à la prudence, à limiter les sorties et à regrouper leurs sorties pour des achats. Pour ce qui est des écoles, ça ne concerne encore que ces trois villes, alors que pour notre région, nous avons déjà entrepris des mesures pour le secteur Kamouraska-Rivière-du-Loup une semaine avant tout le monde. Ça démontre que ce n’est pas une mauvaise idée de profiter du congé pascal (pour une pause). Le retour en classe sera planifié la semaine prochaine », commente aussi le directeur régional de la Santé publique.

Le Dr Sylvain Leduc. (Photo capture d’écran Pierre Michaud)

En fin de semaine



« Il est important de comprendre qu’en fin de semaine prochaine, nous allons recevoir de très nombreux résultats de tests de contrôle de dépistage chez les élèves et le personnel. C’est ce qui nous permettra de porter un jugement sur les levées possibles d’isolement. Le retour en classe doit être planifié, mais de façon sécuritaire et prudente. On sait déjà que les mesures adoptées ont un certain effet. »

24 000 doses administrées


Le Dr Leduc contredit ceux qui croient que la campagne de vaccination ne va pas assez rapidement dans la région.

« Les résultats des mesures qu’on entreprend maintenant pourraient être connus seulement dans deux semaines. Une des mesures qu’on continue de déployer, c’est la vaccination. On est rendu à 24 000 doses administrées dans la région, pour une couverture vaccinale d’un peu plus de 12 %. Nous recevrons la semaine prochaine un rehaussement de 5 000 doses supplémentaires qui s’ajouteront à celles déjà prévues en avril. Ce qui va porter la vaccination pour le Bas-Saint-Laurent à 36 700 doses. La vaccination s’accélère et nous protégera. Toutefois, il faut rappeler que les anticorps des gens qu’on vaccine prennent de deux à trois semaines avant de se développer », constate Sylvain Leduc.

Un autre effort

« Nous avons donc quand même besoin des mesures sanitaires et de distanciation qui seront plus efficaces à court terme. Même si on est tanné, tous tannés, il faut fournir un autre effort. On est à la veille du congé pascal et j’aimerais rappeler qu’il est excessivement important pour ce congé de demeurer chacun chez soi. L’adhésion aux mesures que tout le monde connaît sera importante. On invite les gens à éviter les déplacements régionaux et interrégionaux. Les rassemblements ne sont pas permis! Je veux vous rassurer : on va passer à travers cette troisième vague comme on a passé au travers de la première et de la seconde. Tout ce que ça nous prend, c’est encore un peu de patience, des efforts collectifs. Je sais que la patience des gens est mise à rude épreuve présentement, mais c’est ce qu’il nous reste à faire. Ainsi, nous allons réussir », affirme le Dr Leduc.

Dans les hôpitaux

Le Dr Jean-Christophe Carvalho, président-directeur-général adjoint au Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent (CISSS), a aussi participé au point de presse et a fait un compte-rendu de la situation en milieu hospitalier.

« La hausse des cas entraîne une hausse des hospitalisations. On parle de plus de 400 cas de COVID depuis deux semaines. À la lumière de ce qui se passe chez nos voisins, il faut être en mesure d’hospitaliser au Bas-Saint-Laurent les patients du Bas-Saint-Laurent qui en auraient besoin. Cela implique deux volets : nous avons rouvert des unités COVID cette semaine pour être en mesure de garder les cas hospitalisés qui ont besoin d’être à l’étage, notamment pour recevoir de l’oxygène et d’autres soins plus simples. Il y a aussi tout le volet des soins intensifs-COVID qu’on avait déjà ouvert, mais qu’on s’était permis de fermer en raison de notre situation favorable des derniers mois. »

Soins intensifs

« Mais dans la foulée des nouveaux cas avec le nouveau variant, entre autres, il semble y avoir plus d’hospitalisations aux soins intensifs et entraîne la nécessité d’ouvrir les unités de soins intensifs dans l’ensemble de la région. Ce sera le cas à Rimouski d’ici les prochaines 24 heures. Par rapport à l’unité COVID, on devrait aussi augmenter la capacité de cette unité d’abord du côté de Rimouski, puis éventuellement du côté de Rivière-du-Loup, pour faire en sorte que nos deux principaux hôpitaux de la région puissent travailler ensemble. Bref, il faut pouvoir se donner une plus grande capacité d’hospitalisation », renchérit le Dr Carvalho.

Rassurer la population

« Il a fallu bouger dès cette semaine. Il a fallu procéder à du délestage, un délestage plus important que ce qu’on fait habituellement. On doit se rendre à un niveau d’activité qui serait entre 30% et 50 % de ce qu’on fait normalement, pour pouvoir dégager des ressources pour répondre aux besoins COVID. Il faut aussi tenir compte dans l’équation du fait qu’on doit continuer à faire du dépistage, ce qui entraîne des besoins en personnel. C’est très important de continuer la vaccination. Il est important de rassurer les gens : les services d’urgence demeurent accessibles; les services de garde pour les situations urgentes aussi. Plusieurs fonctions semi-urgentes demeurent aussi, notamment pour les soins oncologiques. Mais il y a des impacts sur les listes d’attente. Dès que les conditions vont le permettre, on va reprendre les activités normales », fait enfin savoir Jean-Christophe Carvalho.


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