Nouvelle de 17 h Quand la fiction rejoint la réalité

Quand la fiction rejoint la réalité

Un hommage à Rimouski et à Tintin devant le musée et la cathédrale

Un Rimouskois bien connu pour sa passion envers Tintin, le célèbre héros de bande dessinée du dessinateur belge Hergé, a eu l’idée de transposer le fameux reporter au centre-ville de Rimouski, le temps d’une peinture.

Jean-François Lepage vient de passer le dernier mois en convalescence et il en a profité pour consacrer ses temps libres à la réalisation d’une toile qui représente Tintin, en compagnie d’un personnage qu’on imagine être un Rimouskois, devant le Musée régional de Rimouski et la cathédrale, déambulant tranquillement sur le trottoir de la rue Saint-Germain vers l’Ouest.



« Je voulais trouver une façon de passer le temps et l’occasion était belle, puisque cette idée m’était venue il y a très longtemps. Je n’avais jamais pu mettre ce projet à exécution. Je me suis dit : « c’est le temps que je m’y mette ». Je n’ai pas à proprement dire de formation en dessin, mais je suis né là-dedans. Mon père, Firmin, était architecte et il est passé par l’École des beaux-arts de Montréal, et ma mère, Lucette Proulx, est artiste-peintre aussi et elle a notamment travaillé avec Basque (Léonard Parent). J’ai toujours navigué là-dedans. Je crois bien que je dessinais un peu plus que la majorité des enfants de mon âge », confie monsieur Lepage.

Quadruple hommage


C’est un quadruple hommage, finalement, que Jean-François Lepage a réalisé : un hommage à Tintin et à Hergé, un hommage aux églises de Rimouski, un hommage aux congrégations religieuses qui ont fait de Rimouski une ville éducative et un hommage à ses propres parents.

Jean-François Lepage lors de l’Exposition Hergé à Québec, en août 2017, au Musée de la Civilisation. (Photo: courtoisie)

Depuis 30 ans



« J’ai deux passions : les livres et le dessin/bande dessinée. Mais je suis aussi un fier Rimouskois, un descendant des Lepage de la seigneurie. Ce dessin-là, ça fait 30 ans que je veux le faire, mais avec la carrière, la famille, etc., j’avais mis ça de côté. Je l’ai imaginé à cet endroit pour différentes raisons : tout le monde qui est passé au moins une fois à Rimouski connaît la cathédrale et le musée, le cœur même de notre ville. C’est une signature visuelle de Rimouski. Et tout le monde en parle avec le dossier de la cathédrale. On réagit souvent en se disant qu’il ne faut pas détruire la cathédrale, qui est l’image de Rimouski. Regardons tous les événements qui ont eu lieu dans ce secteur. Qu’est-ce qu’on voit en premier ? La cathédrale et ses environs », ajoute Jean-François Lepage.

Un pan d’histoire important


« C’est un patrimoine bâti qui met de l’avant deux architectes rimouskois. Parce que les deux transformations majeures de ces deux édifices là, ce sont deux architectes de Rimouski qui en sont à la base : mon père (Firmin), pour la cathédrale en 1967, et Gaston Martin, pour la construction du Musée à partir de la première église de Rimouski, en 1970 ou 1971. Pour l’identité rimouskoise, c’est assez méconnu. La cathédrale, c’est le premier grand projet de Cyprien Tanguay, qui est incroyablement important dans le patrimoine québécois pour son travail généalogique et son travail comme développeur. Pas de cathédrale : pas de vocation scolaire à Rimouski, pas d’école technique, pas d’école normale, pas d’école de commerce, etc. », fait valoir monsieur Lepage.

Jean-François Lepage. (Photo: courtoisie)

Mis de côté

« Rimouski est alors devenue une capitale importante avec un archevêché. Il y a d’autres personnages importants comme Jean Langevin. Les gens ont tendance à rejeter tout ce que la religion a fait en raison de ses mauvais côtés : le Duplessisme, le côté moralisateur, mais le problème, c’est qu’on oublie qu’il y avait beaucoup de développeurs parmi les religieux. Ils prenaient cette voie-là parce que c’était plus simple que d’aller vers les professions comme le droit et la médecine pour être instruit, mais on oublie que ça que de porter la soutane leur procurait aussi un leadership qu’ils pouvaient exercer dans leur communauté », rappelle-t-il.

La vie d’une ville

« C’est aussi ma façon de dire tout mon amour pour la cathédrale et d’affirmer mon attachement pour ma famille. Mes parents ont été mariés pendant plus de 40 ans. Chez nous, on s’est toujours dit qu’une tempête, ça passe. Même principe pour la vie d’une ville : on regarde notre ville, on s’implique dans ce qui est nos forces et on fait ce qu’il faut pour que notre ville soit des plus agréables possible. L’art doit en faire partie. D’ailleurs, les statistiques le démontrent : chaque dollar investi en culture en rapporte trois », affirme Jean-François Lepage.

« Il faut bien préciser que l’œuvre que je viens de réaliser l’est à titre personnel. C’est pour mettre dans mon salon, mais je vais peut-être en faire d’autres. »

Un « événement Tintin »

Monsieur Lepage avait évoqué l’idée de tenir un « événement Tintin » à Rimouski, l’an dernier. Cette idée fait toujours son chemin, mais la succession de l’œuvre d’Hergé, la Société Moulinsart, est très rigoureuse sur les projets associés à Tintin.

« Il y a un gros travail à refaire avec notre regroupement d’intérêt, mais je continue de m’intéresser à ce projet, mais tout dépendra de la collaboration que l’on pourra obtenir de la Société Moulinsart. Elle a la mainmise sur tout ce qui a rapport à Tintin », confirme-t-il.


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