Nouvelle de 17 h Crabe : pas de boycottage organisé, mais une baisse de la demande

Crabe : pas de boycottage organisé, mais une baisse de la demande

Le mouvement de boycottage du crabe évoqué par de nombreux consommateurs cette semaine ne s’est pas vraiment concrétisé, mais des marchands de fruits de mer ont constaté une réduction de leur achalandage.

Aucun mouvement ne semble réellement organisé. Rien sur Internet ni sur Facebook avec la mention « boycottage Rimouski crabe »; pas de communiqué de presse au nom d’un éventuel comité de citoyens mécontents non plus.



Par contre, deux poissonniers sur trois avouent avoir ressenti de légères baisses de leur clientèle depuis la semaine dernière, alors que le journal le soir avait publié un article au sujet des prix du crabe vivant et cuit, qui sont en hausse d’environ 30%.

Le marché international appliquerait une très forte demande sur le crabe du Québec. La baisse des quotas dans la zone de pêche 17 (plus ou moins de Rivière-du-Loup à Sainte-Anne-des-Monts) serait aussi en cause. Ce reportage a connu un vif succès sur notre site Internet et sur notre page Facebook. Les commentaires, partages et réactions ont été plus nombreux que jamais.


Engouement renouvelé

Cependant, avec le congé de Pâques et le confinement, il apparaît que les amateurs de crabe se sont fait plus présent aujourd’hui, au point où il nous a fallu cinq appels pour rejoindre Julie Saint-Pierre, de la Poissonnerie Gagnon.



Comment ça va depuis la semaine dernière?

« C’est clair (NDLR : que des gens ont réduit ou annulé leurs achats), mais ça va bien quand même. La pêche est bonne. Pour ce qui est de la vente, ça a été un peu plus au ralenti en milieu de semaine, mais aujourd’hui c’est très, très bien. C’est certain qu’il y a des gens qui n’ont pas envie d’en manger par principe, mais beaucoup de consommateurs nous disent qu’ils se consolent en en mangeant au moins une fois cette année. Pour chaque client, la réaction est différente. Il y a plusieurs façons de voir les choses et on respecte ça. On comprend que les gens ne trouvent pas ça agréable que les prix aient augmenté autant. Heureusement, la plupart des gens sont compréhensifs. Je crois qu’ils réalisent que ce n’est pas la faute des poissonniers », signale madame Saint-Pierre.


Accompagnements et crevettes en écailles

La gérante de la Poissonnerie Gagnon constate que les clients continuent de se gâter en réduisant leur consommation de crabe, mais en étant plus gourmands sur les accompagnements.

« On vend des repas cuisinés et les gens vont acheter des salades et beaucoup d’autres mets d’accompagnement. On offre donc plus de choix en ce sens. De plus, les crevettes en écailles sont arrivées et elles sont aussi populaires que le crabe. Parfois, les clients achètent les petites crevettes en écailles, celles pêchées au large de Sept-îles, et ils prennent une partie de crabe. Les petites crevettes en écailles sont à 8,95 la livre, au même prix que l’an dernier. Les gens sont contents, car ça n’a pas changé. Pour le crabe, nos prix sont de 11,95 $ le crabe vivant et 24,95 $ pour le crabe cuit », ajoute madame Saint-Pierre.

Un peu moins cher

Le Marché de poisson Lemieux, à l’extrémité Est de Pointe-au-Père, est souvent reconnu pour sa politique de prix concurrentiels. Il propose le crabe vivant à 11,88 $ la livre et le crabe cuit à 24,88 $ la livre.

« Monsieur Lemieux (Jules) est justement au quai, parti chercher davantage de crabe. Il y a un engouement pour le congé de Pâques. On a des appels téléphoniques pour des achats samedi et dimanche. On a senti une petite baisse de l’achalandage cette semaine », indique une employée, Nicole Vignola.

On en veut quand même

« Il y a du monde aujourd’hui, c’est fou. Pour ce qui est d’un éventuel boycottage, je crois qu’on constate encore cette année que peu importe le prix, du crabe, les gens en veulent », note Suzanne Métivier, de la Poissonnerie Sainte-Odile.


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