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Le député et ses employés congédiés sont loin d’être au bout de leur peine

Les employés de Maxime Blanchette-Joncas refusaient d’être surveillés

Les démêlés du député Maxime Blanchette-Joncas avec quatre de ses employés qui se disent injustement congédiés pourraient avoir des répercussions inestimables.

Le journal le soir annonçait en primeur, mercredi soir dernier, que Nancy Gagné, Patrick Saint-Jacques (Ottawa), Richard Daigle et Grégoire Bérubé ne faisaient plus partie de l’équipe de Maxime Blanchette-Joncas. Les motifs demeuraient vagues. Un bris de confiance a été évoqué. Deux des quatre employés sont allés cueillir leurs effets personnels au bureau de Rimouski de monsieur Blanchette-Joncas, ce matin.



« Ma priorité, comme député de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques, c’est de représenter les gens de ma circonscription au meilleur de mes capacités. Pour ce faire, j’ai pris la décision de me départir de certains membres de mon équipe, à qui je souhaite la meilleure des chances pour l’avenir. L’ensemble de la démarche s’est fait avec l’accompagnement des ressources humaines de la Chambre des Communes. J’ai confiance que nous saurons reconstruire notre équipe et je peux assurer que nous continuerons de répondre aux besoins des gens de la circonscription », a commenté monsieur Blanchette-Joncas, la semaine dernière.

Si nous affirmons ci-dessus que l’affaire est loin d’être terminée, c’est notamment parce que les employés concernés confirment qu’ils vont contester légalement leur mise à pied, parce que le dossier est entre les mains du Service des ressources humaines du parlement canadien et parce que la situation risque de provoquer de la bisbille au sein des troupes souverainistes régionales. Même la validité de la récente assemblée d’investiture de monsieur Blanchette-Joncas pour être candidat au prochain scrutin fédéral pourrait être contestée. D’ailleurs, une candidature n’est officielle en dernier ressort qu’avec l’assentiment du bureau national et du chef.


Démarches en cours

Le journal a interpellé celui qui lui a fait suivre le seul commentaire de monsieur Blanchette-Joncas jusqu’à maintenant, Julien Coulombe Bonnafous, attaché de presse du Bloc Québécois à Ottawa. Nous lui avons demandé si le chef, Yves-François Blanchet, ou Maxime Blanchette-Joncas avaient des éclaircissements ou des décisions à communiquer au public dans ce dossier.



 « Je me permets de préciser qu’il y a eu un départ volontaire et que le bureau du député de Rimouski-Neigette—Témiscouata—Les Basques est actuellement en démarche pour se départir de trois employés. Ces démarches sont toujours en cours et se font sous la supervision et les recommandations des ressources humaines de la Chambre des Communes. Des questions de confidentialité et de vie privée nous empêchent toutefois de divulguer plusieurs détails. Voilà pourquoi nous nous limitons donc à la déclaration qui vous a précédemment été envoyée », a-t-il répondu hier soir.

Sous surveillance


Un des employés concernés et vétéran de l’organisation politique au sein des troupes souverainistes, Grégoire Bérubé, joint par l’auteur de ces lignes cet après-midi, a bien voulu fournir de plus amples précisions sur le déroulement des événements. Il apparaît que ce qui a causé la perte des quatre employés, c’est leur refus de voir leur travail être placé sous la surveillance.

« Ça faisait plusieurs semaines qu’on revendiquait une rencontre avec Maxime pour qu’il réponde à une demande légitime d’augmentation de salaire. Il a laissé traîner ça et un moment donné, on a été convoqués à une visioconférence où on traiterait de notre demande. On l’a vu apparaître avec une spécialiste en ressources humaines qu’on ne connaissait pas. Ce n’était pas quelqu’un de la Chambre de communes, c’était quelqu’un qu’il avait appointé lui-même. C’était pour nous dire que sa proposition de hausse salariale serait de 3% dans autre possibilité de négociation. »

Le bris de confiance

« Deuxième chose, on aurait dorénavant des rapports de performance à remplir. « Pour que je puisse m’assurer de la diligence dans votre travail », nous a-t-il précisé, en ajoutant: « Je vais engager une autre personne pour diriger le bureau de circonscription. » Là, je lui ai dit que la politique repose sur une notion de confiance : de la population envers ses élus, des organisateurs politiques vis-à-vis leur candidat et du personnel envers son député. À partir du moment où tu engages un tiers pour me superviser, j’en déduis donc que tu n’as plus confiance en moi. Je considère donc qu’il y a eu un bris de confiance, car tu viens de rompre notre contrat de confiance. J’ai raccroché et je n’ai pas participé au reste de la réunion », confie monsieur Bérubé.

« Dans les heures qui ont suivi, j’ai reçu de son adresse courriel personnelle qui était essentiellement « J’accepte la démission que tu m’as offerte hier. » Il avait renversé mon propos. Il m’a rappelé que j’étais tenu à la confidentialité des travaux faits pour la circonscription. C’est le silence radio depuis ce temps. »

Tous pour un

Grégoire Bérubé poursuit : « dans ce même courriel, il a ajouté « Tu verras avec l’assurance-emploi si tu es éligible. » On s’entend bien que non, car il va sans doute inscrire sur le formulaire que j’ai remis ma démission. Je n’aurais droit à rien. C’est ma seule singularité, mais nous fonctionnons tous les quatre ensemble. C’est une démarche collective. Un pour tous et tous pour un! »

Accueil

D’autre part, pour en revenir au passage éclair de deux employés congédiés au bureau de Rimouski ce matin, Nancy Gagné et Richard Daigle, le journal a appris qu’un « comité d’accueil » était prêt à les recevoir.

Un adjoint de Maxime Blanchette-Joncas du secteur du Témiscouata et un adjoint de la députée Marilène Gill (Bloquiste de la Côte-Nord) les ont accueillis. L’un d’entre eux aurait refusé à un caméraman de Radio-Canada de tourner des images. On leur a fait remarquer qu’il n’y a rien de plus public que le bureau d’un député. Le ton aurait monté.

Nous avons également invité Maxime Blanchette-Joncas à s’exprimer aujourd’hui, mais il n’avait pas répondu au message courriel que nous lui avons acheminé au moment d’écrire ces lignes.

Pour le Bloc mais pas pour son candidat

Quant à savoir si cette affaire peut avoir un impact sur la solidarité des militants souverainistes de la région, la réponse de Grégoire Bérubé est celle-ci :

« Si on regarde nos états de service, notre réputation et notre prestance à Nancy, Richard et moi-même, il y a sûrement des gens qui vont se poser des questions. Je suis convaincu que monsieur Blanchette-Joncas devrait s’expliquer publiquement. Au-delà de la mobilisation possible ou pas des militants du Bloc et des militants péquistes, il faut aussi se souvenir que les centrales syndicales FTQ et CSN sont sorties publiquement pour critiquer la décision du député. Combien ont-elles de membres ces centrales syndicales, à Rimouski, 3 000? 4 000? Ça fait beaucoup de monde mécontent. À mon avis, il peut arriver encore plein de choses dans ce dossier, dans les prochaines semaines. Il y en a qui pourraient dire dorénavant qu’ils veulent toujours voter pour le Bloc, mais pas pour Maxime Blanchette-Joncas. »


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