Nouvelle de 17 h La logique de Québec toujours remise en question

La logique de Québec toujours remise en question

La région vit ses pires moments et les élus sont inquiets

Des élus provinciaux et municipaux du Bas-Saint-Laurent s’expliquent mal le bien-fondé de la décision du gouvernement du Québec de faire passer une partie de la région au palier d’alerte «rouge foncé» en ce qui concerne la crise sanitaire du coronavirus.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, en a fait l’annonce dans un point de presse à 13 h, aujourd’hui. Cela implique particulièrement qu’à compter de la fin de semaine, le couvre-feu est imposé à 20 h au lieu de 21 h 30.



Travail qui reste à faire

Le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, sympathise avec ses voisins, mais il se réjouit pour les gens de son comté, qui sont les seuls épargnés dans la région.


« Je suis très heureux parce que tout le Bas-Saint-Laurent est touché, sauf trois MRC, la Matapédia, La Mitis et la Matanie, et ce sont les trois MRC de ma circonscription. C’est signe qu’on a fait attention et ça ne restreindra pas nos libertés. Quand j’ai dit qu’on pouvait scinder la région (dans l’application des paliers d’alerte COVID), nous étions peu à le faire, et ça a été entendu par le gouvernement du Québec. On a une démonstration de ce que peut faire l’influence d’un député au profit de la population de chez nous. Ça n’enlève pas tout le travail qui reste à faire pour continuer de protéger notre monde. »

« Avec 58 nouveaux cas dans le bilan d’aujourd’hui, il faut continuer de se protéger; il ne faut pas relâcher. J’ai une pensée pour nos voisins du reste du Bas-Saint-Laurent », ajoute-t-il.



Pascal Bérubé (Photo: Facebook-Pascal Bérubé)

Remède de cheval

Le président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL), Michel Lagacé, signale que la région vit ses pires moments depuis le début de la crise sanitaire. Monsieur Lagacé est aussi le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup.


« Ça dégénère. C’était particulièrement criant comme situation dans le Kamouraska, à Rivière-du-Loup, dans le Témiscouata, un peu moins dans les Basques et, depuis une couple de jours, Rimouski-Neigette. La situation demeure plus grave dans Rivière-du-Loup et le Kamouraska, notamment. Ce n’est pas une perte de contrôle totale dans les derniers jours, mais c’est vraiment inquiétant. Il y avait 12 hospitalisations, hier; des gens de plus en plus jeunes et de 50 ans et moins; des gens issus fortement du KRTB… Il y a une grippe de cheval et ça prend un remède de cheval », tranche monsieur Lagacé.

Pires moments

« Sommes-nous dans les pires moments de la crise ? », a demandé le journal à monsieur Lagacé. « Tout à fait! C’est un peu paradoxal : ça nous arrive alors que partout ailleurs au Québec, la situation s’améliore. Dans le cas particulièrement de l’Ouest du Bas-Saint-Laurent, la situation est de plus en plus problématique et préoccupante. »

« C’est ce qui est incompréhensible. Quand on regarde la vaccination, le Bas-Saint-Laurent a davantage de personnes vaccinées que la moyenne provinciale. Ça entraîne encore davantage d’incompréhension. C’est comme si après 14 mois d’efforts soutenus, les gens, voyant arriver la vaccination pour tous au 24 juin, auraient décidé de se dire « la COVID n’est plus là et on va pouvoir en profiter », notamment en faisant des rassemblements. On comprend aujourd’hui que ça et le variant, ce ne sont pas des liquides qui se mélangent. La variant est plus contagieux que la version originale », constate Michel Lagacé.

« La majorité paye pour la minorité à cause du comportement de certains et ce qui est encore plus dommage, c’est que des commerces jugés non essentiels doivent demeurer fermés », conclut-il.

Pas le choix

« Ça nous rappelle qu’on n’a pas le choix! Il faut faire tout ce qu’il faut pour redresser la situation. Même si on se questionne, ça ne change rien. Il ne faut pas alimenter la polémique. Il y a des règles et des gens qui prennent des décisions et il faut les respecter si on veut faire en sorte de se sortir de cette situation le plus vite possible. Il faut s’assurer que ça s’arrête là. Avec l’arrivée du beau temps, on sait qu’il y en a qui n’ont pas fait attention. On a déjà eu des pics et on s’est replacés, mais c’est sûr que là, c’est un gros coup », commente le député de Rimouski, Harold LeBel.

Ça se fait ou ça ne se fait pas?

« La dernière fois que j’ai demandé aux autorités de scinder le Bas-Saint-Laurent, on nous a dit que ça ne se faisait pas et là, ça se fait! Je ne souhaite cependant pas revenir là-dessus, parce que ça ne nous avancerait à rien. Je peux comprendre pour les autres MRC, parce qu’il n’y a pas beaucoup de cas dans Matane, Matapédia et La Mitis. Je répète qu’on peut tous s’en sortir si on fait attention », déclare aussi monsieur LeBel.

Le député Harold LeBel . (Photo: archives-courtoisie Michel Dompierre)

Triste pour les autres

Le préfet de la MRC de La Mitis, Bruno Paradis, sympathise avec les autres MRC. « Je suis triste pour les autres, mais la Santé publique n’a pas tellement le choix. De notre côté, on est heureux, parce qu’on vient encore de démontrer qu’on a réussi à circonscrire les foyers d’éclosion. »

Bruno Paradis (Photo: capture d’écran)

Déséquilibre

Le préfet de la MRC de Rimouski-Neigette, Francis Saint-Pierre, constate un déséquilibre dans le temps de réaction de la Santé publique selon les secteurs du Bas-Saint-Laurent qui sont touchés.

« Vingt cas pour Rimouski-Neigette aujourd’hui. Je remarque qu’à chaque fois qu’on a eu des hausses de cas importantes dans notre MRC, trois ou quatre jours après, ça se résorbait. À Rivière-du-Loup et dans le Kamouraska, on a beaucoup de cas depuis deux ou trois semaines. Nous, ça fait quelques jours et vlan! On prend des mesures immédiatement. La question que je me pose, c’est si jamais Rimouski-Neigette redescendait à trois ou quatre cas, lundi matin, nous ramènerait-on où on était? »

Francis Saint-Pierre -Photo: courtoisie

Ça ne devait plus arriver

« Sur la séparation de la région dans les paliers d’alerte par MRC, le gouvernement nous avait dit qu’il ne le ferait plus jamais. Il l’a fait, après il nous dit que ça n’a pas marché, et là, il le fait encore. Pourquoi on attend deux semaines avant d’imposer des mesures strictes dans une portion de la région et que dans une autre portion, on nous en impose après deux jours seulement? Je souhaite que ça ne dure pas trop longtemps », conclut Francis Saint-Pierre.


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