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Pendant qu’on valorise l’achat local, les gouvernements mettent des bâtons dans les roues aux producteurs artisanaux

Le député de Rimouski à l’Assemblée nationale, Harold LeBel, appuie les démarches de la propriétaire de la miellerie Le Château Blanc de Rimouski, Mireille Lechasseur, qui tente d’obtenir de meilleures conditions de mise en marché pour ses produits.

Madame Lechasseur constate un important paradoxe en cette période de pandémie. Tandis que la crise a entraîné les organismes socio-économiques et les gouvernements à encourager l’achat local et à valoriser l’agriculture de proximité, entre autres en raison des problèmes d’approvisionnement, des producteurs artisanaux se font mettre des bâtons dans les roues sur le plan réglementaire.



Le Château Blanc produit trois sortes d’hydromel. « Nous avons dû choisir comme entreprise de ne pas être sur les tablettes de la Société des alcools du Québec (SAQ), parce qu’il y a certaines contraintes, d’espaces notamment, car on n’y accepte pas tous les produits proposés, d’un, et, de deux, parce que la décision de subventionner un producteur est prise par la SAQ et ensuite, il faut avoir le soutien du ministère. De plus, la SAQ demande des quotas trop élevés (pour une entreprise de petite taille) », signale madame Lechasseur.

Pas le droit


« Il n’y a pas assez de place pour les entreprises comme la nôtre. Je ne déplore pas nécessairement de ne pas être sur les tablettes de la SAQ, mais je veux être indépendante et je veux pouvoir mieux vendre mon hydromel, peu importe où. Je voudrais pouvoir le vendre en ligne et je n’ai pas le droit, je voudrais le faire transporter et je n’ai pas le droit; je voudrais qu’il y ait plus de monde au Marché public de Rimouski-Neigette, là où j’ai le droit de le vendre. Je voudrais pouvoir rester à l’épicerie sans avoir des frais, que le gouvernement veut nous imposer à cause d’une guerre économique avec l’Australie, pour du vin australien. Ce litige ne nous concerne vraiment pas », tranche-t-elle.

Épiceries



Les épiceries sont un bon endroit pour retrouver des produits du Château Blanc, mais l’État envisage d’imposer une taxe à des producteurs comme madame Lechasseur qui rendrait ses produits inabordables.

« Mes produits sont disponibles à notre boutique, sur place, mais ça devient compliqué avec la COVID-19. Ils sont disponibles au Marché public de Rimouski et ils sont disponibles aussi dans plusieurs épiceries et dépanneurs du Bas-Saint-Laurent. Si la nouvelle taxe est vraiment imposée aux producteurs de vin artisanaux qui vendent leurs produits dans les épiceries, des frais allant jusqu’à 6 $ la bouteille pourraient s’ajouter à nos coûts », constate la femme d’affaires.


-3 $ de « profit »

« Si je dois vendre ma bouteille 11 $ à l’épicier, que ça m’en coûte déjà 6 $ à la produire, plus les frais de livraison, et qu’on ajoute un autre 6 $, j’arrive à –3 $. C’est faire de l’argent sur notre dos, alors qu’on dit vouloir favoriser l’achat local et l’agriculture de proximité. Pour le moment, mon hydromel se retrouve à 15 $ ou 16 $ sur les tablettes, alors qu’il devrait se vendre près de 30 $ avec la nouvelle taxation. Ça va être trop cher et on va encore entendre la rengaine selon laquelle les produits locaux ne sont « pas achetables ». »

« Il y a plein de contraintes qui ne tiennent absolument pas la route. Je dois livrer moi-même mon produit et si je voulais le vendre en Abitibi, je devrais me rendre en Abitibi. Ça fait depuis 2007 que nous vendons des hydromels et ça fait depuis 2007 que c’est un chemin de croix », conclut-elle.

Traités sur le même pied

« Les Australiens veulent que les autres entreprises qui vendent du vin ou de l’hydromel dans les épiceries soient traités comme eux et paient donc une taxe de 6 $ », fait remarquer Harold LeBel, qui a adressé une question au ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, au feuilleton de l’Assemblée nationale, mercredi.

« Le 24 avril dernier, on apprenait qu’un conflit commercial entre le Canada et l’Australie allait pénaliser les petits producteurs de vin du Québec. Cette entente prévoit de nouveaux frais sur les bouteilles québécoises vendues dans les épiceries et les dépanneurs. Ces frais pourraient avoisine les 6 $ la bouteille, ce qui ajoutera au degré de difficulté pour la vente de ce genre de produit en épicerie. Cette nouvelle mesure représente une autre barrière pour les producteurs de vin et d’hydromel du Québec. Ma question est la suivante : « Est-ce que le ministre de l’Économie pense permettre aux producteurs de vin et d’hydromel de faire de la vente en ligne et d’expédier leurs produits directement à leurs clients pour contrer les impacts négatifs de cette nouvelle disposition? » », a questionné monsieur LeBel.


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